Des quartiers locatifs pour les familles: pour ou contre?

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Par Marie-Ève Veillette
Des quartiers locatifs pour les familles: pour ou contre?

NICOLET. Agacée par le questionnement qu’elle juge «plutôt inadéquat» en lien avec les enfants quand vient le temps de louer un logement, la Nicolétaine Céline Descarreaux rêve d’un quartier où les logements n’accueilleraient que des familles.

«Serait-il possible de développer, dans un même endroit, des logements qui répondraient plus spécifiquement aux besoins des familles?», évoque-t-elle, souhaitant semer chez certains promoteurs une graine qui pourrait éventuellement faire germer un projet pilote à cet égard.

«Les logements sont déjà rares. Le contexte de ralentissement économique qu’on connaît actuellement risque aussi d’affecter de nombreuses familles. Plusieurs pourraient ne plus avoir les moyens de se payer une maison et devoir partir à la recherche d’un loyer abordable et décent. Or, le refus de louer à des familles, ou l’intolérance de certains locataires à leur égard, rajoute un stress à une situation déjà difficile.»

Céline Descarreaux parle en connaissance de cause. L’an dernier, cette maman de deux enfants de 6 et 8 ans a réussi à louer un logement au deuxième étage d’un immeuble locatif. Les coups au plafond, les plaintes et les tracas ont rapidement commencé. «J’ai fait ce que je pouvais pour amener la paix. Mes enfants savent [qu’en logement], ils doivent éviter autant que possible de faire du bruit de façon excessive et demeurer tranquilles au moins jusqu’à huit heures le matin. Malheureusement, ça n’a pas suffi. J’ai reçu une mise en demeure dans les mois suivants.»

Bouleversée, elle s’est tournée vers la Régie du logement, puis vers l’organisme Équijustice pour tenter de régler la situation. La Maison de la famille Lu-Nid lui a aussi apporté beaucoup de soutien. À travers ses démarches, elle s’est rendu compte qu’elle n’était pas la seule à vivre ce genre de situation regrettable. «Ça fait monter l’anxiété d’un cran. C’est important de ne pas rester dans une situation désagréable et de dénoncer l’intolérance et la discrimination envers les familles. D’ailleurs, on sait tous qu’officiellement, la discrimination dans le domaine du logement est interdite au Québec, mais que la réalité est parfois autre…»

Cette enseignante originaire de l’Abitibi s’en désole. Pour demeurer positive, elle garde espoir de voir des quartiers ou des communautés dédiés aux familles se développer dans la région. Elle imagine notamment des immeubles construits autour d’une cour intérieure à laquelle tous les résidents auraient accès. Un endroit où la cohabitation, l’entraide et la tolérance seraient naturelles entre voisins. «Un quartier où l’on ne se sentirait pas jugés.»

Elle cite en exemple la coopérative d’habitation Notre-Dame-de-Fatima, à Montréal; un bâtiment autogéré où 24 ménages ont accès à des espaces vert et collectifs, que ce soit pour la détente, l’entraînement ou le jeu. Ce projet a vu le jour il y a plus de 35 ans. «Ce projet représente bien ce à quoi j’aspire. Oui, je suis plutôt idéaliste, mais le bien-être des familles me préoccupe réellement…»

 

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