Des découvertes sans précédent sur l’île Montesson

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Par Sebastien Lacroix
Des découvertes sans précédent sur l’île Montesson
La découverte des fondations de la première chapelle constitue un précédent historique. (Photo : gracieuseté)

ARCHÉOLOGIE. Ce sont des découvertes que l’on pourrait qualifier d’historiques qui ont été réalisées au cours des derniers mois sur l’île Monteson, à Bécancour.

La deuxième année du projet de «W8linaktekw: la rivière abénakise» s’est concentré à cet endroit, alors que près de 150 sondages y ont été réalisés par Geneviève Treyvaud et son équipe composée d’étudiants de l’Université Laval et de jeunes de la Première Nation Abénakise.

Leur travail a permis la découverte des fondations de la première chapelle, ce qui témoigne de la présence d’une mission Jésuite dédiée à Saint-François Xavier qui l’avait construite sur l’île, aux abords de la rivière Bécancour.

L’équipe a aussi pu identifier la zone du premier village où se sont établis les Abénakis sur la rivière Bécancour, avant de se déplacer à l’île aux Sauvages et à son emplacement actuel. «Il se trouve sur le button de l’île. C’est le seul endroit qui est habitable étant donné qu’il n’est pas inondable», indique l’archéologue.

Toujours sur l’île Montesson, les fondations du premier établissement seigneurial ont été mises au jour. Le manoir en question avait été tenu par Pierre Robineau et qui aurait fait la traite des fourrures avec les Abénakis.  Beaucoup de matériel du 17e siècle a aussi été découvert sur les lieux.

Ces découvertes constituent un précédent historique en raison du rôle stratégique qu’a joué Wôlinak dans l’histoire de la Nouvelle-France. «Surtout parce que nous n’avions pas la localisation exacte de ces endroits», indique l’archéologue qui s’intéresse à la migration des Abénakis et au rôle qu’ils ont joué.

Les recherches menées cet été ont également permis de découvrir une ancienne scierie. Celle-ci n’avait pas d’intérêt pour les recherches menées par l’archéologue, mais pourrait en avoir pour un autre qui s’intéresse à un autre sujet.

Au début de l’été, Geneviève Treyvaud et son équipe ont également fait des découvertes lors de travaux menés près des fondations du Musée des Abénakis,  à Odanak. Une troisième maison longue dans une autre section du Fort qui avait été aménagé à cet endroit et beaucoup de matériel ont notamment pu être mise au jour. «C’est assez majeur», convient l’archéologue.

Encore du travail à faire

Si on prévoyait que deux années de fouilles seraient suffisantes à Wôlinak, l’ampleur des découvertes permettrait de relancer les travaux de recherche pour au moins une autre année, estime l’archéologue et chercheuse. Déjà, on sait déjà qu’un moulin et un cimetière n’ont pas encore été découverts sur l’île Montesson.

Pour poursuivre les recherches, il faudra toutefois obtenir du financement. Il pourrait s’agir de fonds provenant de Patrimoine canadien, du ministère de la Culture et des Communications, du Musée des Abénakis, du Grand Conseil Waban-Aki et des conseils de Wôlinak et Odanak. Des demandes seront faites au cours des prochaines semaines par l’archéologue.

Par la suite, des recherches sont prévues dans le secteur de la rivière de la Chaudière, qui a été un autre des principaux canaux de communication des Abénakis avec la Bécancour et la Saint-François.

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