Groupe «J’ai eu la COVID-19» : un an et 10 000 abonnés plus tard

Manon Toupin - La Nouvelle Union
Groupe «J’ai eu la COVID-19» : un an et 10 000 abonnés plus tard
Julie Breton (Photo : courtoisie)

RÉGIONAL. Le 27 avril marquera le premier anniversaire du groupe Facebook appelé «J’ai eu la COVID-19 témoignages, soutien, experts et info. très fiables», fondé par la Centricoise Julie Breton. À ce jour, il compte plus de 10 000 membres et continue de répondre aux questions sur cette maladie.

Julie n’en revient tout simplement pas de constater que ce groupe, qu’elle a créé afin de se rassurer et obtenir des réponses à ses questions sur la maladie qui commençait à cette époque à se répandre partout dans le monde, perdure et a toujours son utilité.

«La COVID-19 nous met tous sur un pied d’égalité, partout dans le monde», fait-elle remarquer. Pas étonnant d’ailleurs que son groupe accueille autant de gens et que ceux-ci proviennent d’un peu partout à travers la francophonie. Pour être plus précis, 66 pays différents y sont représentés. La majorité des membres est du Canada, mais on en recense également de la France, la Belgique, le Maroc ou la Tunisie, pour ne nommer que ceux-là.

Depuis une année, Julie s’est affairée à faire grandir son groupe, mais également à lui inculquer une certaine renommée. Il est maintenant reconnu pour les bonnes valeurs qu’il véhicule grâce à son administratrice, mais aussi à ses membres qui s’attendent désormais à un certain niveau. «C’est un groupe d’entraide, de solidarité, de bienveillance», insiste-t-elle.

Mais c’est également un bon reflet de la société et surtout des questions qui évoluent, en même temps que la maladie. Parce que si au départ les gens publiaient des questions sur les tests ou symptômes, avec les mois les sujets ont changé. On y parle davantage, ces temps-ci, de vaccination, mais également de COVID long, un aspect de la maladie dont on a moins d’informations, en général.

«C’est un groupe très actif. Au cours du dernier mois, il y a eu 405 publications», explique-t-elle. Cela fait une moyenne de 100 publications hebdomadaires qui sont toutes lues avant d’être rendues publiques. Et des membres inscrits, 94% sont toujours actifs, ce qui est un excellent taux de rétention.

On y vient pour lire les interventions des autres, mais aussi pour témoigner de la maladie et de ses effets. Certains posent des questions et, souvent, Julie fait appel à des experts du groupe (cardiologue, virologue, experts en mesures sanitaires, pharmacien, etc.) pour y répondre. «On voit dans le groupe les préoccupations des gens. Par exemple, parfois, ils sont plus inquiets, ce qui fait que quand les vagues s’annoncent, on le sent», a-t-elle remarqué.

Même que le groupe sera une bonne référence, lorsque tout ça sera terminé, pour raconter l’histoire de cette maladie, qu’il s’agisse de la forme asymptomatique ou du COVID long (que certains ne reconnaissent pas encore). «On y retrouve tous les visages de la COVID-19», note-t-elle.

Parlant du COVID long, Julie se souvient qu’elle en a entendu parler pour la première fois en juillet dernier, provenant d’un internaute de la France. «Ils étaient rendus là à ce moment. On aurait dû s’en inspirer», déplore-t-elle. La créatrice du groupe constate également qu’au Québec, il y a beaucoup de chemin à faire pour aider les patients atteints de la forme longue de la maladie.

Une facilitatrice

Même après une année à administrer le groupe, Julie Breton ne se considère pas comme une spécialiste de cette nouvelle maladie, même si elle a vu passer une multitude de publications sur le sujet. «Non, moi mon rôle c’est d’être une facilitatrice. Je fais des transactions, j’accepte des demandes, vérifie les publications, tague les experts. J’ai créé un espace et des liens entre les gens», indique-t-elle simplement.

Mais son groupe est bien davantage que ça. Il s’agit d’une communauté où les utilisateurs en viennent à se connaître et s’apprécier. «Il y a beaucoup de solidarité humaine. Ce n’est pas que de l’information. Pour des gens, c’est un endroit où ils se sentent moins seuls et qui leur fait du bien», confie-t-elle.

C’est en grande partie grâce à son travail de modératrice que le groupe Facebook est reconnu pour le respect de tout un chacun. Un endroit virtuel où il n’y a pas de débordements.

Une année plus tard, il a encore sa raison d’être et continue de faire la fierté de sa créatrice (qui a d’ailleurs été finaliste pour un coup de cœur à l’émission de Julie Snyder il y a quelques mois). Elle ne sait pas trop où tout cela mènera, mais continue d’y mettre tout son cœur. «Je n’ai jamais pensé lâcher, même s’il y a eu des moments difficiles», indique-t-elle. Bien entendu, lire constamment des témoignages de gens malades peut devenir lourd, mais elle continue d’y mettre tous les efforts nécessaires pour aider les membres. Et ceux-ci l’encouragent souvent à continuer avec des bons mots ou des remerciements. «Je me sens utile et je vois que ça répond à un besoin. Donc mon souhait du départ se réalise», termine celle qui, en plus de gérer le groupe, est enseignante.

Toute l’expertise accumulée depuis une année, dans la création et la gestion de groupe Facebook, Julie pourrait bien vouloir la partager. Cela pourrait prendre la forme de consultante afin d’aider d’autres personnes qui voudraient aussi avoir un groupe bien géré. Déjà, ses connaissances dans le domaine lui ont permis d’obtenir quelques contrats, notamment avec Chantal Lacroix.

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