Le Théâtre Belcourt revoit sa saison automnale

Photo de Marie-Ève Veillette
Par Marie-Ève Veillette
Le Théâtre Belcourt revoit sa saison automnale
Alexandra Carignan, directrice générale du Théâtre Belcourt de Baie-du-Febvre. (Photo : archives)

BAIE-DU-FEBVRE. La programmation automnale 2020 du Théâtre Belcourt ne sera pas celle qui avait été prévue. La pandémie de COVID-19 a forcé le report des spectacles à l’affiche et un remodelage complet de l’offre.

«Notre programmation d’automne était prête avant la COVID. Mais avec les cachets signés, c’était impensable de faire nos frais pour la saison automnale. On est donc en train de reporter les spectacles prévus. Ce n’est pas dans notre intention de tout annuler», fait savoir la directrice générale du Théâtre, Alexandra Carignan.

Les nouvelles règles de la Santé publique faisant passer de 50 à 250 le nombre de personnes permis lors d’événements intérieurs et extérieurs, à partir du 3 août 2020, ne changent pas la donne pour le théâtre de Baie-du-Febvre.

«Pour nous, l’enjeu n’est pas tant le nombre [de personnes autorisées], mais bien la distanciation sociale. On possède une salle de 330 sièges, alors même en augmentant à 250, ça fait passer notre capacité d’accueil de 47 à 70.»

Avec une salle pouvant être remplie à seulement 20% de sa capacité environ, on comprend qu’il demeure difficile pour le Théâtre Belcourt de faire ses frais. Malgré tout, Alexandra Carignan demeure positive, d’autant plus que sa salle de spectacles aura tout de même quelque chose à mettre sous la dent de sa clientèle cet automne. «On ne vise évidemment pas le profit dans une situation comme celle-ci. Par contre, on veut montrer qu’on est encore là.»

L’équipe du Belcourt évalue en effet la possibilité de présenter une mini-série de spectacles spécialement négociés dans le cadre de la COVID-19 en septembre ou octobre. Alexandra Carignan épluche présentement un catalogue de spectacles moins coûteux que des producteurs ont monté expressément pour permettre aux diffuseurs et aux artistes de renouer avec leurs publics en ces temps de vache maigre. «Ce sont des formules plus minimalistes; par exemple, un chanteur en solo sans son <@Ri>band<@$p> complet. C’est intéressant.»

Le catalogue propose une offre variée: musique, chant, humour, théâtre… «C’est dans tous les domaines. On va regarder ce qu’on peut faire et ce qui est encore disponible.»

À quand un retour à la normale?

La directrice générale du Théâtre Belcourt se croise les doigts pour un retour à la normale en janvier. «Il faut comprendre qu’on est subventionné à environ 30%. La majorité [de nos revenus] provient de l’achat de billets. Or, la COVID est arrivée au moment où l’on était censé lancer notre programmation d’automne. On a été complètement privé de ces revenus-là. De plus, on a perdu énormément d’argent aux mois de mars et avril avec les locations de salles annulées. Ça représente presque 20% de nos revenus annuels. En ce moment, nos finances sont correctes, mais on ne sait pas pour combien de temps.»

Alexandra Carignan évalue que le théâtre pourra continuer de puiser dans ses réserves pour encore quatre à six mois. «On essaie de ne pas trop se stresser avec ça. Pour le moment, on ne se demande pas si l’on sera capable de payer nos factures le mois prochain. Mais tout ça peut changer advenant une deuxième vague [de COVID-19]. Si l’on ne peut pas reprendre en janvier, je ne sais pas combien de temps on pourra tenir sans aucune autre rentrée d’argent que les subventions.»

La prudence est évidemment le mot d’ordre actuellement. «On veut s’assurer de ne pas trop dépenser. C’est pour ça qu’on se tourne vers des initiatives peu coûteuses au niveau des spectacles. On est conscient qu’au final, elles ne généreront peut-être pas de profit, mais elles ne devraient pas non plus entraîner de déficit.»

Bref, la crise actuelle représente assurément un énorme défi pour celle qui est entrée en poste il y a à peine un an et demi. «C’en est un plus gros encore pour ma collègue, qui est arrivée en janvier, compare-t-elle. Elle n’a vécu que quatre spectacles avant la pandémie. On se dit qu’après ça, il n’y aura plus rien à notre épreuve!»

 

Partager cet article

Laisser un commentaire

avatar
  S'inscrire  
Me notifier des