Un important soutien pour les lockoutés d’ABI

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Par Sebastien Lacroix
Un important soutien pour les lockoutés d’ABI
Les travailleurs du Syndicat des employés national d'Arvida ont été accueillis à bras ouvert à l'ABI. (Photo : Sébastien Lacroix)

SOLIDARITÉ. Près d’une semaine après le retrait de l’offre patronale, les travailleurs de l’aluminerie de Bécancour ont reçu le plus important soutien depuis le début de conflit.

Le Syndicat des employés de l’aluminerie d’Arvida sont venus leur prêter main-forte avec en main une contribution récurrente de plus ou moins 22 000$ par semaine tout au long du conflit.

C’est-à-dire 10$ par travailleur. Un montant qui est doublé par le Syndicat national des employés de l’aluminium d’Arvida (section Unifor).  Il est aussi appelé à augmenter puisque des embauches se font à l’usine.

Pour les lockoutés de l’ABI, c’est donc un montant de 22$ par semaine qui s’ajoutera à leur secours de grève. Déjà, au-delà d’une quarantaine de centrales syndicales ont appuyé les travailleurs depuis le déclenchement du conflit de travail.

«Le nerf de la guerre, c’est l’argent», a souligné Alain Gagnon, le président du Syndicat national des employés de l’aluminium d’Arvida (SNEA). Le rêve serait d’accoter votre salaire net pour les maintenir et de les (l’employeur) ramener à la table.»

Le SNEA est bien au fait de la situation chez ABI. Il s’agit d’un syndicat qui est en quelque sorte le «cousin» de celui de Bécancour. Puisque c’est cette unité syndicale  qui était venue aider les travailleurs de Bécancour à se syndiquer au sein de la défunte Fédération des Syndicats du Secteur de l’Aluminium (FSSA). De plus, les deux usines fonctionnent selon la même technologie.

«Il faut médiatiser ce qui se passe, a lancé Alain Gagnon. Il y a des solutions qui existent. Ils ne se sont pas enlevé les doigts de dans le nez. Ils ont laissé monter une boule dans lequel il y avait de nombreux postes promotionnels. Là on est pris en 2018 et vous êtes pris pour charger les 200 ou 300 jobs qu’il faut remplacer et ils veulent une chaise dans un trou.»

«On l’a fait nous autres et on a laissé ça à nos plus vieux. C’est le respect de l’ancienneté, qu’il faut. C’est indissociable pour notre monde, a-t-il poursuivi. Ça se fait sur papier de dire monsieur X, madame Y: on vous donne le poste et quand il est formé tiens prend le trou. C’est à toi. C’est ta job. T’as 30 ans. Ça t’appartient. Puis, le «vert», il ira sur les jobs d’entrées. Ça, c’est de la bonne foi.»

Plus d’argent à venir pour les travailleurs

«Le nerf de la guerre, c’est l’argent»

Le secours de grève de 500$ par semaine auquel a droit chacun des syndiqués depuis le 11 janvier dernier doit d’ailleurs être augmenté au cours des prochains jours. «Une annonce sera faite demain», a lancé le président du Syndicat, Clément Masse.

«Si ça continue, il y aura une autre augmentation plus tard. Ils ne nous affaibliront pas financièrement», a-t-il lancé sous les applaudissements d’une foule de travailleurs gonflés à bloc.

«On va durer le plus longtemps qu’il le faudra, mais ce n’est pas notre objectif. C’est de ramener notre employeur à la table pour finir la négociation», a commenté Clément Masse en point de presse.

«Nous ne voulons pas entrer dans une guerre d’usure, a-t-il continué. Ce que l’on veut démonter, c’est que la solidarité des travailleurs au Québec n’a pas de limite. Ce n’est pas en essayant de casser le syndicat ou de nous affaiblir financièrement qu’ils vont régler le conflit.»

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