Danser jusqu’au bout…pour apprivoiser la mort

Par Joanie Mailhot
Danser jusqu’au bout…pour apprivoiser la mort

DANSE. Les danseurs de l’organisme Le Papillon blanc, danse ne sont pas des thérapeutes. Ils sont d’abord et avant tout des artistes. «C’est vraiment là d’où on part. On n’axe pas sur les résultats. Mais malgré cela, plusieurs patients sont émus pendant nos prestations», affirme Priscilla Simard, cofondatrice de l’organisme.

Il n’en demeure pas moins que le fait d’approcher la mort et de ne pas la dramatiser est un travail en soi pour les danseurs qui côtoient les personnes en fin de vie. «Mais on vit des moments merveilleux et les gens s’ouvrent le cœur. On développe une vision positive envers les patients et la mort», soulève la danseuse.

Selon elle, Le Papillon blanc, danse présente une nouvelle manière de percevoir. «On donne la chance aux gens de voir quel genre de rencontres on peut avoir, et ce, jusqu’au bout de ses capacités.»

Mme Simard explique que le défi est de démonter aux gens que ce qui se passe dans la chambre d’un patient «peut être beau et magique. Ce n’est pas seulement un cauchemar.»

Une Nicolétaine impliquée

Priscilla Simard est une jeune femme de 29 ans, native de Nicolet, et qui a un profil très artistique. En effet, elle fait de la danse depuis l’âge de 7 ans et prend plaisir à marier danse et théâtre. D’ailleurs, l’artiste a quitté sa région natale pendant une dizaine d’années afin de poursuivre ses études dans cette discipline, à Québec.

Et c’est dans la Capitale-Nationale que tout a commencé pour elle. Alors âgée de 26 ans, Priscilla souhaitait effectivement s’impliquer comme bénévole. Elle a donc joint l’équipe d’un centre d’hébergement (CHSLD) de Québec, où elle était sous la responsabilité du récréologue en poste.

«À ce moment-là, je me suis beaucoup fait dire que j’étais jeune. Les intervenants m’ont mis en garde à quelques reprises concernant la clientèle; à savoir qu’elle était «lourde», très malade, en perte d’autonomie, etc.», se souvient-elle.

Or, contre toute attente, la jeune femme a eu un coup de foudre pour les patients, et ce, dès les premiers instants. «Je me suis sentie à l’aise et j’aimais vraiment être avec eux.»

C’est après avoir amorcé un cours de préposée aux bénéficiaires, inachevé, qu’elle a l’idée de fonder l’OBNL Le Papillon blanc, danse, en mars 2013. Elle fait une période d’expérimentation dans des centres d’hébergement de Québec, avec une collègue.

«Après 6 mois d’expérimentation, le bilan était positif. Les intervenants étaient contents de ce qui se passait et les résidents réagissent vraiment bien», souligne Priscilla Simard.

Retour aux sources

Dans les mois qui ont suivi cette expérience, une chose était claire dans l’esprit de la Nicolétaine: elle voulait revenir dans la région. La danseuse est donc de retour à Nicolet depuis novembre dernier, où elle est responsable du Papillon blanc, danse pour la Mauricie et le Centre-du-Québec. L’autre cofondatrice, Marie-Noëlle Goy, s’occupe du point de service de Québec.

«J’ai commencé à danser ici autour du mois de février. Quand je suis arrivée, j’étais seule dans mon projet, mais tranquillement, je commence à avoir une équipe de danseurs et de bénévoles», explique la principale intéressée, qui s’est également affairée à créer un comité de gestion locale, puisque le conseil d’administration de l’organisme est basé à Québec.

L’hiver dernier, la danseuse a fait quelques prestations au Pavillon Sainte-Marie, pour les Sœurs de l’Assomption, et également au Centre d’hébergement Christ-Roy de Nicolet. Par contre, actuellement, elle danse à quelques endroits en Mauricie et au Centre-du-Québec, mais elle n’a aucun contrat régulier à Nicolet.

Pour plus d’info: 819-262-3116 ou lepapillonblancdanse@gmail.com

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