Gaz de schiste: de 5000 à 19 000 emplois créés?

L’Association pétrolière et gazière du Québec (APGQ) et la firme SECOR ont publié les résultats d’une étude de SECOR sur les retombées économiques du développement des shales de l’Utica réalisée à l’automne 2009.

Cette étude jette un regard analytique sur l’impact économique de l’industrie des gaz de schiste au Québec. L’APGQ avait demandé à Secor d’estimer les retombées économiques de l’exploration et l’exploitation des gaz de schiste, et plus spécifiquement, son impact en termes d’emplois et de recettes pour le gouvernement du Québec.

 

Deux scénarios ont été préparés. Le scénario de base repose sur le forage de 150 puits par année à partir de 2015, alors que le second scénario prévoit que l’activité se stabilisera à 600 forages par année à partir de 2016. Dans les deux cas, il a été retenu qu’il y aura six puits forés par site de forage. On pourrait ainsi envisager la création de 5000 à 19 000 emplois.

 

Selon l’analyse développée par Secor, en vitesse de croisière, le forage d’un puits générera 1,85 millions $ en valeur ajoutée au Québec et quelques 33 emplois année. Sous le scénario de base, en 2015, la mise en production des 150 puits créera 278 M$ en valeur ajoutée (PIB) et près de 5000 emplois. Cette analyse est basée entre autres sur le modèle intersectoriel de l’Institut de statistique du Québec

 

Par ailleurs, la phase de production d’un puits, qui s’étire sur 50 ans, crée relativement peu d’emplois, soit 28 emplois par 100 puits en production. Les 293 puits que prévoit le scénario de base en 2015 créeraient 82 emplois. Ce sont les redevances qui deviennent importantes durant la phase de production. Pour en cerner l’importance, l’étude Secor s’est basée sur le prix du gaz à l’automne 2009, soit six dollars du mpc (mille pieds par cube), et un taux de redevance de 10%. La redevance moyenne par puits selon ces hypothèses serait de l’ordre de 150 000$ par année.

 

On ne peut prédire à ce stade le niveau de développement de l’industrie, le potentiel québécois n’étant pas suffisamment caractérisé. Si 1000 puits sont en production sur 150 sites, le gouvernement du Québec pourrait recevoir annuellement 150 millions $ en redevance. L’exploitation de 7000 puits, plausible selon le deuxième scénario, se traduirait selon les hypothèses retenues, en des redevances annuelles légèrement supérieures à 1 milliard $.

 

L’étude des retombées n’inclut pas les dépenses de transport et de distribution du gaz naturel extrait, ni les impôts corporatifs payés par l’industrie et ses fournisseurs, ni n’intègre les effets dynamiques ou structurants pour l’économie du Québec.