Le Parc industriel et portuaire de Bécancour épargné par la crise

Boris Chassagne, initiative de journalisme local, icimédias
Le Parc industriel et portuaire de Bécancour épargné par la crise
Maurice Richard, pdg de la Société du parc industriel et portuaire de Bécancour. (Photo : Olivier Croteau - courtoisie SPIPB)

AFFAIRES. La direction de la Société du Parc industriel et portuaire de Bécancour affirme que les entreprises ont bien traversé la crise sanitaire et que le bilan des derniers mois est demeuré assez positif.

Ce parc industriel rassemble une trentaine de multinationales et d’entreprises de services sur 7 000 hectares. Elles ont presque toutes été déclarées comme essentielles par le gouvernement du Québec durant la période de confinement. Elles ont pu maintenir leur cadence de production. Leurs façons de faire ont par contre été revues en profondeur à l’heure où toutes les économies du pays se sont contractées.

Un impact durable sur le modèle d’entreprise

Selon Maurice Richard, président-directeur général de la Société du Parc industriel et portuaire de Bécancour, la crise a eu et aura un impact durable sur les manières de réfléchir l’industrie. «C’est intéressant ce qui arrive actuellement. Ceux qui disaient qu’on n’a plus de projet de société sont bien servis! Ça va changer les structures, diminuer les espaces de location. Puis, la cohabitation entre maison-bureau est irréversible et déjà ça, c’est tout un défi», souligne Maurice Richard. «C’est une vision nouvelle. Il va falloir apprendre à fonctionner par objectif. Les patrons sont trop souvent des surveillants», observe M. Richard.

L’impact de la crise sanitaire a évidemment été significatif pour les entreprises du parc industriel. Les défis nombreux et les coûts, certainement propulsés à la hausse. Mais, «l’ensemble des entreprises du Parc, sauf quelques entreprises de services, ont toutes été en performance. Globalement, il y a eu des rappels d’employés, l’ensemble des entreprises étaient en opération», précise M. Richard.

C’est notamment le cas pour Olin Produits Chloralcalis. Olin fabrique du chlore et de l’eau de javel. Et aussi chez Sillicium Québec, dont les produits entrent dans la fabrication d’instruments médicaux. «Ils ont même dû rouvrir un de leurs fours et rappeler une trentaine d’employés», explique M. Richard.

Sur un pied d’alerte dès les premiers jours

Les installations de Cepsa Chimie Bécancour.

Chez CEPSA Chimie Bécancour, on a aussi observé une forte hausse des commandes. Cepsa fabrique de l’alkylbenzène linéaire qui est utilisé dans la fabrication de détergents pour les marchés des États-Unis et du Mexique.

L’entreprise madrilène et qui compte une usine à Shanghaï a eu de la chance. Cepsa a enregistré un cas de COVID-19 dès les premiers instants de la pandémie. «On a eu un cas positif dès la mi-mars», relate Richard Perron, directeur des ressources humaines chez Cepsa. «Plusieurs employés ont été testés. Des gens ont été mis en quarantaine. Et ceux qui revenaient de la semaine de relâche aussi». L’entreprise qui compte 65 employés a dû fonctionner avec des effectifs réduits pendant plusieurs semaines.

«Avec un cas positif, la gestion de l’anxiété a été un enjeu», souligne M. Perron. Fort heureusement, aucun autre cas n’a été signalé. «Une des choses qu’on a apprise, c’est que le télétravail est une option qui fonctionne bien. On se demande si on ne va pas continuer, une fois la crise passée», explique M. Perron de CEPSA. L’entreprise a cependant dû faire une croix sur les célébrations entourant son 25e anniversaire cet été. Mais tout le monde est revenu au travail le 2 juin dernier. Le personnel administratif continue de travailler de la maison.

Arkema: revoir ses façons de faire

L’usine d’Arkéma à Bécancour.

La plupart des unités de fabrication de l’entreprise Arkéma sont demeurées ouvertes durant le confinement. Arkema produit des solutions de peroxyde d’hydrogène utilisées comme agents de blanchiment ou antiseptiques dans la production alimentaire. Ses produits sont aussi prisés dans les secteurs du textile et des mines.

Jean-Claude Lansou, directeur de l’usine d’Arkema Inc, explique que l’entreprise a très rapidement limité le nombre de personnes présentes à l’usine. Les employés qui pouvaient travaillaient de chez eux l’ont fait. «Nous contrôlons tous ceux qui viennent sur notre site tous les jours, y compris en prenant leur température». Les zones de travail et les espaces communs sont désinfectés «une ou plusieurs fois par jour», affirme M. Lansou. Il se réjouit du fait qu’aucun de ses 65 employés n’a reçu de diagnostic de COVID-19.

Le Comité des entreprises et organismes du Parc industriel et portuaire de Bécancour (CEOP) a été central dans la gestion de la crise, affirme Maurice Richard, PDG de la Société du Parc industriel. En regroupant les dirigeants des entreprises, le CEOP a dès les premiers jours adapté une vision internationale de la pandémie, explique M. Richard.

Le Parc industriel et Portuaire de Bécancour a près de 50 ans. Il est le seul à être propriété du gouvernement du Québec.

Vue aérienne du Parc industriel et portuaire de Bécancour.
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