En visite au presbytère

Photo de Marie-Ève Veillette
Par Marie-Ève Veillette
En visite au presbytère
Jean-Paul Pépin devant le presbytère de Sainte-Angèle-de-Laval. (Photo : (Photo Marie-Eve Veillette))

SAINTE-ANGÈLE-DE-LAVAL C’est avec un large sourire et les yeux remplis de fierté que Jean-Paul Pépin, de Patrimoine Bécancour, me reçoit pour me faire visiter le presbytère de Sainte-Angèle-de-Laval, le 18 avril dernier. L’accueil est fort chaleureux… et l’endroit l’est tout autant!

De l’histoire, il y en a dans tous les recoins! Grosses boiseries d’époque, planchers qui craquent, portes en bois massif… On me dit même qu’il y a deux ou trois ans, un jeune enfant aurait aperçu «un monsieur au bout du couloir», pourtant invisible aux yeux de sa mère. «Il a l’air fâché», disait le garçon, donnant quelques frissons à maman….

La bâtisse a aujourd’hui 115 printemps. C’est l’architecte Louis Caron qui l’a imaginée, en 1903. «Il disait que c’était sa plus belle réalisation», raconte Jean-Paul Pépin.

On est tenté de le croire. Avec sa tourelle, sa brique rouge, sa grande galerie, son toit à quatre versants et ses nombreux détails ornementaux, le presbytère a une certaine prestance! Il occupe fièrement le cœur du secteur de Sainte-Angèle-de-Laval, avec l’église et le couvent, en bordure du fleuve St-Laurent.

Nouveau propriétaire

Ce bijou architectural est passé aux mains de Patrimoine Bécancour en 2014. En procédant à son acquisition, l’organisme a pris l’engagement moral d’en perpétuer la splendeur… et il le respecte!

En effet, depuis qu’il est propriétaire de la bâtisse, de multiples rénovations et améliorations ont été apportées: isolation du sous-sol à l’uréthane, ajout d’un panneau électrique, amélioration de l’aménagement paysager, peinture des rampes et balcons, isolation du grenier, calfeutrage des noues et des joints du toit, changement du réservoir d’eau chaude et d’une partie de la tuyauterie, remplacement de certains revêtements de sol et amélioration du système de chauffage, entre autres.

La configuration des lieux a également été revisitée pour mieux répondre aux besoins des occupants. «On a aménagé une grande salle de conférence au centre du rez-de-chaussée. On a aussi créé un accès au sous-sol, doté d’un escalier de meunier, pour y ranger du matériel», mentionne M. Pépin, m’invitant à y descendre.

Le plafond du sous-sol est bas, comme il faut s’y attendre d’une vieille bâtisse. Quelques toiles d’araignées y sont visibles, mais vite oubliées dès que notre attention se porte vers une petite porte, qui semble un peu trop moderne pour être d’origine… «C’est notre voûte, pour nos archives, confirme M. Pépin. C’est tout récent. Elle est tempérée et à l’épreuve du feu.»

À l’intérieur, on y trouve de nombreuses tablettes. Pour le moment, la plupart sont vides, car l’organisme est en train de répertorier toute sa documentation. Elle sera numérisée, puis entreposée dans cette voûte. En jetant un œil de plus près aux seules reliures qui s’y trouvent, on constate qu’il s’agit des archives… du Courrier Sud. Une belle coïncidence!

Revamper le passé

Pour compléter le tour guidé du presbytère, Jean-Paul Pépin se dirige vers l’arrière du bâtiment, où se trouve la grange à dîme. L’an dernier, des travaux majeurs y ont été réalisés.

«On a décapé tout le revêtement et remplacé toutes les planches qui devaient l’être. Nos bénévoles se sont occupés de gratter tous les résidus de peinture. Une fois le travail terminé, ils ont appliqué une couche d’apprêt et une couche de vernis au lin. On a aussi remis à jour les portes de garage. Ç’a pris un mois complet, et près de 15 000$ d’investissements», mentionne mon hôte.

En jetant un œil au presbytère, il ajoute que cet été, environ 50 000$ supplémentaires seront investis pour restaurer la toiture et les boiseries des balcons. «On veut repeindre le toit de tôle avec de la peinture élastomère, et tout calfeutrer comme il se doit. On va faire appel à des spécialistes pour nous conseiller, afin que ça dure 25-30 ans. On pense aussi à rafraîchir le vestibule.»

De l’aide financière et humaine

Il ajoute que depuis 2014, Patrimoine Bécancour a investi plusieurs dizaines de milliers de dollars pour revamper le presbytère. Il souligne également l’apport important des bénévoles qui s’impliquent au sein de cet organisme sans but non lucratif. «On est choyé. Sans eux, la facture serait beaucoup plus élevée», mentionne M. Pépin.

Par ailleurs, pour l’aider à financer les travaux, l’organisme peut compter sur un soutien financier récurrent de la Ville. Il tient aussi diverses activités bénéfices, en plus de tirer des revenus de location. Les trois garages de la grange à dîme sont en effet loués à des organismes et entreprises de Bécancour comme espace d’entreposage.

Du côté du presbytère, une dame loue l’étage, aménagé en appartement de sept pièces et demie, tandis que la Corporation de développement communautaire de la MRC de Bécancour et la Table régionale de concertation des personnes aînées partagent le rez-de-chaussée avec Patrimoine Bécancour.

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