Le Musée des cultures du monde est né!

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Par Marie-Ève Veillette
Le Musée des cultures du monde est né!
Dominique Boucher, présidente du Musée  des cultures du monde, Julie Gosselin, de la firme Pop grenade, et Christian Marcotte, directeur général du Musée. (Photo : Marie-Eve Veillette)

Le Musée des religions du monde change de nom

NICOLET. Le Musée des religions du monde de Nicolet devient le Musée des cultures du monde. Un changement de nom longuement mûri  et même devenu nécessaire pour assurer la survie de l’institution à moyen et à long termes, affirme Dominique Boucher, présidente.

En évinçant le mot «religions» de son appellation, après plus de 30 ans, le Musée enlève en quelque sorte une grosse une épine de son pied. «Dans un contexte social mondial où le mot  «religion»  est devenu synonyme de peur ou de malaise, ce mot est rapidement devenu un handicap pour notre institution», indique Mme Boucher, évoquant notamment le débat sur la laïcité qui divise et qui fait couler beaucoup d’encre au Québec.

Le Musée des religions du monde devient le Musée des cultures du monde.

Selon elle,  la présence du mot  «religions»  était devenue un frein important au développement de l’institution,  même si ce mot définit très bien une grande partie de ses collections. «Depuis plusieurs années, la direction du musée se heurte à des portes fermées lors de la recherche de subventions ou de partenariats, relate-t-elle. Certaines de nos demandes étaient rejetées du revers de la main, sans que l’on prenne le temps de lire la mission de notre institution ou de regarder nos réalisations.»

Elle raconte aussi que le Musée a même reçu, un jour, une réponse négative de partenariat d’une organisation sous prétexte que celle-ci ne pouvait pas faire de commandite à une secte religieuse! C’est dire tout l’impact de ce mot…

Une longue réflexion

La décision de changer de nom fait suite à une réflexion qui aura duré près de cinq ans. «Comment devions-nous agir face à ce mot qui nous nuisait tout en nous définissant si bien? Voilà le difficile paradoxe auquel nous faisions face», poursuit Mme Boucher.

Pour y voir plus clair, le Musée a fait appel à une firme spécialisée dans ce type de réflexion. Elle lui a confié le mandat de statuer sur cette épineuse question: le musée devrait-il changer de nom et revoir son identité ou devrait-il, envers et contre tous, conserver  le mot religion?

À la suite du rapport, la réponse était claire: un changement s’imposait. «C’est avec l’arrivée de la nouvelle direction [en janvier dernier] que toutes les pièces du puzzle étaient enfin en place [pour faire le saut]», continue Dominique Boucher.

C’est donc le 12 juin que le Musée est officiellement devenu le Musée des cultures du monde. Un nom beaucoup moins contraignant et qui lui permet, du même coup, d’élargir sa mission. Le tout «sans dénaturer ce que nous sommes», précise Mme Boucher.

Nouveau logo, nouveau départ

L’équipe a profité de la conférence de presse pour dévoiler également la nouvelle identité visuelle de l’établissement, constituée des lettres MCM, toutes blanches, et superposées sur une pastille noire.

«La disposition des lettres nous laisse voir une personne à bras ouvert, comme symbole d’ouverture, ou encore un inukshuk, en référence au patrimoine inuit, ou un totem, en référence au patrimoine amérindien, commente Julie Gosselin, de la firme Pop grenade, conceptrice du logo. D’un second regard, on y voit même une croix, en référence au patrimoine religieux, mais aussi en clin d’œil aux collections du musée.»

Maintenant que les annonces sont faites,  l’institution muséale de Nicolet s’apprête à prendre un nouveau virage. C’est sous la main de Christian Marcotte, le nouveau directeur général de l’endroit, qu’il s’effectuera. Il promet une programmation «plus riche, plus variée, tout en ne reniant pas notre dimension religieuse».

«Le changement [d’appellation] nous donne une mission un peu plus flexible et nous ouvrira des portes supplémentaires, entrevoit-il. Par exemple, nous allons pouvoir recevoir des expositions d’ailleurs, portant sur une thématique plus large que la dimension religieuse. C’est ce qui était difficile, d’ailleurs, avec l’ancienne appellation, car il y a peu d’expositions en lien avec la religion au Québec et au Canada, alors on devait toujours les créer nous-mêmes. Ça devenait lourd et coûteux.»

Il ne cache pas non plus que l’ancien nom pouvait à lui seul rebuter quelques visiteurs. « Le nom du musée était l’arbre qui cachait la forêt. On l’a coupé. On espère maintenant que les gens et la région vont se réapproprier le musée et le redécouvrir.»

 

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Victoire Castonguay
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Victoire Castonguay

Oui, après plusieurs fréquentations à ce musée, je trouve qu’il faut s’actualiser pour rendre accessible des sujets plus diversifiés mais sans toutefois faire une croix sur notre patrimoine religieux qui nous appartient les Québécois au détriment de d’autres confessionnalités.