Airex Énergie : un coup de circuit pour Bécancour ?

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Par Marianne Cote
Airex Énergie : un coup de circuit pour Bécancour ?
Le ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles et ministre du Plan Nord

ÉCONOMIE. La nouvelle usine de torréfaction de biomasse d’Airex Énergie pourrait bien être le « coup de circuit » qu’a tant espéré la Ville de Bécancour au cours des dernières années, a lancé le premier magistrat de l’endroit, Jean-Guy Dubois.

« On a longtemps été habitué à des coups de circuit. Ça arrivait à coup de dizaine de millions de dollars et par centaine d’emplois. Il y a quatre ans, on a subi une méchante raclée et depuis, on essaie de revenir dans les séries de championnat », a imagé le maire Dubois, vendredi matin, dans un discours inspiré à l’inauguration officielle de l’usine d’Airex Énergie.

« Et en frappant des simples, on peut faire des points. C’est notre troisième dans les derniers mois, après Silicium Québec et PureSphera. Je vous le dis, on va essayer de le transformer en double ! »

L’infrastructure a été érigée au coût de dix millions de dollars dans le parc industriel La Prade. On y produit depuis peu du biocharbon à partir de simples résidus de bois. La technologie, baptisée CharbonFX, conçue par l’entreprise québécoise offre une alternative verte à plusieurs industries.

Ses granules de biocharbon peuvent remplacer le charbon et le mazout et réduire de façon considérable les émissions de gaz à effet de serre des centrales thermiques et des cimenteries, pour ne nommer que ceux-là.

Il pourrait bien s’agir d’une première porte d’entrée vers un virage vert planétaire. L’entreprise espère d’ailleurs positionner le Québec et le Canada parmi les leaders en matière de technologies propres.

Un mandat qui s’inscrit en plein dans le créneau de la municipalité : les technologies vertes, s’est réjoui le premier magistrat.

Ça tombe bien, puisqu’en avril dernier, le Québec a décrété que d’ici 2030, il faudra éliminer complètement l’utilisation du charbon thermique en tant que source d’énergie. Parions qu’Airex aura un grand rôle à jouer dans ce virage.

Du moins, du côté du ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles, on y croit. « Non seulement ce projet contribue à la vitalité économique de Bécancour, mais il nous aidera également à attendre notre cible. Le biocharbon occupe une place de choix parmi les solutions d’avenir », a soutenu le ministre Pierre Arcand.

La production commerciale de biocharbon vient d’être démarrée. La direction prévoit augmenter graduellement le rythme pour atteindre 15 000 tonnes annuellement. « Nous avons déjà plusieurs clients ainsi que clients potentiels au Canada, aux États-Unis et en Europe », a déclaré le directeur d’Airex Énergie, Sylvain Bertrand.

L’entreprise produit aussi du biochar, un produit à haute teneur en carbone pouvait être utilisé pour l’amendement des sols, pour la filtration des liquides et pour la réduction des métaux.

Pour l’heure, l’usine emploie sept salariés, mais ce nombre « pourrait doubler au cours des prochains mois lorsque nous serons en production 24h par jour », a soutenu M. Bertrand. 

À QUOI ÇA SERT ? 

Biocharbon

Combustion pour remplacer le charbon dans des centrales thermiques et ainsi réduire les émissions de gaz à effet de serre, ou encore pour produire de l’énergie pour des cimenteries.

Biochar

Augmenter la fertilité des terres ou encore pour restaurer des sols qui ont été contaminés

Avec la collaboration de Sébastien Lacroix

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