Une terre agricole transformée en champ de bataille

Photo de Sebastien Lacroix
Par Sebastien Lacroix

CINÉMA. Depuis un peu plus de deux semaines, c’est un véritable chantier qui est à l’œuvre sur la terre de Jean Rousseau, à Nicolet-Sud.

Chaque jour, ce sont près de 75 personnes qui fourmillent ici et là dans le cadre du tournage du film La Peur, une production France-Québec qui serait dotée d’un budget de l’ordre de 6 millions $, selon ce que nous avons pu apprendre de sources non-officielles.

Le film d’auteur doit traiter de la guerre 1914-18, avec comme personnage principal un jeune homme qui croit qu’il vivra un trip en s’engageant dans l’armée française.

Comme les Français manquent d’espace et qu’il aurait été pratiquement impossible de trouver un lieu où on ne voit pas de signes de modernisation, ils ont choisi cet endroit qui ressemblerait en tout point à la Normandie.

Ils ont choisi une espèce de «cuvette», ou le creux d’une colline, sur la terre de Jean et de Paul Rousseau, afin d’y aménager un «no mans land».

De la main-d’œuvre locale a d’ailleurs mis la main à la pâte pour transformer les lieux afin qu’ils soient accidentés et qu’ils ressemblent en tout point à un véritable champ de bataille.

Des tranchées ont été creusées par Excavation AS, de Saint-Léonard-d’Aston, tandis que l’aménagement paysager a été réalisé par et Alec Jutras, de Nicolet, qui a notamment planté quelques arbres calcinés.

Des baraquements avaient même été construits et aménagés non loin des lieux, mais ils ont déjà été démontés.

Un feu de paille devait également être exécuté, au cours des derniers jours, dans un autre champ situé sur une autre partie de la terre. L’idée était de la brûler afin que le sol soit complètement noir pour simuler le «chaos» d’un champ de bataille. Le service de Sécurité incendie de la Ville de Nicolet a d’ailleurs délivré un permis à cette fin.

À cet endroit, un trou a également été creusé et une structure en bois a été construite par des ouvriers locaux afin de simuler une cache pour les soldats.

La production loue également deux bâtiments qui ont dû être vidés pour les besoins de la cause. L’un d’eux a servi pour tourner les scènes intérieures, dont l’une devant une taverne. L’autre sert d’atelier où plusieurs artisans s’affairent à fabriquer des décors pour les différentes scènes, et ce, grâce à des matériaux de construction qui ont été achetés au BMR de La Visitation.

Jean Rousseau a même prêté une partie de sa maison pour la confection des costumes et un chapiteau a été aménagé sur son terrain pour servir de lieu de rassemblement.

Différents objets d’époque ont quant à eux été acquis auprès de différents collectionneurs. Une surveillance autant de jour que de nuit est d’ailleurs requise pour veiller sur le plateau et les équipements.

Des gens très professionnels

Le co-propriétaire des lieux, Jean Rousseau, semble apprécier pleinement son expérience, lui qui est constamment en demande depuis le début du tournage, le 15 septembre dernier.

«Je ne pensais jamais vivre ça dans ma vie. C’est très intense, confie-t-il. Je côtoie des gens qui sont très professionnels, qui font ça depuis de nombreuses années. Il y en a même qui ont déjà travaillé pour le Cirque du Soleil».

«L’ambiance est bonne, continue-t-il. Ce sont surtout des gens de Montréal, alors ils trouvent ça formidable de pouvoir venir tourner en pleine nature et au grand air de la campagne.»

Pas de commentaires

Les nombreuses demandes d’entrevues placées par Le Courrier Sud auprès de la production sont jusqu’ici demeurées sans réponse. Les quelques responsables rencontrés sur le plateau de tournage nous ont d’ailleurs fait savoir qu’ils ne pouvaient absolument rien dire aux journalistes. «C’est un plateau fermé», nous a-t-on fait savoir chez Transfilm International.

Suivez Sébastien Lacroix sur Twitter: @Sebas_Lacroix

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