Des centaines d’obus retirés des eaux du lac St-Pierre

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Par Audrey Leblanc

La chasse aux obus dans le lac Saint-Pierre vient de prendre fin pour la saison hivernale. La firme Mine Eod, qui a ratissé les lieux jusqu’en octobre, reprendra ses activités l’été prochain. Et contrairement aux équipes spécialisées qui l’ont précédée, celle-ci mène ses recherches dans les profondeurs du lac à l’aide d’experts en plongée sous-marine.

Contactée par téléphone au cours des dernières semaines, la gestionnaire adjointe en services environnementaux pour Construction de Défense Canada, Josée Gagnon, s’est dite confiante quant à la réussite de cette opération. «Définitivement, cette année a été la meilleure de toutes, se réjouit-elle. Grâce au niveau d’eau exceptionnellement bas, on a été en mesure de retrouver 474 obus jusqu’à présent. Parmi ce nombre-là, il y en avait 34 qui étaient explosifs et qu’on a fait détonner. On espère que la suite des démarches sera tout aussi fructueuse l’an prochain.»

D’ici peu, une équipe d’experts retournera sur place pour faire détonner des projectiles qui ont été entreposés en lieu sûr non loin d’où se déroulaient les recherches. Rappelons que de 1952 à 2000, la Défense nationale a procédé à des tirs d’obus dans le lac Saint-Pierre à partir du Centre d’essais et d’expérimentation de munitions situé à Nicolet. Au total, ce sont 300 000 projectiles qui ont été envoyés dans les eaux de cet élargissement du fleuve Saint-Laurent entre Sorel et Trois-Rivières. Et pour une raison qui demeure inconnue, 8 000 de ces obus n’ont pas explosé au moment où ils ont été lancés.

Mme Gagnon explique même que de ces 8 000 projectiles emplis de matière énergétique, 2 000 seraient encore munis d’une fusée, ce qui ajoute au danger en les rendant d’autant plus imprévisibles et instables. «À date, on a réussi à récupérer 300 des 2 000 obus qui ont une fusée, ajoute-t-elle. Il reste encore beaucoup de travail à faire et on met tout en œuvre pour minimiser les risques pour la population.»

Cette dernière appelle à la prudence et demande aux citoyens de demeurer vigilants en tout temps. «Il n’y a aucun moyen pour les gens d’identifier si un obus est explosé ou non.» Elle explique que l’apparence des projectiles en question n’est pas toujours la même. La taille du diamètre de ceux qui ont été lancés dans le lac varie entre 20 et 155 millimètres. Et c’est pourquoi Mme Gagnon précise que seuls les experts, généralement des militaires retraités, sont en mesure de déterminer si ce qui semble être un obus à première vue en est réellement un et si ce dernier est explosif ou non. «On ne s’improvise pas spécialiste», dit-elle clairement et fermement.

La gestionnaire, qui travaille sur le projet du lac Saint-Pierre depuis sept ans, explique qu’il ne faut en aucun temps toucher à l’un de ces objets, de quelle que façon que ce soit. En cas de doute, Construction de Défense Canada demande à la population de composer le 911 pour signaler la présence d’un obus potentiellement dangereux. Mentionnons que le projet de récolte des projectiles militaires dans le lac Saint-Pierre a vu le jour en 2006 et que la zone délimitée par les autorités est de 160 kilomètres carrés.

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