Les directions d’établissement scolaire réclament plus de marge de manœuvre

Par Joanie Mailhot
Les directions d’établissement scolaire réclament plus de marge de manœuvre

Louise Bissonnette de l'ADERS

ÉDUCATION. Dans le cadre de la 4e édition de la Semaine québécoise des directions d’établissement scolaire, qui se déroule du 20 au 24 octobre, les directions se réunissaient aujourd’hui à l’Auberge Godefroy afin de discuter du rôle pivot qu’elles exercent dans leur milieu et des enjeux politiques auxquels elles sont confrontées.

Parmi les enjeux, on note la nécessité de rétablir une meilleure communication entre les différents paliers décisionnels. Les associations présentes déplorent n’avoir aucun lieu d’écoute pour faire valoir le point de vue des écoles et des enfants.

Ainsi, dans le contexte actuel, elles réclament une plus grande marge de manœuvre pour permettre aux directions d’école d’assurer le travail qu’elles doivent faire. Il a également été question du manque de ressources ressenti par les directions d’établissement scolaire.

«Comment arriver à exercer son autorité de manière éthique et son droit de gérance correctement en demeurant loyal à la commission scolaire et en défendant l’intérêt des élèves?» questionne Danielle Boucher, présidente de l’Association québécoise du personnel de direction des écoles (AQPDE). Selon elle et ses collègues, il y a trop de normes et de règlements à respecter qui empêchent les directions d’avancer plus rapidement dans leur travail et se concentrer aux besoins de leur(s) école(s).

L’AQPDE, l’Association des directions d’établissement d’enseignement de la Rive-Sud (ADERS), l’Association montréalaise des directions d’établissement scolaire (AMDES), et la Fédération québécoise des directions d’établissement d’enseignement (FQDE) regrettent que personne ne vienne directement dans les écoles pour écouter les besoins de chaque établissement scolaire. «C’est la direction de chaque école qui connaît le plus le besoin de ses élèves. Il faut que le gouvernement et les partenaires soient à l’écoute du milieu; que les décisions ne soient plus strictement politiques», ont laissé entendre les quatre représentantes.

Elles affirment d’ailleurs que les réalités sont très différentes entre les écoles, même celles d’une région voisine. «On doit revenir à l’essentiel, qui est pourtant bien simple: l’éducation, ça se passe dans la classe», exprime Lorraine Normand-Charbonneau, présidente de la FQDE.

Concernant les enveloppes budgétaires que chaque école reçoit, les associations demandent que les directions d’établissement scolaire puissent en disposer selon leurs besoins. «Quand on reçoit des enveloppes, il y a beaucoup de contraintes. Telle somme doit être allouée pour tel investissement, etc. On demande de pouvoir les utiliser en fonction des besoins réels.»

Enfin, les représentantes reprochent au gouvernement de miser beaucoup sur les statistiques, affirmant que les directions passent beaucoup de temps à remplir des rapports. Bien qu’elles ne soient pas contre la reddition de compte, elles estiment que la réussite d’un élève se situe au-delà des indicateurs prédéfinis.

C’est donc en faisant front commun que Danielle Boucher, Lorraine Normand-Charbonneau, Louise Bissonnette (ADERS) et Hélène Bourdages (AMDES) assurent que l’éducation doit être vue comme un investissement et que les décisions doivent être prises là où il y a des enfants, c’est-à-dire dans les écoles.

«Une chose est certaine: le statu quo actuel n’est plus acceptable. On doit maintenant agir réellement dans l’intérêt de nos jeunes», a conclu Mme Boucher.

Notons que dans le cadre du colloque à Bécancour, plus de 200 directions d’école de partout à travers la province ont échangé sur de nombreux enjeux.

Commissions scolaires

Quant à la possibilité d’abolir les commissions scolaires, les quatre femmes rencontrées sont unanimes: il doit y avoir une ressource ou une structure intermédiaire entre les écoles et le ministère, notamment pour la gestion de certains dossiers tels le transport, les conventions collectives, la gestion des salaires, etc.

Selon elles, le 2 novembre sera un test, en quelque sorte, pour la population. Elles verront à ce moment quelles seront les décisions prises par le gouvernement et souhaitent que des solutions soient présentées.

 

Suivez Joanie Mailhot sur Twitter:  @Jo_Mailhot

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