Les bénévoles lèvent la main

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Par Marie-Ève Veillette
Les bénévoles lèvent la main
(Photo : Deposit photo)

BÉNÉVOLAT. Plusieurs personnes ont décidé de se rendre disponibles pour mettre l’épaule à la roue en ces temps difficiles. Dans les MRC de Bécancour et de Nicolet-Yamaska, elles se sont inscrites par dizaines à la plateforme jebenevole.ca, mise en ligne le 26 mars dernier par le Réseau de l’action bénévole du Québec, en collaboration avec la Fédération des Centres d’action bénévole.

L’objectif de cette plateforme est de favoriser l’engagement bénévole pendant la pandémie de la COVID-19. Plusieurs travailleurs ayant temporairement perdu leur emploi en raison de la fermeture de tous les commerces jugés non-essentiels ont maintenant du temps pour donner au suivant.

Les banques de bénévoles se sont ainsi garnies, atteignant une des cibles de jebenevole.ca. Au Centre d’action bénévole du Lac Saint-Pierre (CABLSP), l’aide de ces nouveaux bénévoles permet de compenser la perte de ceux âgés de plus de 70 ans, qui doivent désormais rester confinés à leur domicile.

«On avait près de 45 bénévoles actifs avant la crise, mentionne Mélanie Provencher, directrice générale du CABLSP. Environ 95% d’entre eux étaient des gens de 70 ans et plus. Actuellement, on a sensiblement le même nombre de bénévoles grâce aux gens qui viennent de s’ajouter.»

Du côté du Centre d’action bénévole de Nicolet, on confirme l’inscription de plusieurs personnes via la nouvelle plateforme: «Présentement, j’ai 18 nouveaux bénévoles accrédités, prêts à être mis à contribution, mentionne la directrice générale Isabelle Bombardier. Trente-cinq autres sont inscrits sur jebénévole.ca, pour notre territoire, mais on ne les a pas encore contactés. On les garde « en banque ».»

Elle précise par ailleurs qu’étant donné que son organisation a revu ses services, elle réussit à fonctionner avec les bénévoles déjà en place. «On est chanceux, ici, parce qu’on avait une petite flotte de bénévoles qui avait moins de 70 ans. Ils ont tous accepté de continuer, alors je n’ai pas eu à me trouver des bénévoles ou à faire faire des livraisons par les employés.»

Une bonne nouvelle, poursuit Mme Bombardier, puisque l’accueil de nouveaux bénévoles nécessite une série d’actions demandant du temps et de l’énergie; des denrées rares chez les centres d’action bénévole en ce temps de pandémie. «On doit faire des vérifications d’antécédents judiciaires, valider leurs disponibilité et voir avec eux ce qu’ils veulent faire. Pour ceux qui sont sur la route, on doit faire d’autres vérifications au niveau de leur permis de conduire, les immatriculations, les assurances, etc. Ça va plus loin que de dire « Go, va faire des commissions« . Il y a toute une machine autour de ça.»

Une machine que le Centre d’action bénévole de la MRC de Bécancour ne souhaite pas nécessairement mettre en branle ces temps-ci, avoue pour sa part Sonia Lauzon. «On se sent mal, mais on n’a pas le choix parce que ça alourdirait vraiment notre capacité à répondre aux gens», souligne la directrice générale, dont presque tous les bénévoles ont 70 ans et plus. «Depuis le début de la crise, c’est notre équipe de travail qui a entièrement repris les services de distribution alimentaire et de popote roulante. On est rodé. Avoir de nouveaux bénévoles à former en ce moment serait une charge supplémentaire».

Sonia Lauzon ne ferme toutefois pas la porte définitivement à ces nouveaux bénévoles, sachant pertinemment que la situation évolue de jour en jour. «Ça ne veut pas dire que la semaine prochaine, je n’aurai pas besoin de leurs services, dit-elle. Les demandes d’aide augmentent. Ça allonge nos journées de travail. Mais pour le moment, on est capable de répondre aux besoins avec nos effectifs.»

Des bénévoles temporaires?

Cet engouement soudain des gens pour le bénévolat est louable, mais sera-t-il durable? La question se pose, selon Mélanie Provencher.

«Il y a plein de gens qui donnent leur nom parce qu’ils sont en congé forcé. Quand ils vont retourner travailler, on va les perdre. C’est normal, dans un sens, mais j’espère sincèrement que ça va leur avoir donné le goût de donner du temps. Ce n’est pas juste en gestion de de crise qu’on a besoin d’aide.»

Elle assure que le CABLSP conservera précieusement les coordonnées de ces nouveaux bénévoles pour l’après-crise. «Quand ce sera fini, on fera un suivi avec eux pour savoir s’ils sont intéressés à ce qu’on les rappelle pour certains services», indique celle qui souhaite que cela permette de rajeunir sa flotte de bénévoles.

«Ce qui se passe actuellement met en lumière l’importance du travail des bénévoles, l’importance de s’entraider, croit de son côté Isabelle Bombardier. On voit de la solidarité, des gens qui veulent se mobiliser. On commence à réaliser que lorsqu’on prend soin l’un de l’autre, ça change les choses. Mais au-delà de ça, c’est une belle image du milieu communautaire qu’on voit présentement. On est plusieurs organismes à être là. Bien des gens ne pensaient pas avoir un jour besoin [de nos services]. J’espère que ce sera reconnu.»

 

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