Les deux fils et la mère jouent les héros

Par Joanie Mailhot
Les deux fils et la mère jouent les héros
Donald Martel a rendu hommage à la famille Grondin.

COURAGE. Le soir de l’arnaque, Simone Leblanc a dormi chez l’un de ses fils, qui voulaient qu’elle soit en sécurité. Le lendemain matin, Junior avait dans l’idée de passer la journée avec elle, pour être présent si les bandits rappelaient.

À LIRE: Dans les mailles des malfaiteurs

Ne sachant pas si elle était réellement suivie ou si une voiture était stationnée devant chez elle, il a déposé sa mère au dépanneur du coin, puis elle a fait le trajet à la marche jusqu’à chez elle.

Le fils cadet a également pris soin de stationner son véhicule quelques rues plus loin et il est entré dans l’appartement par derrière.

Mme Leblanc est arrivée chez elle vers 9h et à 9h30, le téléphone sonnait. De connivence avec son «vrai» fils, maintenant qu’elle le savait hors de danger, elle a joué le jeu. «Elle lui demandait si j’avais bien dormi, si j’avais mangé, etc. Elle leur demandait combien ils voulaient, comme une mère désemparée le ferait sans doute. Elle faisait même semblant de pleurer. Honnêtement, elle a été fantastique dans son rôle; elle mériterait un Oscar pour ça!»

Afin de gagner du temps, la dame explique à son interlocuteur que la caisse ouvre à 10h. Elle lui demande alors de la rappeler vers 10h30. Elle est donc allée à la caisse, demandant même au caissier de faire semblant de lui remettre une enveloppe avec de l’argent, puisqu’elle ne savait pas si elle était sous surveillance, à son insu. Elle a expliqué la situation et l’homme a collaboré.

Aussitôt revenue à son domicile, le téléphone a sonné. Il faut savoir que pendant que Mme Leblanc se rendait à la caisse, Junior a contacté immédiatement les policiers. Puis, il avait également pris soin d’aviser son frère, dès le premier coup de fil des malfaiteurs, à 9h30.

Dès lors, Karl a embarqué dans sa voiture. Il s’est stationné à proximité et avait en sa possession son appareil-photo avec un zoom. Il a attendu quelque temps dans un commerce des environs, jusqu’à ce qu’il repère une auto rouge et qu’un homme en sorte, correspondant à la description donnée la veille par sa mère. Celui-ci marchait en direction du bloc appartement de Mme Leblanc, alors qu’un deuxième homme se trouvait dans le véhicule.

«J’ai pris le temps de placer ma voiture devant celle du malfaiteur, pour l’empêcher de s’enfuir rapidement. Après quelques manœuvres, il a finalement reculé son auto et foncé sur moi, avec l’intention de me frapper, raconte Karl. Il a fini par prendre la fuite, après quoi j’ai couru jusqu’au bloc pour rejoindre mon frère et les policiers, qui arrivaient au même moment. Heureusement, j’avais eu le temps de prendre en photo la plaque d’immatriculation du véhicule.»

Pendant que cette péripétie se déroule à l’extérieur, le premier homme est arrivé à l’appartement. «J’avais dit à ma mère de demander au gars d’enlever ses souliers. Comme ça, s’il voulait partir à pied, on le rejoindrait plus facilement à l’extérieur. Puis, pour gagner du temps, je lui avais dit d’inviter le gars dans la cuisine, pour compter l’argent.»

Simone Leblanc a suivi le plan. Ainsi, quand elle a commencé à compter l’argent, alors qu’elle n’avait pas l’entièreté de la somme demandée, Junior est sorti et a pris l’homme par surprise. «Disons que je l’ai gentiment maîtrisé, affirme-t-il. Je devais absolument agir, car on se retrouvait seuls avec lui…les policiers n’étant pas encore arrivés.»

Quand les policiers sont arrivés sur place, Junior avait contraint le bandit. La police a mentionné que généralement, dans le cas d’arnaques de type «grands-parents», il n’y a pas de marques de violence, car les malfaiteurs ne veulent pas d’accusations de voies de fait.

Finalement, l’homme a été arrêté par les policiers, qui sont ensuite partis à la recherche de l’autre complice. «C’est arrivé un mardi et les gars ont été relâchés le vendredi, sous promesse de comparaître. Ils ont collaboré avec les policiers, si bien que deux mois plus tard, la police a épinglé la tête dirigeante du réseau», indiquent les deux frères.

Malgré les péripéties, l’histoire se termine bien. Seul ombrage au tableau: dans un échange de coups entre Junior et le malfaiteur, Simone Leblanc a été atteinte accidentellement et s’est retrouvée avec trois côtes cassées, des vertèbres écrasées et un poignet cassé. Elle ne pourra possiblement plus travailler.

Pour en savoir plus sur ce type d’arnaque, cliquez ici.

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