Des bancs de neige près des records

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Par Sébastien Lacroix
Des bancs de neige près des records
On va devoir pelleter pendant encore quelques semaines selon Environnement Canada. (Photo : Patrick Vaillancourt)

MÉTÉO. Assiste-t-on à une autre année record en terme de précipitation de neige? Alors qu’il reste encore la «tempête des corneilles» et la «tempête des sucres», plusieurs nous disent qu’on se rapproche de plus en plus du mémorable hiver 2007-2008.

Selon les données que nous avons pu obtenir auprès d’Environnement et Changement climatique Canada, en date du 21 février, il était tombé 230 centimètres de neige dans Nicolet-Bécancour, soit 67 de moins qu’à pareille date en 2007-2008. Cette année-là, il était tombé un total de 426 cm sur la Rive-Sud.

Par contre, comme il n’y a pas eu beaucoup de fonte depuis le début janvier, en raison des températures froides les quantités de neige au sol sont très élevées et sont comparables à 2007-2008 et 2016-2107, comme en témoigne la hauteur des bancs de neige! C’est-à-dire entre 75 et 85 cm de neige au sol pour un 21 février, alors que la normale est de 54 cm.

Le nombre de fois qu’il a neigé est aussi élevé cette année. Parlez-en aux déneigeurs de rues et de trottoirs qui doivent composer avec une importante somme de travail. Un rythme infernal qui est pratiquement sans arrêt depuis la mi-novembre. Quand il neige, ils ouvrent les rues, mais le reste du temps, ils ramassent les bordages et doivent repasser pour élargir les rues.

Et comme il neige régulièrement cette année, c’est une roue qui tourne sans fin! Le tout est encore plus complexe dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre, alors que les opérations requièrent d’avoir des conducteurs spécialisés.

Malgré l’ampleur de la tâche à accomplir, ils doivent composer avec l’ingratitude de plusieurs personnes qui vont jusqu’à se plaindre sur les réseaux sociaux. «C’est une réalité qui n’existait pas avant», nous a confié un entrepreneur qui a préféré ne pas être identifié.

Du côté du ministère des Transports du Québec, on assure que le présent hiver n’a pas nécessairement nécessité d’efforts extraordinaires sur les autoroutes et les routes numérotées, mais on convient que le nombre d’heures a été plus important qu’à l’habitude.

Il n’y a toutefois rien eu de problématique ou d’extraordinaire, assure le MTQ. « Les hivers changent, mais se ressemblent, fait valoir la porte-parole Mila Roy. Nous faisons affaire avec des entrepreneurs expérimentés qui sont habitués. Ils s’adaptent. Ils sont prêts pour faire face aux défis et ils sont efficaces. C’est le même coût, mais les entrepreneurs doivent travailler plus pour leur argent.»

Pour ce qui est des sites dépôt de neige usée, ils sont encore capables d’en prendre, mais on suit la situation de près. Par exemple, à la Ville de Bécancour, les trois dépôts à neige étaient remplis entre 60 et 70% la semaine dernière. Tandis qu’à Nicolet, il arrivait à environ 70% de sa capacité.

«Ce n’est pas inquiétant pour le moment, assure le responsable des communications de la Ville de Nicolet, Sébastien Turgeon. Il serait déjà arrivé par le passé que nous ayons atteint la pleine capacité notre site des neiges usées. Cette année, pour nous donner de la marge de manœuvre, nous avons ajusté notre méthode de soufflage pour nous assurer d’utiliser un maximum d’espace compte tenu des importantes accumulations à ce jour.»

Le tout n’a toujours pas été problématique pour les toitures des écoles, comme ç’avait été le cas en 2008, mais le service des ressources matérielles de la commission scolaire de la Riveraine reste tout de même très attentif à la situation.

«Les ouvriers de la commission scolaire surveillent l’accumulation sur les toitures de nos établissements et les signes précurseurs sur les bâtiments. Jusqu’à maintenant, il y a eu trois toitures de déneigées et il y en a deux qui le seront sous peu», indique le secrétaire général de la Riveraine, Pascal Blondin.

De la belle neige

Si quelques-uns admettent qu’ils commencent à ressentir la fatigue, les entreprises de déneigement de cours résidentielles et commerciales ne s’en sortent pas trop mal.

C’est que les températures froides qu’on a connues ont été salutaires. «Je n’ai jamais vu ça de la neige tomber à -30, indique Johnny Alie, de déneigement Saint-Grégoire, qui est dans le domaine depuis 1995. C’est beaucoup moins d’ouvrage pour les tracteurs et pour la machinerie. Parce qu’elle se souffle facilement.»

«Ce qui fait qu’on a une économie d’essence là-dessus qu’on n’avait pas auparavant, explique-t-il. Parce que la plupart du temps, quand il y a de grosses tempêtes, il fait -10 ou -5. Alors la neige est comme flottante et ça consomme beaucoup d’essence.»

«Oui, on n’a eu beaucoup de sorties, mais on a eu de la belle neige. Sinon, on aurait eu une très dure année, continue Johnny Alie. Je ne suis pas à me dire que je vais «manger mon hiver». Je pourrais finir l’année avec 5, 6 ou 7 tempêtes. Si je n’ai pas de bris! Parce que ça chiffre beaucoup plus vite. Sinon, je ne peux pas dire que j’ai mangé de l’argent cette année.»

Le saviez-vous?

Le pont Laviolette bénéficie d’un traitement particulier pour s’assurer de ne pas endommager la structure en acier. Le MTQ n’utilise pas du calcium, mais bien de l’urée – un composé chimique qui sert également d’engrais en agriculture – qui est mélangée avec du sable.

Stéphane Lévesque, notre collaborateur, accompagne ce soir Yvonnic Gras dans son trajet de déneigement des routes de Saint-Léonard-d’Aston et des environs. Autre reportage à venir au courant de la soirée.

Posted by Le Courrier Sud on Monday, February 25, 2019

 

Entretien entre Yvonnic Gras et Stéphane Lévesque sur les bons et les mauvais côtés du monde du déneigement.

Posted by Le Courrier Sud on Monday, February 25, 2019

Avec la collaboration de Stéphane Lévesque

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