Donner sa place à la femme forte dans la littérature

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Par Stéphanie Paradis
Donner sa place à la femme forte dans la littérature
Katherine Girard vient de lancer son roman Catherine II (Photo : courtoisie)

ODANAK. Katherine Girard, établie à Odanak depuis plusieurs années, a publié son nouveau roman Catherine II aux éditions Monarque. L’œuvre, qui fait partie du collectif Conquérantes, relate dans un récit historique romancé comment l’Impératrice de Russie a réussi à survivre et à s’approprier le pouvoir dans un monde d’hommes.

Chacun des trois auteurs ayant participé au collectif met en lumière une conquérante de l’histoire, c’est-à-dire une femme forte qui a réussi à surmonter une panoplie d’épreuves pour se hisser au sommet. «Il s’agit souvent d’une femme qui a participé à des guerres, qui a remporté des victoires et qui a surmonté beaucoup d’obstacles pour parvenir à prendre le pouvoir, un pouvoir qui a été dérobé aux hommes», explique Katherine Girard.

Katherine Girard n’est pas tombée par hasard sur Catherine II, aussi connue sous le nom de Sophie Frédérique Augusta d’Anhalt-Zerbst. Après quelques recherches toutes simples sur Internet, c’est sur ce nom qu’elle avait déjà en tête que son choix s’est arrêté. «Je la connaissais un peu, je savais qu’elle avait eu une vie tumultueuse, qu’elle avait eu de nombreux amants, qu’elle avait conquis de nombreux territoires et qu’elle avait réussi à atteindre le pouvoir même si elle était juste une petite princesse allemande. Et aussi parce que ma mère m’a donné son nom!», avoue l’autrice.

Lorsque l’éditeur Simon Rousseau a approché Mme Girard, cette dernière concède que le projet tombait à point dans sa lignée de romans mettant à l’avant-plan la femme forte. «J’aime créer et mettre à l’avant-scène des femmes fortes qui vivent des difficultés et qui surmontent des obstacles. Je me considère comme une féministe et c’est important que les femmes aient un rôle important à jouer», mentionne Katherine Girard.

«Par contre, je ne dis pas que je vais toujours écrire à partir d’un personnage féminin, nuance-t-elle. Mais jusqu’à présent, ça a été une ligne directrice intéressante pour moi de travailler des personnages féminins dont on peut s’inspirer. Il y en a de plus en plus dans la littérature, mais il n’y en a pas eu toujours. Ça a longtemps été la place aux personnages masculins forts, héroïques, courageux, alors qu’il y en a eu des femmes fortes dans l’histoire».

D’un style à l’autre et d’un personnage à l’autre

Catherine II est le résultat d’une longue recherche historique entourant la vie de cette dernière. Son récit, basé sur de nombreuses sources biographiques et historiques de l’Impératrice, ne comporte que très peu de fiction. «Je dirais plutôt que j’ai mis ma couleur sur les événements de la vie de Catherine II. J’ai fait parler et penser le personnage, j’ai créé des scènes et des dialogues qui sont parfois fictifs, mais qui sont, la très grande majorité du temps, basés sur des faits véridiques», explique-t-elle.

«J’ai toujours choisi d’écrire des romans psychologiques qui portaient sur des thèmes un peu délicats». Avortement tardif, traumatisme, viol, deuil, anxiété ont d’ailleurs été traités dans ses œuvres précédentes. «Je sais par les retours des lecteurs que j’ai réussi à en toucher plusieurs et à leur montrer qu’ils n’étaient pas tout seuls, mais ce n’est pas nécessairement ma mission première. Ma mission première, c’est de montrer des personnages féminins forts», précise Mme Girard.

Dans le cas de Catherine II, il s’agissait là de sa première expérience de roman historique. «Ça a été un travail très différent d’une pure fiction. Il faut entre autres déterminer ce qu’on gardera, parce qu’il y a beaucoup d’informations à propos de Catherine II. Déjà que j’ai fait un roman de plus de 500 pages, j’aurais pu en écrire 2000!», s’exclame Katherine Girard.

Sans vouloir trop s’avancer, Mme Girard révèle qu’elle travaille déjà à un projet du même genre, précisant par la même occasion qu’elle ne souhaite pas se spécialiser dans un type d’écriture particulier, mais bien de continuer à expérimenter.

Parus au même moment dans le collectif Conquérantes, les romans Boadicée de François Guilbault, et Ching Shih de Patrice Cazeault.

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