Félix Sauvageau, l’ingénieur sans frontières

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Par Marie-Ève Veillette
Félix Sauvageau, l’ingénieur sans frontières
Félix Sauvageau. (Photo : courtoisie)

AIDE HUMANITAIRE. Rien n’arrête Félix Sauvageau. Le jeune homme originaire de Bécancour n’a pas encore touché la mi-vingtaine que déjà, il enfile les projets d’aide humanitaire à l’international. Son plus récent? La construction d’un poste de santé au Rwanda.

Cette fois-ci, il ne s’est pas contenté de préparer du béton et de servir de « paire de bras » supplémentaire aux locaux. Il a conçu le projet de A à Z, avec l’aide de cinq autres étudiants en ingénierie, comme lui, dans le cadre du Programme de regroupement étudiant pour la coopération internationale (PRÉCI) de l’École de technologie supérieure. Tout au long du processus, le groupe a été épaulé par Architecture sans frontières Québec.

Il a fallu quatre mois de travail sur place et dix mois de préparatifs avant que le groupe vive le moment tant attendu: l’inauguration officielle de leur réalisation. C’était le 21 décembre dernier, en présence des autorités locales et des villageois.

«Les gens étaient contents. Le poste de santé va desservir plusieurs villages aux alentours, pour un total d’environ 10 200 personnes. Ça va faire une réelle différence dans cette région-là», mentionne Félix, la voix pleine de fierté.

Le poste de santé construit par Félix Sauvageau et son équipe.

Sous la recommandation d’IDA – Rwanda (Integrated Development Action), une organisation non gouvernementale qui a pour but de lutter contre la vulnérabilité de la population rwandaise et de promouvoir le développement rural, le poste de santé a été construit dans le petit village de Kunturo, dans l’ouest du Rwanda, au sommet d’une colline (2400 mètres d’altitude).

Il se divise en trois blocs. Le premier est doté d’une pharmacie, d’un accueil et d’un bureau de consultation. Le deuxième dispose d’une salle de repos pour les hommes, d’un laboratoire et d’une salle de premiers soins. Le dernier est quant à lui dédié à la maternité. Il offre une salle d’accouchement et une salle de repos.

Sa construction a mobilisé une cinquantaine d’ouvriers sur le chantier. Les six futurs ingénieurs avaient chacun une responsabilité précise, que ce soit au niveau des finances, de la plomberie, de l’électricité ou autres. Celle de Félix Sauvageau touchait principalement la gestion de chantier; un mandat dans lequel il est à l’aise, lui qui travaille depuis un peu plus d’un an comme ingénieur de chantier stagiaire pour le nouveau pont Champlain, à Montréal.

Pluie diluvienne et compagnie

Dame Nature est venue compliquer la tâche des six Québécois. «On a fait les travaux durant la saison des pluies, raconte Félix Sauvageau. Certains jours, durant deux à quatre heures, on ne pouvait tout simplement pas travailler. Il a fallu redoubler d’ardeur pour réussir à poser la toiture sur le bâtiment. Quand on y est parvenu, on a pu travailler à l’intérieur même s’il pleuvait.»

Les pluies diluviennes ont causé d’autres maux de tête, notamment en rendant les routes impraticables. «Parfois, on pouvait passer plusieurs jours à attendre nos livraisons de pierre concassée ou de ciment. Les camions restaient pris. Ça a grandement affecté le chantier. C’est pour ça qu’on a terminé les travaux la veille de l’inauguration!», rigole le Bécancourois.

«Le chantier a duré quatre mois, poursuit-il. Les six dernières semaines, on travaillait 70 heures par semaine! On travaillait jour et nuit, mais jamais le dimanche matin, car les gens allaient à l’église.»

Inoubliable

Félix Sauvageau en compagnie de son ami et collègue Kevin Hakim Etienne.

Ce qu’il retient par-dessus tout de ce séjour outre-mer, c’est l’accueil chaleureux qu’a réservé la centaine d’habitants du village aux six Québécois en mission. «On a tissé de bons liens avec eux. Ils n’avaient jamais été en contact avec des Blancs avant nous. Personne ne parlait anglais ou français. Et personne n’avait d’emploi avant qu’on arrive. Pour eux, c’était un cadeau du ciel qu’on soit dans leur communauté», raconte le jeune homme.

D’ailleurs, l’aventure au Rwanda pourrait bien ne pas en rester là pour lui, et ce, grâce à un coup du destin. «Un moment donné, je suis parti à vélo. J’ai eu une crevaison et j’ai dû faire du pouce pour retourner au village. Un ingénieur chimiste passait par là et il m’a ramassé. On a jasé un bout de temps. Ça pourrait déboucher sur une offre d’emploi qui me permettrait de retourner au Rwanda comme ingénieur quand j’aurai gradué, à la fin de 2019», confie-t-il.

Une option qu’il envisagera au même titre que celles de rester à Montréal ou de revenir à Bécancour, dit-il. «Je prendrai ma décision d’ici la fin de l’année. Pour le moment, toutes les portes sont ouvertes. Mais oui, une carrière comme ingénieur à l’international serait possible. Pour cela, il faut juste avoir le goût d’y aller et l’opportunité de le faire», conclut l’ingénieur sans frontières.

 

Bon à savoir

Avant leur départ, les six étudiants du PRECI ont réussi à recueillir 105 000$ en commandites pour réaliser leur projet au Rwanda par le biais de diverses activités et événements bénéfices.

 

Les participants

Félix Sauvageau – Génie de la construction

Philip McAllister – Génie de la construction

Kevin Hakim Etienne – Génie électrique

Marc-André Brunet – Génie de la construction

Camille Mondou – Génie mécanique

Frédérica Bouffard Forest – Génie mécanique

 

 

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