Impuissant et ignorant

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Par Rédaction - Le Courrier Sud
Impuissant et ignorant
Des investissements ont été réalisés depuis cinq ans chez ABI.

LETTRE OUVERTE. Demandez au maire de Bécancour de vous faire un portrait de l’industrie métallurgique et, de façon plus précise, de l’industrie de l’aluminium, particulièrement ABI.

La capacité nominale de l’usine, le tonnage produit par rapport à cette capacité, les inventaires mondiaux, le prix applicable aux différents produits et alliages qu’ABI fabrique y incluant les différentes primes dont la prime Mid-West.

Demandez au maire quels furent les investissements faits chez ABI dans les cinq dernières années à la sous-station électrique de l’usine, au scellement des anodes, à la fonderie, à la captation de l’usine, à l’électrolyse. Il s’agit d’investissements qui avoisinent les 100 millions de dollars. Tous ces investissements ne peuvent se déménager et ont été faits justement pour assurer la pérennité de cette usine.

Demandez au maire quels sont les parts votantes et décisionnelles des deux propriétaires dans la convention des actionnaires? Quelle entente entre ABI et Hydro-Québec pour le prix du kw/h et les interruptibilité? Quels sont les coûts de production de la tonne chez ABI et les comparables dans le monde? Pouvez-vous nous expliquer le fonctionnement de Alcoa depuis que celle-ci s’est scindée en deux compagnies distinctes (Arconic, Alcoa)? Avez-vous faits quelques démarches que ce soit auprès du syndicat pour vous informer des écarts qui existaient au moment du lock-out?

Peur, peur, peur!

Voilà ce que le maire laisse planer. Il s’agit du seul acteur politique qui, depuis le début de la négociation, laisser planer à la population, aux résidents et aux travailleurs, la fermeture…

Pour avoir rencontré le maire de Bécancour, le 22 novembre dans les locaux de la mairie, celui-ci m’avait à ce moment avoué qu’il avait peur qu’ABI tire la plogue et aille investir ailleurs. J’ai réalisé à ce moment précis qu’il était inutile de poursuivre les discussions avec celui-ci compte tenu de l’ignorance du maire, tant au niveau des enjeux que sur le fonctionnement d’une aluminerie.

Pourquoi parler de fermeture alors que le prix des actions d’Alcoa sont à leurs plus haut niveau depuis des années? Pourquoi parler de fermeture lorsque le prix d’une tonne d’aluminium est en hausse de 700$US la tonne métrique. Comme vous le savez sûrement, nous produisons 445 000 tonnes métriques par année.

Faites le calcul, M. le maire. Depuis 2011, les coûts de main-d’œuvre ont diminué de 25% chez ABI, en raison du taux de change. Pourquoi parler de fermeture alors que ABI n’a jamais demandé d’aide de quelque nature que ce soit (prêt, subvention ,etc).

À force de brandir l’épouvantail de la fermeture, vous perdez de la crédibilité, puisque, semble-t-il votre connaissance du dossier est très limitée.

Je ne veux pas mêler les dossiers. Vous avez administré certains dossiers municipaux comme un bon père de famille. Par contre, nous sommes en mesure de constater votre impuissance et votre ignorance en ce qui a trait aux enjeux de cette négociation.

 

Mario Therrien

Résident de Bécancour

31 ans d’ancienneté chez ABI

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Raymond Cormier
Raymond Cormier
3 années

Au risque de passer pour un ignorant aux yeux de monsieur Therrien, moi aussi, comme le maire de Bécancour, j’ai peur de la fermeture d’ABI.

Selon monsieur Therrien, qui semble en connaître beaucoup sur les intentions futures de cette compagnie (au fait, avait-il prévu le lockout en cas de refus de leur offre ?) cette dernière fait trop de profits et a trop investi pour fermer cette usine. À preuve, il avance l’investissement de 100 millions réalisés dans les 5 dernières années.

100 millions c’est beaucoup mais cela ne représente que 4 centièmes de 1 % de leur actif immobilier de 22 500 millions ! Autrement dit une « peanut » pour eux.

Moi ça me fait peur parce que je me rappelle de Norsk Hydro qui a rasé son usine de Bécancour non parce qu’elle n’était pas rentable mais bien parce qu’il était encore plus rentable pour eux de la fermer.

Autre exemple beaucoup plus local: la caisse Godefroy avait investi plusieurs dizaines de milliers de dollars dans son centre de service de Bécancour l’année avant sa fermeture. Pourtant elle l’a fermé, non parce qu’il n’était pas rentable mais bien parce qu’il était encore plus rentable pour eux de tout déménager à Saint-Grégoire. Et le fait de vendre la bâtisse à rabais 202 500$ pour une évaluation de 492 000$ (au syndicat des Métallos ABI ) n’a pas joué du tout dans leur décision.

Le maire de Bécancour a été élu par ses concitoyens et j’estime qu’il a tout à fait le droit d’avoir peur que cette usine ferme, compte tenu des impacts financiers importants pour la ville et l’ensemble des citoyens. Si la peur est le début de la sagesse, je souhaite seulement que les deux parties en cause tant ABI que le syndicat aient également assez peur pour avoir la sagesse de signer une entente où les deux parties seraient gagnantes.

Raymond Cormier
Retraité
Bécancour

Stev Marcotte
Stev Marcotte
3 années

Belle lettre mon Mario. Fier de toi collègue. So so so Solidarité ✊✊✊

Stev Marcotte
Stev Marcotte
3 années
Répondre à  Stev Marcotte

M. Cormier,
Vous ne savez pas de quoi vous parlez. Vous déblatérez sur des y parrait ou des ça l’air que. Notre usine N est pas un ouï-dire, elle existe, performe et assure un max dans le monde. Soyez gentil, si bous ne connaissez pas le dossier dans son entièreté, abstenez-vous.