La Ville de Bécancour contre le projet de loi 106

Par Joanie Mailhot
La Ville de Bécancour contre le projet de loi 106
Le chapitre 4 du projet de loi 106 concerne les mesures pour l'exploration et exploitation des hydrocarbures. 

HYDROCARBURES. Lundi soir, en séance publique, le conseil municipal de la Ville de Bécancour a pris position en s’opposant au projet de loi 106 sur les hydrocarbures. Cette décision a attiré les applaudissements et les félicitations de la trentaine de citoyens présents, dont une majorité de «verts».

En fait, la position de Bécancour épouse globalement celle contenue dans le mémoire de l’Union des municipalités du Québec (UMQ), qui émet douze recommandations spécifiques, celles-ci étant aussi généralement retrouvées dans la position de la Fédération québécoise des municipalités (en 21 recommandations).

Pour les élus, certains éléments sont plus sensibles et doivent absolument être respectés. «Nos préoccupations, en ce qui nous concerne, c’est le respect des compétences municipales quant au schéma d’aménagement et au pouvoir de déterminer les zones appropriées ou non pour faire de la prospection ou du creusage. Notre préoccupation touche particulièrement la protection des populations et l’agriculture», a fait savoir Jean-Guy Dubois, maire de Bécancour.

À cela s’ajoute le concept d’acceptabilité sociale qui se joue aux niveaux local et sous régional. Pour le conseil, la municipalité et la MRC doivent pouvoir intervenir sur cet aspect. «Il faut être capable de dire ce qui est acceptable et ce qui n’est pas acceptable par nos citoyens, indique M. Dubois. Et on pense qu’à ce moment-ci, nos citoyens ne sont pas prêts à accepter, peu importe l’endroit.»

On note également la détermination et l’ampleur de la place occupée par la municipalité dans les éventuels comités de suivi : la délégation d’un représentant nommé par la municipalité ainsi qu’un modèle accru de représentativité. «Pour l’instant, ce qui est prévu, c’est que les membres du comité seraient déterminés par la compagnie qui fait l’exploration. Alors nous, on tient absolument à ce qu’il y ait un délégué nommé par la municipalité et qu’il y ait aussi un modèle accru de représentativité au sein de ces éventuels comités», clame le maire de Bécancour.

Enfin, dans sa position, la Ville de Bécancour ajoute la protection non discutable des sources d’eau potable, qui fait l’objet d’autres réglementations. «À Bécancour, on a un seul point d’eau, soit le fleuve St-Laurent et quelques autres plus petites sources d’eau à Gentilly. C’est important de conserver ça», soutient Jean-Guy Dubois.

«Il faut être conscient que l’arrivée d’un projet d’exploration d’hydrocarbure sur notre territoire constituerait une source de dissension profonde et de fractionnement, dans les sens aussi humains que techniques. Quant aux retombées pour notre population, elles apparaissent, à première vue, minimes ou bien secondaires. Bref, les désavantages semblent largement dépasser les avantages prévisibles», peut-on lire dans le document relatant la prise de position.

«Nous considérons cette position en cohérence avec la position affichée en juin 2014 dans notre mémoire sur les gaz de schiste. En conséquence, selon le libellé actuel, la Ville de Bécancour s’oppose et continuera de s’opposer au PL106, à moins d’y intégrer les présentes recommandations», ont conclu les élus.

Précisons toutefois que le conseil municipal de Bécancour dit souscrire aux objectifs contenus dans la Politique énergétique 2030 du gouvernement du Québec, dans sa généralité.

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