Les ambitions sucrées de La Griffe d’érable

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Par Marie-Ève Veillette
Les ambitions sucrées de La Griffe d’érable
Gabriel Richard, copropriétaire de La Griffe d'érable, Guillaume Allyson, responsable du développement commercial, et Gaëlle Tremblay, rédactrice-conceptrice de la balado. (Photo : Marie-Eve Veillette)

SAINT-WENCESLAS. L’érablière La Griffe d’érable de Saint-Wenceslas profite de la pandémie pour jeter les bases d’un projet sympathique se déclinant en trois volets: une balado (podcast) ludique qui plaira aux petits comme aux grands enfants, un bar à sucre où il sera possible de déguster une variété étonnante de produits de l’érable, ainsi qu’une unité d’hébergement comme on en voit rarement.

Encore cette année, on sait que les cabanes à sucre doivent rivaliser d’imagination pour rentabiliser leurs activités en raison de la COVID-19. Plusieurs d’entre elles ont adopté la formule de boîte-repas à emporter, mais celle-ci se prêtait mal aux ambitions de La Griffe d’érable, une érablière familiale appartenant aux frères Gabriel et Samuel Richard et dont le développement commercial est poussé par leur cousin Guillaume Allyson. «On n’offre pas de service de repas car il y déjà des établissements, tout près d’ici, qui le font très bien, comme l’érablière Prince», affirme d’entrée de jeu M. Allyson.

Les produits de La Griffe d’érable sont donc moussés autrement. L’acquisition, l’année dernière, d’une cabane à sucre plus vaste permet aujourd’hui à l’entreprise d’avoir une nouvelle vision et de grands projets, à caractère agrotouristique notamment. Évidemment, la situation sanitaire ne permet pas encore l’application de certaines idées, mais l’équipe profite de ce flottement pour bien ficeler les détails et, surtout, attiser l’intérêt de sa clientèle.

C’est dans cette optique qu’elle a créé une balado dont l’histoire se déroule dans l’érablière de La Griffe d’érable et sa nouvelle cabane à sucre toute rouge. «Lors de l’acquisition, l’an dernier, j’avais fait plusieurs publications Facebook qui relataient un peu l’histoire de la prise en main de la nouvelle cabane et de l’évaporateur. Les gens étaient vraiment intéressés. Pour garder ce lien, je me suis dit que cette année, on pourrait développer une histoire fictive autour de la cabane, mais en format « balado »; une formule encore nouvelle au Québec», raconte Guillaume Allyson.

Alphonse l’écureuil.

Ainsi est né Alphonse l’écureuil, dont on peut suivre l’histoire à partir de cette semaine sur le blogue de La Griffe d’érable ou encore sur Apple Podcast, Spotify et Balado Québec. «On prévoit huit épisodes d’une durée de 3 à 5 minutes chacun. On en diffusera deux par semaine, probablement le mercredi et le samedi.»

La rédaction et la réalisation de cette balado ont été confiées à Gaëlle Tremblay. Elle a puisé son inspiration de la cabane elle-même, d’anecdotes qui lui ont été racontées et de l’histoire familiale entourant La Griffe d’érable.

«C’est une fiction pour enfant. Elle raconte l’histoire d’Alphonse, un écureuil qui habite le territoire de la Griffe d’érable. Il veut devenir goûteur de sirop d’érable. On le suit dans sa quête pour convaincre l’équipe de la Griffe qu’il a ce qu’il faut pour travailler avec elle», souligne celle qui a choisi l’écureuil comme personnage principal pour le point de vue «un peu voyeur» d’un petit animal: «Il peut regarder par la fenêtre, se glisser sous une porte pour entrer ou encore regarder du haut des airs», dit-elle, rappelant également que l’écureuil a longtemps été le mal-aimé des acériculteurs.

«C’est une activité de plus à proposer aux enfants», lance Guillaume Allyson. «Et c’est éducatif parce qu’on explique à travers l’histoire tout le processus de production du sirop d’érable», ajoute Gaëlle Tremblay.

Une suite ou une histoire annuelle pourrait être envisagée, partage Guillaume Allyson. «On a aussi tout le matériel pour en faire un livre si on veut», ajoute-t-il, précisant qu’une artiste originaire de Saint-Célestin, Anne-Marie Bourgeois, a déjà illustré chaque épisode.

Bar à sucre

Les projets ne manquent pas chez La Griffe d’Érable! L’an prochain, si possible, l’équipe ouvrira son petit «bar à sucre». Le concept permettra aux gens de prendre un verre de réduit alcoolisé ou de déguster divers produits de l’érable conçus à la cabane tout en regardant l’équipe travailler.

Le bar à sucre de l’érablière La Griffe d’érable.

«On s’est rendu compte que les goûts des gens sont très différents. Certains préfèrent le sirop au goût délicat, d’autres au goût riche ou robuste. On s’est dit que ce serait intéressant d’augmenter notre éventail de produits en les déclinant dans ces trois options. Très peu d’érablières le font actuellement», souligne Guillaume Allyson.

Par exemple, La Griffe d’érable offrira sous peu un beurre d’érable suivant cette orientation. «On est en train de travailler sur notre étiquetage.» Dans le futur, des événements de dégustations seront organisés de façon sporadique pour faire découvrir toute la gamme de produits développée. «Il y a toutes sortes de subtilités à aller chercher dans les produits de l’érable, un peu comme le vin. On peut trouver des notes d’agrumes ou plus boisées, d’où l’idée de la dégustation», compare M. Allyson.

Location

Avec ce bar à sucre, La Griffe d’érable met un pied dans l’univers de l’agrotourisme. L’érablière y sautera à pieds joints lorsqu’elle ouvrira l’unité d’hébergement qu’elle souhaite aménager dans une «vieille cabane» inutilisée située sur son lot de Saint-Wenceslas.

«On se disait que ce serait intéressant de l’utiliser car le sentier de motoneige passe vraiment proche», mentionne M. Allyson, évoquant l’idée de la convertir en relais, refuge ou Airbnb. «Les gens viendraient et pourraient faire bouillir eux-mêmes de l’eau d’érable. On installerait des chaudières et un évaporateur de petit format pour qu’ils puissent vivre l’expérience.»

 

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Josiane Morel
Josiane Morel
1 mois

beaux projets ! Bravo !