La FCCQ s’inquiète du déclin économique des régions     

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Par Bernard Lepage
La FCCQ s’inquiète du déclin économique des régions     
Kathy Megyery note que si on ne compte que sur la croissance démographique, le déficit de main-d'œuvre en région ne sera jamais comblé.     (Photo : Bernard Lepage)

IMMIGRATION. Qualifié de gouvernement d’entrepreneurs par les commentateurs politiques, le gouvernement Legault «a un agenda économique très sérieux qui va dans la bonne direction» mais qui doit revoir sa politique en matière d’immigration et améliorer son Programme de l’expérience québécoise (PEQ) pour les travailleurs étrangers temporaires.

C’est l’analyse exposée par Kathy Megyery devant les gens d’affaires locaux rassemblés au DigiHub le 18 février dernier. La vice-présidente Stratégie et affaires économiques de la Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ) était de passage à Shawinigan pour présenter le plus récent livre blanc de l’organisme intitulé «Pour des régions économiquement dynamiques».

Fruit de rencontres avec au-delà de 150 entrepreneurs et intervenants socio-économiques en région, le document rejoint plusieurs constats déjà relevés par le gouvernement caquiste, comme les problèmes de rareté de la main-d’œuvre et de la sous-productivité des Québécois, mais propose des pistes de solution jusque-là écartées par les ténors économiques de l’équipe de François Legault.

«On observe une décroissance économique marquée en région contrairement aux régions métropolitaines. Et pour la première fois, le développement économique ne passe plus par la croissance démographique», s’alarme Kathy Megyery.

Dans ce contexte, limiter le seuil d’immigration annuel à 40 000 étrangers au Québec est un non-sens, d’autant plus que les villes de Montréal, Québec et Gatineau accaparent à elles seules 93% de ces nouveaux arrivants. «Il faut remonter ce nombre à plus de 60 000 et s’assurer de bien les intégrer et de les emmener en région», poursuit-elle.

Faire en sorte que les Québécois demeurent plus longtemps sur le marché du travail est une autre avenue à explorer. «En augmentant de 10% le bassin de main-d’œuvre de 60 à 64 ans, ce qui nous permettrait de rattraper l’Ontario, nous aurions un afflux de 90 000 nouveaux travailleurs», note la vice-présidente de la FCCQ, relevant au passage qu’il en manque présentement 140 000.

 Le CEADS cité en exemple

Kathy Megyery souligne aussi que le Québec traîne de la patte en matière d’investissement dans la main d’œuvre et les équipements. «Nous affichons présentement un écart de 9% avec l’Ontario en terme de productivité. Malgré cela, nous constatons une baisse de 2% (15% à 13% du PIB) des investissements entre 2012 et 2017. Dans un contexte de rareté de main-d’œuvre, c’est pourtant à ce moment qu’on doit moderniser nos chaînes de production», soulève-t-elle.

La vice-présidente de la FCCQ a cité mise sur pied du Centre d’entrepreneuriat Alphonse-Desjardins de Shawinigan (CEADS) comme un exemple à suivre pour les régions.  «Voilà un bon maillage entre les milieux de l’éducation, de la recherche et du privé à reproduire.»

Si le concept de zones d’innovation récemment dévoilé par le gouvernement soulève les félicitations de la FCCQ – et dans lequel la Ville de Shawinigan veut se positionner dans le créneau de la mobilité durable – l’idée de centraliser l’ensemble des achats gouvernementaux sous un seul chapeau, le Centre d’acquisition gouvernementale, récolte des bémols. «La politique du plus bas soumissionnaire n’est pas une bonne idée. Ça désavantage les petites entreprises en région qui n’ont pas la masse d’échelles pour concurrencer les plus gros. Le gouvernement ne devrait pas juste se baser sur le prix, mais faire intervenir d’autres facteurs comme l’innovation, l’environnement, les solutions durables», termine Mme Megyery.

 

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