Gel de taxes à Bécancour

Par Joanie Mailhot
Gel de taxes à Bécancour
Le maire de Bécancour

BUDGET. C’est sous la thématique «Investir sans s’endetter» que la Ville de Bécancour a adopté, lundi soir, un budget de 27 021 833$ pour l’année financière 2017, comparativement à 26 245 582$ en 2016. Deux éléments retiennent particulièrement l’attention, soit un gel de taxes et une légère augmentation des dépenses.

En fait, les efforts de l’appareil administratif et politique ont été axés sur le contrôle des dépenses de fonctionnement au profit des dépenses d’investissement en fonction des revenus disponibles. «Les municipalités ont souvent l’habitude d’établir leur niveau de dépenses, puis ensuite établir leurs revenus. Autrement dit, la réflexion est généralement la suivante: «Voici ce dont on a besoin comme revenus pour couvrir les dépenses». Nous, on est parti à l’envers, en se demandant quels étaient nos revenus, pour ensuite ajuster nos dépenses. En réalité, l’objectif n’est jamais d’augmenter les taxes, c’est toujours de les baisser», explique Jean-Guy Dubois, maire de Bécancour.

Ainsi, il y aura maintien de la charge fiscale pour la municipalité et un gel de taxes pour l’ensemble des catégories d’immeubles sur le territoire bécancourois. Tous les citoyens, propriétaires d’immeubles et entreprises auront le même taux de taxation qu’en 2016. «C’est vraiment un impact zéro. Il n’y a aucun changement», assure le maire. Cependant, l’évaluation moyenne continue d’augmenter, passant de 144 300$ en 2014 à 169 200$ en 2017.

Différentes raisons peuvent expliquer ce gel de taxes, dont la rigueur planifiée, le resserrement des dépenses, et une croissance du rôle foncier de 30M$. Puis, la Ville de Bécancour bénéficie pour la première fois cette année d’un avantage, soit le règlement de l’évaluation de la centrale nucléaire Gentilly-2. Il faut comprendre que lorsque la centrale était en opération, certains bâtiments n’étaient pas évaluables, car la loi exclut les entreprises qui produisent de l’électricité.

Bien que G-2 soit fermée depuis 2012, cela aura pris quelques années avant de pouvoir finalement bénéficier de cet avantage. «Avant, la centrale nous rapportait autour de 80 000$. Maintenant qu’elle n’est plus opérationnelle, on a pu reporter au rôle des équipements et des bâtiments qui n’étaient pas taxables auparavant, alors ça nous a donné environ 600 000$ en revenus nouveaux. Disons que c’est une bonne surprise pour nous, reconnaît Jean-Guy Dubois. C’est un coup de chance qu’on a eu, mais qui est extrêmement important et qui nous permet de respirer beaucoup mieux.»

Augmentation des dépenses

À Bécancour, en 2017, il y aura, au total, plus de 14M$ d’investissements. Il s’agit d’une augmentation des dépenses de 1,94%. «Nous avons d’importants projets sur la table, comme le traitement des eaux usées (10M$), huit projets domiciliaires, le tourisme, et notre convention collective, récemment signée pour 7 ans.»

Au chapitre du plan triennal d’immobilisations, des projets totalisant 15,1 millions $ sont prévus pour 2017. Globalement, les projets sont liés à l’hygiène du milieu (mares noires) et à la voirie (corrections sur de nombreuses artères).

«En 2017, on s’affairera à la mise aux normes de nos étangs d’épuration. C’est un énorme projet, de l’ordre de 7M$, parce que nos étangs d’épuration ont atteint leur maximum. Avec nos huit projets de développement domiciliaire, ça nous prend de l’espace pour traiter les eaux de ces habitations-là. On profite aussi cette année d’un programme gouvernemental qui est très intéressant pour faire cet investissement-là, ce qui réduira la facture de la Ville», soutient M. Dubois.

Le dossier de la fibre optique, de la Ville allumée, de la fonction touristique et récréotouristique ainsi que le développement économique sont les projets ou axes qui seront mis de l’avant pour 2017. «Au niveau économique, en 2017, s’il n’en tient qu’à moi, il va se passer de quoi ici!», a lancé le maire Dubois, misant sur le Parc LaPrade et l’avenue Jean-Demers.

Par ailleurs, notons que la Ville de Bécancour n’a prévu aucun montant en lien avec le terrain contaminé du chemin Louis-Riel, «car nous n’avons pas vraiment de rôle financier dans ce dossier».

Baisse de la dette

La bonne gestion des finances de la Ville a permis la réduction importante de la dette municipale effectuée au cours des dernières années et a permis de générer des réductions au poste de service de la dette, soit plus de 5 millions $ depuis 2014. «On a resserré beaucoup les affaires dans les dernières années, suite à la fermeture de la centrale, et aujourd’hui, on en récolte les fruits. On a baissé notre dette de l’ordre de 5M$, ce qui donne de l’air pour être capable de faire des dépenses d’immobilisations», croit le maire, qui affirme qu’à la fin de 2017, la dette nette de la Ville devrait se chiffrer à 45 000 000$.

Un budget électoraliste?

Le budget 2017 est le dernier du présent mandat. Or, Jean-Guy Dubois assure qu’il ne s’agit pas d’un budget électoraliste. «Que je n’entende pas le mot «électoraliste»!, a-t-il lancé. C’est la rigueur avec laquelle on a traité les finances municipales au cours des trois dernières années qui permet de faire la différence et qui nous permet de présenter un budget balancé et équilibré, sans toucher au compte de taxes du citoyen.»

Enfin, le conseil municipal considère qu’il s’agit d’un budget rigoureux, articulé, et progressiste, fait dans le respect de la charge fiscale des citoyens et axé sur le développement harmonieux de l’ensemble de la Ville de Bécancour.

Pour les intéressés, sachez que le maire de Bécancour propose la tenue d’un «Facebook LIVE» ce mardi (20 décembre), dès 17h, où il présentera le budget. Vous pourrez poser vos questions en direct.

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