Enrayer la détresse: le défi d’Hélen Bourgoin

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Par Marie-Ève Veillette
Enrayer la détresse: le défi d’Hélen Bourgoin
Hélen Bourgoin, travailleuse de rang. (Photo : (Photo courtoisie))

AGRICULTURE. Plusieurs personnes hésitent à aller chercher de l’aide quand ça ne va pas, que ce soit par orgueil, par fierté, par manque de temps ou par crainte de paraître faible. Mais si ça valait vraiment le coup?

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C’est ce que tente de faire comprendre Hélen Bourgoin aux agriculteurs et agricultrices de la région à travers son rôle de «travailleuse de rang», qu’elle occupe depuis novembre dernier. En toute confidentialité, chapeautée par l’organisme Au Cœur des Familles Agricoles, elle vient en aide à ceux qui en ont besoin, peu importe la situation à laquelle ils sont confrontés: conflit, manque de relève, problèmes financiers, violence, épuisement, pensées suicidaires ou autres. Et c’est gratuit.

Sa mission? Tendre l’oreille, accompagner, désamorcer des crises, référer, soutenir ou simplement jaser. «Un agriculteur au bout du rouleau peut difficilement être mis en arrêt de travail. Il faut que sa ferme continue ses activités, soulève Mme Bourgoin. Le travailleur de rang peut l’aider à y voir plus clair, à mettre de l’ordre dans ses priorités, à trouver des alternatives pour que la charge soit moins lourde sur ses épaules, par exemple.»

Le travailleur de rang connaît bien le métier d’agriculteur. Il est familier avec ses nombreuses particularités et contraintes, et est donc en mesure de s’y adapter. «On comprend par exemple qu’il a un horaire atypique, et on peut l’accommoder. On ne s’offusquera pas non plus s’il annule une rencontre en raison du beau temps, parce qu’on sait qu’il a du travail à faire dans les champs!», illustre Mme Bourgoin.

«On comprend aussi que ça peut être difficile pour lui de quitter la ferme, alors on va s’y déplacer, s’il le souhaite. Et s’il a besoin de jaser une heure, deux heures, voire plus, on prendra le temps de l’écouter», poursuit-elle.

En présence d’un travailleur de rang, pas besoin d’expliquer de long en large sa réalité de fermier avant d’aborder ses problèmes. «Par exemple, le producteur laitier n’a pas besoin de me dire que le prix du lait a baissé; je suis au courant, et je sais ce que ça implique. On sait tous les deux qu’on n’a pas de contrôle là-dessus, mais ensemble, on peut se projeter dans l’avenir. Comme ça, je peux l’amener à explorer des pistes qu’il n’avait pas envisagées.»

De l’accompagnement

Soyons clair: le travailleur de rue n’a pas de baguette magique permettant de régler tous les problèmes. Par contre, il a cette capacité à alléger le cœur et les épaules des personnes qu’il rencontre en faisant un bout de chemin avec elles.

Concrètement, selon les besoins et à la demande de la personne qu’il accompagne, il peut passer des appels pour elle chez divers professionnels (médecins, avocats, psychologues, sexologues, etc.) ou organismes pour lui simplifier la vie. «Parfois, les gens sont trop occupés par leur travail pour penser à entreprendre des démarches, ou ils sont simplement trop gênés pour prendre le téléphone. Je peux leur donner un coup de main.»

Bref, le champ d’interventions du travailleur de rang est très vaste; la meilleure façon d’en savoir plus est de le contacter. Les travailleurs de rangs d’Au Cœur des Familles Agricoles sont joignables en tout temps (7 jours sur 7, 24h sur 24h) au 450 768-6995.

Hélen Bourgoin, qui s’occupe principalement de la région Centre-du-Québec / Mauricie, peut aussi être jointe via Facebook (Hélen Bourg – travailleur de rang) et par courriel à helenbourgoin@acfareseaux.qc.ca.

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