La passion pas piquée des vers de Jacob Boisclair

Photo de Marie-Ève Veillette
Par Marie-Ève Veillette
La passion pas piquée des vers de Jacob Boisclair
Jacob Boisclair a 20 ans et est entomologiste amateur. Il a monté de A à Z la nouvelle exposition du Centre de la biodiversité du Québec à Bécancour, intitulée «Arthropodarium». Une exposition qui met en vedette une partie de sa collection d'insectes qu'ils a lui-même récoltés au cours des 12 dernières années. (Photo : (Photo Marie-Eve Veillette))

BÉCANCOUR. Les «bibittes» que les gens n’aiment généralement pas sont une fascination pour Jacob Boisclair. Depuis une douzaine d’années, le jeune homme de 20 ans consacre des heures à les observer et à les capturer.

De cette passion est née une imposante collection d’insectes, dont une partie est exposée jusqu’à la fin de l’été au Centre de la biodiversité du Québec à Bécancour. Pour son stage final en tourisme, le Bécancourois a monté de A à Z l’exposition de ses «bibittes», qu’il a pour la plupart lui-même épinglées. «J’en ai d’autres chez nous», indique celui dont la collection compte autour de 5000 insectes épinglés… «sans compter ceux qui sont dans mon congélateur» et qui attendent de l’être à leur tour!

«La majorité est identifiée. C’est un job de moine!», admet-il. «J’ai classé mes spécimens par famille, du mieux que je pouvais.»

Jacob n’est pas un entomologiste professionnel, mais son travail s’est raffiné au fil des ans. «J’ai commencé à m’intéresser aux insectes à l’âge de 8 ans. J’avais alors suivi un cours avec Dominic Ouellette, un entomologiste assez connu au Québec. Il travaille à l’Insectarium et est chercheur à l’Université McGill. Il montrait comment épingler les insectes. Je suis tombé en amour avec ce monde-là.»

C’est à partir de ce moment que Jacob Boisclair a commencé à multiplier les sorties dans le bois, principalement au Parc écologique Godefroy, au Centre de la biodiversité du Québec et au chalet familial de Saint-Alexis-des-Monts. «Je consacre une heure ou deux par semaine à la chasse aux insectes. Je sors à toutes les semaines ou presque. C’est devenu un automatisme: à chaque fois que je vais dans le bois, je suis en mode recherche. J’ai mon filet et mes pots pour ramasser les spécimens d’intérêt.»

Il admet que plus jeune, l’identification des espèces recueillies n’était pas une priorité. Mais ce l’est graduellement devenu, et c’est ce qui permet aujourd’hui aux visiteurs du Centre de la biodiversité de profiter du savoir acquis par ce résident du secteur Saint-Grégoire et employé du Centre depuis quatre ans.

«Ça peut être beau, une bibitte!», s’exclame Jacob Boisclair, pointant plusieurs de ses spécimens. Et à regarder de plus près, force est d’admettre qu’il a raison. La nature propose une diversité qui étonne.

«Il y a des insectes d’ici et d’ailleurs dans l’exposition», poursuit l’entomologiste amateur, qui a ajouté à sa collection des spécimens exotiques, principalement en provenance de l’Amérique du Sud. «Tout ce qui est au mur vient d’ici. C’est moi qui les ai attrapés. Sur la table placée devant, ce sont les spécimens achetés.»

Plus loin, sur trois autres tables, l’exposition présente des spécimens vivants: des insectes, des arachnides et des crustacés. La plupart appartient au Centre de la biodiversité. «On a réalisé quelque chose de bien!», s’enthousiasme Jacob Boisclair à propos de l’exposition, nommée «Arthropodarium».

Éleveur de mantes religieuses et de papillons

Jacob Boisclair se réjouit de pouvoir faire découvrir aux gens, par le biais de cette exposition, cet univers méconnu «mais tellement fascinant!». Un univers qui fait partie depuis des années de son quotidien, lui qui a comme animaux de compagnie «des lézards, des grenouilles, des insectes et plein de poissons», énumère-t-il.

Il y a deux ans, d’ailleurs, sa passion est passée à un niveau encore supérieur: il a commencé à élever des mantes religieuses à la maison. «C’est un insecte que j’aime beaucoup», justifie-t-il, tout simplement.

«Ce n’est pas facile, mais je fais ça pour le plaisir. Une fois l’accouplement réalisé, la femelle mange le mâle. Puis, elle pond ses œufs. Ils éclosent au printemps. Ça donne des mini-mantes religieuses qu’il faut nourrir avec des mouches à fruits. Elles grossissent jusqu’à l’adolescence. Une fois rendues adultes, elles sont plus faciles à garder; on les met dans un terrarium et on leur donne des grillons», explique le passionné, estimant à une quarantaine de dollars la valeur de chaque individu produit.

Cet été, il se lance dans l’élevage de papillons. «Je me suis construit une volière sur mon terrain», lance-t-il tout bonnement. Au moment de l’entrevue, il songeait à élever quelques spécimens, notamment des papillons-lune, des papillons du céleri, des piérides du chou, des coliades du trèfle et des polyphèmes d’Amérique. «Je veux aussi élever le plus gros papillon du Québec, c’est-à-dire le cécropia.»

Ses spécimens pourraient trouver preneur assez facilement, estime-t-il, étant donné que des écoles en achètent pour faire éclore les cocons. Une expérience très prisée des enfants.

 

 

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