Apprendre à vivre une retraite heureuse

Par Emilie Vallee
Apprendre à vivre une retraite heureuse
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Y-a-t’il un mode d’emploi pour vivre sereinement la retraite? Peut-être pas. Par contre, le Laboratoire de gérontologie de l’Université du Québec à Trois-Rivières peut aider les retraités qui vivent une période de déprime à prendre la bonne route afin d’être plus heureux à travers cette période de leur vie.

La majorité des individus vivent la retraite de façon sereine et en relative bonne santé. D’autres éprouvent plus de difficultés. Bien qu’au début, cette période de vie peut être vécue comme de grandes vacances, il peut arriver un moment où l’on ne sait pas trop quoi faire, où l’on se sent parfois inutile. La santé peut décliner, les loisirs ou occupations antérieurs deviennent difficiles ou impossibles à poursuivre, des personnes importantes deviennent moins accessibles ou disparaissent. Pour toutes ces raisons, ou encore sans raison vraiment précise, la personne peut se sentir déprimée et ou encore éprouver des problèmes de sommeil.

C’est dans cette optique que le Laboratoire de gérontologie de l’UQTR a mis sur pied un programme d’intervention destiné à aider les personnes de 65 ans et plus déprimées ou qui ont des problèmes de sommeil à retrouver un meilleur bien-être. Le programme, appelé «En route vers une vie plus heureuse», se fera sous forme d’atelier en petits groupes de six personnes. Il vise à aider les personnes à redonner du sens à leur vie par la réalisation de projets personnels. Il débutera vers la troisième semaine de janvier 2011 et il est gratuit. Les participants rempliront des questionnaires avant et après la démarche afin d’évaluer les effets du programme sur leur bien-être.

«Les trois raisons principales expliquant un sentiment de déprime chez les personnes retraités sont le manque d’intérêts et de projets, la solitude et la difficulté à trouver un sens à leur vie», explique Micheline Dubé, psychologue au Laboratoire de gérontologie de l’Université.

Chez les hommes, la déprime peut s’exprimer à travers la colère, la mauvaise humeur ou l’irritabilité tandis que chez les femmes on remarque de la tristesse et le sentiment de vide et d’inutilité. «Avec la génération des baby-boomers qui tombe à la retraite, les femmes vivent la même chose que les hommes car elles ont aussi travaillé toute leur vie», ajoute Mme Dubé. Avec l’espérance de vie qui s’allonge, la retraite devient pratiquement une deuxième carrière. «Les gens sont quelques fois en moins bonne santé et doivent alors revoir leurs loisirs. En fait, ils doivent réviser leurs occupations et s’adapter continuellement à leur vieillissement.»

Avec le projet, l’équipe du Laboratoire souhaite apprendre aux retraités à identifier ce qui est le plus important pour eux et les soutenir dans leur passage à l’action. Une fois la démarche assimilée, ils pourront la reproduire eux-mêmes si cela s’avère nécessaire. «Avec le programmes les gens peuvent se donner la chance d’être plus heureux. Ça prend un effort pour se mettre en route mais il y a quelque chose de positif au bout. Les proches de personnes retraitées et déprimées peuvent aussi inciter ces personnes à nous contacter car elles ne le feront peut-être pas d’elles-mêmes. C’est un geste d’amour à poser», termine Micheline Dubé.

Les personnes intéressées peuvent joindre le Laboratoire au 819 376-5090.

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