Le virage à 180 degrés de Pascale Martin

Par Joanie Mailhot
Le virage à 180 degrés de Pascale Martin
Pascale Martin

TÉMOIGNAGE. La plupart des gens rêvent de laisser tomber leur travail et leur routine pour partir à l’aventure ou pour changer de vie, tout simplement. Or, peu osent réellement passer à l’action. Après avoir mûri son projet pendant quelques années, Pascale Martin, elle, a fait le grand saut.

Native de Saint-Léonard-d’Aston, la femme de 48 ans a grandi sur la ferme familiale mise en place par ses aïeux, dans le rang des Martin. Après avoir fait ses études en musique à Trois-Rivières, Pascale Martin quitte son patelin en 1998 pour se diriger à Montréal, où elle complètera deux baccalauréats à l’Université de Montréal, soit un en musique générale et l’autre en interprétation, ce qui totalise 6 ans d’université. «Avec le recul, je réalise que déjà le fait de vouloir étudier en musique démontrait mon trait de caractère d’aller là où ça m’appelle. Je suis une autodidacte et j’ai toujours été intègre dans mes choix de vie», résume-t-elle.

Pendant ses études dans la métropole, elle cumule différents boulots. Avec le temps, elle finit par se spécialiser dans le domaine informatique et devient «consultante en informatique» au sein de différentes entreprises.

Concours de circonstances

Pascale est la 3e d’une famille de 5 enfants et elle est la seule à être partie loin de sa région natale. Son frère Jean a repris la ferme familiale en 1996 et jamais elle n’avait envisagé s’impliquer, voire s’associer dans l’entreprise.

Par contre, en 2011, un litige éclate entre Jean et son associée de l’époque, à propos de la ferme. «À ce moment-là, dans ma tête, je me suis dit, sans vraiment réfléchir, que si ça prenait deux personnes pour que l’entreprise reste dans la famille, il fallait que j’embarque! C’était ni plus ni moins qu’un genre d’élan du cœur, mais j’ai gardé ça pour moi pendant un bon moment.»

Elle admet aussi qu’à cette période-là de sa vie, elle était en questionnement quant à son avenir. «Je me demandais si je me voyais faire de la gestion de projets et de documents toute ma vie, être dans l’analyse, etc. Puis, je pensais à mes parents qui vieillissent et je me trouvais loin. Sans compter que plusieurs choses me heurtaient en ville; un mode de vie à la campagne me ressemblait plus», exprime Mme Martin.

Dans la perspective du reste de sa vie, elle voulait vivre des choses vraies tous les jours. «Mon but n’était pas d’avoir une grosse job ou de faire du gros cash. Je recherchais la simplicité des choses.»

Au printemps 2012, quand elle apprend qu’un ami de son frère s’est montré intéressé à s’associer avec lui, elle décide de lui annoncer la réflexion qu’elle porte depuis un certain temps: celle de s’associer avec lui. «C’était le silence au bout du fil, se souvient-elle. Il pleurait. Il m’a dit qu’il s’associerait avec moi n’importe quand.»

Malgré tout, cela aura pris 5 ans avant de concrétiser ce beau projet. C’est qu’il y avait beaucoup de choses à régler avant de pouvoir rendre ce rêve possible, d’autant plus que Pascale est mère monoparentale d’un garçon aujourd’hui âgé de 12 ans. Cela dit, plus le temps passait, plus elle réalisait qu’elle portait sincèrement l’amour de la terre.

En 2013, une seconde chance se présente. Pascale convient alors qu’elle laisserait son fils terminer son primaire à Montréal. Puis, elle s’est dit qu’elle se mettrait à l’écoute des signes. «On dirait que je tombais toujours sur des reportages à propos de gens qui ont fait des virages et des changements de carrière! J’écoutais ma petite voix, soutient-elle. Puis, au printemps 2014, mon frère me rappelle pour me relancer. Que lui m’appelle, j’ai vu ça comme étant le top signe

Avant d’aller de l’avant officiellement, Pascale et Jean conviennent qu’elle passe un temps d’intégration de 4 semaines à la ferme, avec son fils. «Honnêtement, je m’étais fait une idée après une semaine. La première journée, j’étais vraiment nulle! Mais j’ai relevé mes manches et ç’a bien été, reconnaît-elle. J’ai quand même grandi sur la ferme, alors j’ai souvent vu faire mon père et mes frères. J’ai toujours été dans des contextes où j’ai «appris sur le tas». Je fonctionne très bien comme ça, quand un senior me montre et me transmet ses connaissances.»

Ainsi, à l’été 2015, le frère et la sœur conviennent que le plan va fonctionner. Les démarches concrètes s’entament: mise en vente du condo à Montréal, départ de son emploi, préparation du déménagement, inscription à l’école secondaire pour son fils, etc.

«C’est vraiment un concours de circonstances qui m’a amené là, parce que ce n’est pas quelque chose qui m’a toujours traversé l’esprit. Si le contexte et les circonstances ne m’avaient pas amené là, je n’aurais possiblement pas fait ce changement», croit la principale intéressée.

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