« En ce moment, la situation est particulièrement difficile pour nos équipes de soignants »

Claude Thibodeau

« En ce moment, la situation est particulièrement difficile pour nos équipes de soignants »
Dre Marianne Lemay, directrice des services professionnels et de la pertinence clinique par intérim au CIUSSS MCQ (Photo : Gracieuseté - CIUSSS MCQ)

Après 22 mois de travail intense, le personnel du réseau ne l’a pas facile, reconnaît la présidente-directrice générale adjointe du CIUSSS MCQ, Nathalie Boisvert .

 » De façon générale, oui, les gens sont très fatigués. Ils vivent eux aussi des défis personnels. Certains ont vécu le décès de parents, d’autres ont des enfants éprouvant des difficultés à l’école. Ils vivent aussi, comme quiconque dans la population, des contraintes accentuées même par leur sentiment d’assumer pleinement leur devoir de membre du réseau de la santé « , souligne Nathalie Boisvert.

Malgré la fatigue, « ils vont quand même bien », ajoute-t-elle, et « souhaitent voir la fin de cette pandémie ».

La crise sanitaire amène d’importants défis, signale la PDG adjointe, ce qui oblige les dirigeants, dans certaines situations, d’appliquer des arrêtés ministériels qui ne sont pas sans conséquence pour le personnel.  » En ce moment, la situation est particulièrement difficile pour nos équipes de soignants, bien qu’elles demeurent très engagées vis-à-vis la population « , commente-t-elle.

À la fatigue du personnel de la santé s’ajoute celle de la population également, signale de son côté Dre Marianne Lemay, directrice des services professionnels et de la pertinence clinique par intérim au Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de la Mauricie et du Centre-du-Québec (CIUSSS MCQ).  » C’est le cas aussi pour les gens. On est vraiment tanné tout le monde. Mais même si nous sommes fatigués comme individu, on peut s’aider personnellement jusqu’à un certain point « , affirme-t-elle.

« Oui, on peut s’aider avec les mesures sanitaires, le port du masque, la désinfection, la réduction des contacts et la vaccination qui contribue à contracter une maladie moins sévère », insiste-t-elle.

Mais Dr Lemay prône aussi l’adoption de saines habitudes. Parce que confronté à l’adversité, comme c’est le cas actuellement, l’humain peut adopter des comportements  » pas nécessairement protecteurs « . Comme une plus grande consommation d’alcool et une alimentation de moindre qualité, par exemple.  » J’en appelle à la population de tenter d’adopter aussi de saines habitudes. Buvez de l’eau, mangez sainement, faites de l’exercice et évitez l’alcool le plus possible « , encourage-t-elle, tout en invitant à la solidarité.

 » Il faut continuer à se motiver mutuellement,  à s’appeler en pensant aux personnes seules. On peut avoir un mouvement social de solidarité très grand, d’encouragement, de motivation, croit la Dre Marianne Lemay. Il faut se montrer résilient face à l’adversité et développer des outils de résilience « .

Le délestage

Le CIUSSS MCQ tente toujours de maintenir le maximum de services, mais la pandémie oblige à recourir au délestage.  » Le délestage est une action très dynamique. On essaie de l’ajuster au mieux et on tente toujours de maintenir le maximum de services. Au CIUSSS MCQ, concernant les chirurgies, on a la ferme volonté de ne pas les réduire en deçà de 50%, car il y a des conséquences, admet Dr Lemay. On en est conscient. Mais on maintient toutes nos chirurgies oncologiques, les chirurgies urgentes et semi-urgentes. « 

Par exemple, à l’Hôtel-Dieu d’Arthabaska, on réussit à maintenir le 50% quotidiennement.

Bien sûr, le délestage se traduira par l’allongement des listes d’attente.  » Ce sera le défi, par la suite, de revenir à plein rendement « , expose-t-elle.

La vaccination comme meilleure arme

Pour sortir de la pandémie, la vaccination demeure la meilleure arme, reprend Nathalie Boisvert.  » On encourage les gens. En ce moment, on constate d’ailleurs une augmentation des personnes qui vont chercher leur première dose. On les en remercie « , dit-elle, tout en informant les personnes craintives qu’elles disposent de tous les moyens nécessaires pour bien s’outiller et bien comprendre.

 » En ce moment, les meilleures armes dont nous disposons, ce sont le respect des mesures sanitaires, la vaccination et prendre soin de soi « , résume-t-elle en conclusion.

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