Frères de sang et de combat

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Par Marie-Ève Veillette
Frères de sang et de combat
Devant: Martin Houle, directeur du Service incendie de la paroisse de Saint-Célestin. Derrière: ses frères Michel et Jean-François. (Photo : Marie-Eve Veillette)

SAINT-CÉLESTIN. C’est l’appel du défi qui a incité Michel, Martin et Jean-François Houle à s’enrôler comme pompiers à temps partiel à la caserne de Saint-Célestin Paroisse. Les jeunes hommes qu’ils étaient à l’époque ignoraient alors que les années fileraient à toute allure et que, 15 ans plus tard, le défi les allumerait encore autant…

Le 6 mars 2006, les trois frères font leur entrée officielle au sein de cette brigade, née le même jour. Les fils d’André Houle et Danielle Jutras ont alors respectivement 20, 23 et 25 ans. «On était parrainé par le Service incendie de Saint-Wenceslas. C’est lui qui avait sélectionné les futurs pompiers et qui avait aidé la paroisse à mettre sur pied son propre service incendie», raconte Jean-François Houle, qui en deviendra, trois ans plus tard, le premier directeur.

«On est devenu un service incendie à part entière en 2009. Avant ça, on n’était pas autonome. On avait seulement un camion-citerne. On pouvait apporter de l’eau mais pas faire d’attaques sur un bâtiment. On donnait un coup de main à la brigade de Saint-Wenceslas en même temps qu’on apprenait.»

Les frères Houle avaient vu l’appel de candidatures lancé à l’époque par la paroisse et  étaient curieux d’en savoir plus. «Beaucoup de personnes se sont présentées à la soirée d’information. Sept ont été retenues. Ce n’était pas assez pour former une brigade, alors il y a eu un autre appel et quatre autres personnes se sont jointes à nous.»

Aujourd’hui, la brigade compte 16 pompiers à temps partiel. Près du tiers sont en poste depuis la première année.

Les débuts

Le premier appel officiel reçu par la nouvelle brigade concernait un Winnebago renversé sur l’autoroute 55. Il a suscité une bonne dose d’adrénaline… qui revient d’ailleurs au galop à chaque appel! «Le thrill est encore là», confirment les trois frères.

«Les premières années, on était un peu « cowboys ». On était en formation et on se pitchait un peu partout. Heureusement, le Service incendie de Saint-Wenceslas nous avait pris sous son aile. On allait sur tous ses appels pour prendre de l’expérience. Le chef, Robert Comeau, nous montrait et nous expliquait en direct ce qu’on apprenait dans les cours.» Ç’a été payant: «Maintenant, l’expérience parle».

Martin a pris la relève de son frère aîné comme directeur du Service incendie de Saint-Célestin en 2014. Il occupe encore ce poste. Jean-François est capitaine. «On a inversé nos rôles», sourient-ils. La raison? Jean-François, un maître électricien, souhaitait démarrer son entreprise alors que Martin perfectionnait sa formation comme préventionniste (il est préventionniste à la MRC de Nicolet-Yamaska). Le transfert des responsabilités allait de soi, disent-ils.

Pour sa part, Michel ne vise pas plus de responsabilités au sein de la brigade. Il se plaît comme pompier et consacre beaucoup d’énergie à la ferme familiale, dont il a pris la relève en 2010.

Esprit de famille

L’esprit de famille est une valeur bien campée chez les Houle et il déteint par la bande sur l’ensemble de la brigade: «Le service incendie est comme une grande famille. On a une belle gang. On est tous des passionnés».

Cette chimie facilite les interventions. «On se connaît. On met les forces de tous à contribution. On est aussi capable de voir que notre collègue ou notre frère a travaillé fort et qu’il a besoin d’une petite période de repos. On va généralement le relayer avant même qu’il ait besoin de le proposer.»

Chaque intervention est suivie d’un débriefing. Celui-ci permet de cibler les points à améliorer et les bons coups. «Ça aide à l’esprit d’équipe.»

Ça aide aussi à devenir meilleur; un aspect non négligeable alors que le métier de pompier est en constante transformation. «Les tactiques et techniques d’intervention changent. Par exemple, lors d’un incendie, une maison peut s’écrouler après 10 minutes alors que dans les années 1960, elle restait debout plus longtemps. Ça s’explique par les nouveaux matériaux de construction. On doit être à l’affût. Même chose lorsqu’on intervient sur un accident avec les pinces de désincarcération: il y a de nouveaux types de véhicules, que ce soit électriques ou au propane. On ne peut pas improviser.»

Sans compter que le mandat des pompiers ne se limite pas à éteindre des feux ou à intervenir comme premiers répondants en cas d’accident. «On est aussi dans la sécurité civile en général. Par exemple, on peut devenir des bûcherons lors de périodes de grands vents pour dégager des chemins ou des voies ferrées. On fait aussi de la prévention et de la représentation.»

Pour pouvoir bien jouer leurs rôles, les pompiers assistent régulièrement à des formations. Ils ont également une pratique mensuelle. «C’est une bonne responsabilité. On a tous un autre emploi, alors ça se passe les soirs et durant les fins de semaine. Il faut que ta famille t’appuie là-dedans.»

Les trois frères, qui sont tous des pères de famille, bénéficient de cet appui. Heureusement, puisque Michel, Martin et Jean-François Houle entendent poursuivre longtemps leur implication au sein du service incendie de la paroisse de Saint-Célestin. «On n’est pas près d’arrêter! On est en santé, alors on se souhaite au moins 15 autres années!»

 

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