L’école Le Rucher se dote d’une salle multisensorielle

Par Joanie Mailhot
L’école Le Rucher se dote d’une salle multisensorielle
Le résultat de la salle sensorielle aménagée à l'école primaire Le Rucher.

SAINT-SYLVÈRE. Depuis deux ans, l’école primaire Le Rucher, à Saint-Sylvère, est spécialisée en adaptation scolaire. L’établissement accueille 41 élèves, de la maternelle à la 6e année, qui ont des besoins particuliers. Grâce au concours Desjardins «Faites du bien autour de vous», en association avec l’émission «Votre beau programme», l’école a reçu une somme de 10 000$ pour mettre en place une salle sensorielle.

«Le projet était dans l’air, mais sans plus, parce qu’on sait qu’on réglerait beaucoup d’autres priorités avant celle-là, puisque du matériel adapté, ça coûte cher! Il y a beaucoup de travail à faire depuis deux ans pour répondre à tous les besoins des élèves», admet Cyndie Grégoire, enseignante à l’école Le Rucher.

Quand des collègues et elle ont entendu parler du concours, elles ont vu là une opportunité de réaliser le projet de la salle sensorielle. «On en parlait beaucoup et un moment donné, j’ai décidé de prendre les choses en mains et envoyer notre candidature, souligne l’instigatrice. C’est évident que c’est une pièce qu’on n’aurait pas pu faire si on n’avait pas eu ce concours-là.»

Qu’est-ce qu’une salle sensorielle?

La majorité des écoles spécialisées ont des salles comme celle aménagée à Saint-Sylvère, qui permet de travailler et éveiller les sens des élèves. «On a des élèves qui ont différentes problématiques comme l’autisme, la trisomie, des troubles de comportement, un retard de langage, etc. Un local comme ça leur permet de se couper des sens, de s’apaiser et se relaxer. Ça diminue l’anxiété et peut même augmenter la concentration. C’est prouvé qu’après avoir passé quelque temps dans une pièce du genre, l’enfant sera davantage prêt à l’apprentissage», explique Mme Grégoire.

On retrouve différents modules et accessoires dans la pièce et chacun rencontre un objectif précis. «Par exemple, la chaise-balançoire permet au jeune de se recentrer sur lui-même puisqu’il se retrouve enveloppé sur lui-même. Ça développe ses sens internes et la proprioception. Il y a aussi des «cachettes», où sont installés des coussins de différentes textures. C’est un endroit restreint qui permet à l’enfant de se couper de tous les stimulis extérieurs.»

Cyndie Grégoire reconnaît que la salle sensorielle ne conviendra pas à tous les élèves. Cela dépendra des besoins, ponctuels ou non, de chacun. La salle est accessible à tout moment et le personnel s’affaire actuellement à mettre sur pied un horaire. Toutefois, il est clair que le local devra pouvoir accueillir des élèves à tout moment.

«Pour nous, c’est évident qu’un enfant n’ira pas dans un local comme ça quand il est en crise, soutient l’enseignante. C’est quand un prof voit des signes précurseurs, que l’élève ne se sent pas bien, qu’on peut lui proposer de se retirer dans cet endroit.»

Cela fait seulement quelques semaines que les enfants peuvent bénéficier de l’endroit et déjà, Cyndie Grégoire confirme que leur intérêt est au rendez-vous. «Certains élèves demandent à y aller. C’est vraiment génial! On est très content du résultat et de la réponse des jeunes. On est seulement à peaufiner pour faire en sorte que tout le monde puisse y avoir accès.»

Il faut dire que les enseignants avaient consulté les élèves, sans qu’ils sachent réellement pourquoi, pour leur garder la surprise. «On cherchait à savoir ce qu’ils aimaient, ce qui attirait leur attention, les couleurs, les modules, etc.»

Courts délais

Le concours se déroulait du 11 janvier au 6 février. Depuis l’envoi de la candidature de l’école Le Rucher, à la fin du mois de janvier, les étapes se sont enclenchées très rapidement.

En effet, le 17 février, Mme Grégoire recevait un appel lui annonçant que le projet était retenu parmi les finalistes. La prochaine étape consistait à envoyer une vidéo explicative, ce que l’instigatrice a fait le 21 février. À peine quelques jours plus tard, soit le 24 février, ils apprenaient que leur projet remportait le concours.

«On nous disait que le tournage avec l’équipe de production se ferait dans la semaine du 13 mars. Disons que c’est allé très rapidement, d’autant plus que dans cette période de temps, il y avait aussi la semaine de relâche!»

Malgré tout, les organisateurs ont obtenu toutes les autorisations nécessaires pour démarrer les travaux. Ils ont aussi reçu l’aide de gens qualifiés et compétents dans le domaine. Évidemment, le personnel de l’école a aussi été mis à contribution, tout comme les gens de la communauté.

«Il y avait beaucoup à faire: vider le local, le transformer, le peinturer, car la salle était toute noire auparavant, en plus de trouver et acheter tout le matériel nécessaire. On a reçu notre dernière livraison quelques heures à peine avant que l’équipe de tournage débarque. Honnêtement, ç’a été les deux semaines les plus stressantes de ma vie!», lance Cyndie Grégoire.

La somme de 10 000$ octroyée grâce au concours a suffi aux dépenses reliées au projet. Des parents ont aussi contribué à leur façon, que ce soit en achetant un peu de matériel ou en donnant de leur temps.

L’inauguration de la salle a eu lieu le 16 mars, lors du tournage du topo de l’émission «Votre beau programme».

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