Ferme Ste-Sophie : les petits-fils de Rosario Beaudet veulent travailler

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Par Stéphane Lévesque | Initiative de journalisme local
Ferme Ste-Sophie : les petits-fils de Rosario Beaudet veulent travailler
"On a décidé de travailler ensemble. On se sert les coudes les Beaudet" - Jonathan Beaudet (Photo : Stéphane Lévesque)

AGRICULTURE. Bien plus qu’un projet d’investissement de près de 60 M$, c’est le droit de vivre d’une terre qui comptait dix vaches au moment de son achat par leur grand-père Rosario en 1954 que ses petits-fils sont venus signifier lors de la séance du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE). Une rencontre qui s’est tenue le 11 février à Sainte-Sophie-de-Lévrard à laquelle une trentaine de personnes ont participé.

«C’est un projet de relève agricole que l’on présente ce soir. À la base, on est trois frères, moi, Roger et Gaétan. Il y a six jeunes à qui on veut passer le flambeau que nous a légué notre père. Pour faire vivre six autres familles de la terre, ça prend des revenus. C’est pour cela que l’on veut augmenter notre cheptel», explique Jean-Guy Beaudet, l’un des copropriétaires de la Ferme Ste-Sophie qui se réjouit de voir qu’il n’y a pas de problème de relève agricole dans sa famille.

Comme ses frères et ses cousins, Jonathan Beaudet, l’un des petits-fils de Rosario, désire ardemment, lui aussi, continuer à être agriculteur comme l’est son père Roger. «On veut vivre de ça et que nos enfants puissent le faire aussi. Ça serait la quatrième génération. C’est une fierté de pouvoir reprendre ça. Mais pour cela, il ne faut pas avoir de bâtons dans les roues pour qu’on puisse s’épanouir», souligne-t-il en étant conscient qu’il y a des normes environnementales à respecter.

«Au Québec, on a le processus du BAPE mais chez nos voisins ontariens qui produisent le même lait canadien que nous, ils n’ont pas autant de limites», rapporte Jonathan Beaudet. «On ne doit pas pouvoir faire n’importe quoi mais il devrait y avoir une harmonisation des normes», acquiesce Jean-Guy Beaudet en notant au passage les couts importants et les délais associés à la manière québécoise de faire les choses.

Rappelons que le projet d’augmentation du cheptel laitier de la Ferme Ste-Sophie permettrait de passer de 625  vaches laitières et de 435 animaux de relève à 1600 vaches laitières et à 1600 animaux de relève d’ici 15 ans. D’un coût total estimé à 59,5 M$, les investissements des propriétaires de l’exploitation agricole qui pourraient s’amorcer dès l’an prochain permettraient de créer 10 emplois tout en consolidant ceux déjà existants.

Notons également, comme c’est le cas dans ce type de projet, les personnes qui le souhaitent peuvent demander l’examen public d’un projet au ministre responsable de l’Environnement pendant la période d’information publique. La date limite pour le faire est le 27 février.

Si le ministre n’a pas reçu de demande de consultation publique ou de médiation jugée recevable, le rôle du BAPE prend fin et le Ministère poursuit son analyse environnementale du projet. Si c’est le cas, le ministre transmet à l’organisme les demandes de consultation jugées recevables. Le BAPE lui recommande, dans les 20 jours suivant la fin de la période d’information, le type de mandat qui devrait lui être confié.

Par la suite, le BAPE fait ses recommandations au ministre responsable de l’Environnement. Rappelons que cette organisme n’a pas le pouvoir d’autoriser ou de refuser un projet. Il appartient au ministre responsable de l’Environnement, Benoit Charrette, de formuler ses recommandations au gouvernement, qui prend la décision finale.

 

 

 

 

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