La caverne d’Ali Baba de Sainte-Perpétue

La caverne d’Ali Baba de Sainte-Perpétue

:Une dizaine de galeries d'art à travers le Canada font la promotion des tableaux de Robert Roy. Or, ses plus beaux se trouvent non loin de chez nous: dans son atelier de Sainte-Perpétue, que l'on peut visiter.

Crédit photo : (Photo Marie-Eve Veillette)

Escale à l’atelier du peintre Robert Roy

CHRONIQUE. En septembre dernier, le peintre Robert Roy m’a accueillie dans son atelier de Sainte-Perpétue. En y mettant les pieds, j’ai figé quelques secondes. Mes yeux ne pouvaient s’empêcher de fixer ce qui se révélait à eux: trois paliers ouverts sur des œuvres d’art aux couleurs vibrantes et poignantes. C’était un peu comme entrer dans la caverne d’Ali Baba!

On s’est installé au salon, aménagé en plein cœur de l’immense atelier. Je venais l’interviewer sur un sujet en particulier, mais en cours de route, on a exploré toutes sortes de sentiers fascinants. Robert Roy n’a pas la langue dans sa poche et ça donne lieu à des conversations riches… et colorées!

Il ne faut pas grand temps pour comprendre que le peintre est un grand passionné dans toutes les sphères de sa vie. Ça transparaît dans son travail, mais aussi dans ses propos.

Il ne passe pas par quatre chemins pour exprimer sa pensée.

Il était heureux que j’entre dans son atelier, qu’il ouvre au public avec plaisir et fierté depuis nombre d’années. Mais malheureusement, trop peu de gens osent le visiter, déplore-t-il. «Les gens devraient venir voir les artistes dans leur atelier-galerie. Il y a de beaux moments qui peuvent s’y vivre!»

C’est d’ailleurs en osant franchir le seuil de l’atelier de Rodolphe Duguay qu’il est lui-même devenu peintre, raconte-t-il. «J’avais 18 ou 19 ans. Quand j’ai vu et touché la peinture, quand j’ai compris ce que ça pouvait procurer à celui qui la fait, j’ai su que ça deviendrait mon métier.»

Le plaisir de peindre

Il y a déjà 40 ans que Robert Roy manie les pinceaux et les crayons et à l’entendre parler, c’est comme s’il n’avait jamais travaillé! «Je m’amuse. Les gens me demandent souvent pourquoi je fais ça. Je n’ai pas la réponse. Je pense que si tu sais pourquoi tu fais quelque chose, un jour, tu vas ralentir et tu ne le feras plus.»

Actuellement, l’artiste réalise en moyenne trois tableaux par semaine, en plus de quelques dessins. Humblement, il confie que ses tableaux ne sont pas tous bons. Mais qu’est-ce qu’un bon tableau à ses yeux? «C’est un tableau qui a du torque; qui se révèle quand tu le regardes.»

Pour réaliser un «bon» tableau, Robert Roy doit plonger dans son sujet. «Plus je m’intègre à mon sujet, plus j’y injecte de l’amour, plus ça va frapper. Quand tu dessines, il faut laisser évoluer les choses. Si tu fais ton sujet sans t’occuper de comment tu le fais, il va y avoir une couleur intéressante dans le résultat.»

Il se laisse aussi guider par l’inspiration du moment et, surtout, il s’imprègne de l’énergie qu’il perçoit autour de lui: «Elle se transmet dans le tableau avec les coups de pinceaux. Tu sais, ça vibre, un tableau… Et quand on prend le temps de le regarder, on perçoit dans quel état était l’artiste quand il l’a fait.»

Sur ce point, Robert Roy est catégorique: un artiste-peintre ne peut pas berner son public. «Tu peux essayer de cacher tes émotions à travers les couleurs mais à un moment donné, ça transparaît quand même. C’est ton état d’esprit qui te guide.»

Il se donne lui-même en exemple: «Quand j’ai perdu mon garçon [en 2015], mes peintures ont monté d’une coche en luminosité. Il avait 33 ans. Il a eu un trouble au cœur et sa vie s’est arrêtée là.»

Un sujet qu’il aborde avec résilience, en bonne partie grâce à un virage spirituel amorcé deux ans avant ce tragique événement.

Travailler pour Marie

Il raconte que lors des funérailles du père d’un ami, il s’est intéressé à une statue de la Vierge Marie et il s’est mis à la dessiner.

Par la suite, il a amorcé un genre de pèlerinage qui l’a mené devant neuf autres statues d’elle, dispersées un peu partout au pays, et même en France. Son objectif était de dessiner la sainte à dix reprises, pour produire un cahier qui se voudrait apaisant et réconfortant.

«J’ai terminé mon dixième dessin le jeudi. Mon fils est mort le vendredi. Ironiquement, le premier qui a profité de ce travail, c’est moi», souligne celui qui a créé un fonds spécial pour pouvoir distribuer son cahier gratuitement à quiconque traverse une période difficile.

Des histoires fascinantes, Robert Roy en a plein à raconter; en mots comme en images. Une escale à son atelier s’impose, ne serait-ce que pour mettre un peu de couleur dans nos yeux. Oserez-vous y entrer?

 

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jean laplante

Oui Robert est un être, un ami et un peintre peu commun. Il vit vraiment tout ce qu’il pense et tout ce qu’il peint.

La caverne d’Ali Baba c’est super. C’est un peu comme un abbaye.