Festival Pop de Manseau: au-delà du flop

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Par Stéphanie Paradis
Festival Pop de Manseau: au-delà du flop
Le Woodstock Pop Festival de Manseau, de l'historien Jacques Crochetière.

MANSEAU. Le Woodstock Pop Festival de Manseau de 1970, aussi connu sous le nom du Festival du flop, a marqué l’imaginaire québécois. Malgré la réputation de celui-ci, on ne manquera pas l’occasion de souligner son 50e anniversaire le 27 septembre prochain.

Jacques Crochetière, historien et co-organisateur de l’événement, raconte qu’une partie des résidents de Manseau tente d’éviter d’aborder le sujet du Festival Pop. «L’objectif que j’avais avec le maire, c’était de dire aux gens de Manseau: « Revenez-en! » Manseau a été, durant tout l’été 70, au cœur de l’actualité au Québec, l’événement socioculturel de l’année 70 au Québec. Manseau a même été mentionnée dans la revue américaine Billboard!», argumente M. Crochetière. Il ajoute que c’est ce qu’on devrait se rappeler et que les gens ne devraient pas seulement considérer l’image de l’échec.

Organisateurs associés à la mafia montréalaise, groupes inconnus qui ne seront jamais payés, longues périodes sans musique, musiciens qui menacent de quitter les lieux sans jouer, terrains mal clôturés et sans installations sanitaires, émeute imminente; ce n’est qu’une partie de ce qui justifie l’appellation de «flop» pour le Festival Pop de Manseau.

«Ce que les organisateurs voulaient faire, d’abord et avant tout, c’était de couper l’herbe sous le pied des organisateurs du Festival Pop de Sainte-Croix-de-Lotbinière», explique Jacques Crochetière. En effet, les organisateurs du Festival de Manseau ont voulu tout organiser en une cinquantaine de jours, en planifiant leur événement une semaine avant celui de leurs concurrents. Ce dernier rappelle d’ailleurs que le gouvernement a annulé le festival de Sainte-Croix-de-Lotbinière après avoir constaté ce qu’avait engendré celui de Manseau, à une semaine d’avis seulement.

«Le seul bon coup que les organisateurs de Manseau on fait, à mon avis, c’est qu’ils sont allés chercher Michael Lang, l’organisateur de Woodstock des États-Unis, comme conseiller. Le fameux Michael Lang a non seulement participé à une conférence de presse à Montréal, mais il était à Manseau le vendredi soir du festival. Le pauvre homme s’est aperçu, rendu à Manseau, que ça n’avait pas de bon sens et que c’était bric-à-brac», ajoute l’historien.

C’est justement tous ces éléments qui soulèvent la curiosité et qui a fait la notoriété du Festival de Manseau, festival pour lequel les Mansois ne sont en fait aucunement responsables des conséquences. «Comment voulez-vous que les gens de Manseau sachent qu’ils se faisaient piéger si les gens du gouvernement du Québec ne l’avaient pas vu», souligne M. Crochetière.

En effet, l’historien raconte que le gouvernement de Robert Bourassa a décidé de ne pas bloquer le festival, mais d’envoyer la Sûreté du Québec. Sur place, 225 policiers, des fourgons de pénitencier, des motos, des hélicoptères et des voitures de police se tenaient prêts à réagir.

Double lancement pour le 50e anniversaire

Le 27 septembre sera l’occasion pour Jacques Crochetière de lancer son livre Le Woodstock Pop Festival de Manseau, ainsi que pour Dany Fecteau de présenter en exclusivité son documentaire Woodstock sans bon sens. Alors que M. Crochetière présente dans son livre des coupures de presse et plus d’une centaine de photos exclusives du Festival, M. Fecteau a quant à lui recueilli des films dans différentes archives de postes de télévision, contenant des images du Festival ainsi que des témoignages de festivaliers.

Jacques Crochetière a été interpellé par Guy St-Pierre, maire de Manseau. Pour son livre, l’historien a dépouillé tout ce qu’il y avait de journaux afin d’écrire un livre sur ce qui se cache derrière le festival. «L’idée derrière ça était de remettre les choses en perspective», raconte l’auteur.

Les activités se dérouleront à l’extérieur du Centre communautaire au 655 rue Sainte-Marie, à Manseau. Les participants sont invités à apporter leurs masques, des chaises pliantes et des couvertures.

Uniquement pour cette journée, le livre sera disponible sur place au prix exceptionnel de 30 $. L’histoire du festival est publiée aux Éditions GID et  sera également disponible dans les librairies.

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