Raviver la mémoire de l’hôtel Abénakis Springs

SAINT-FRANÇOIS-DU-LAC.  L’histoire de l’ancien hôtel Abénakis Springs reprendra vie cet automne grâce à un projet de médiation culturelle imaginé par l’autrice Johane Filiatrault. Par le biais d’un court métrage, d’un atelier de création et, ultimement, d’un panneau d’interprétation, elle souhaite faire découvrir aux citoyens un pan méconnu du patrimoine local.

Le projet est né alors que l’autrice prépare une bande dessinée dont l’action se déroulera dans l’ancien établissement, disparu depuis les années 1940.

” En parlant autour de moi, je me suis rendu compte que plusieurs personnes, même à Saint-François-du-Lac, ne savaient pas que cet hôtel avait existé. Je pense que c’est important de garder vivant ce patrimoine-là “, explique Johane Filiatrault.

Érigé à la fin du XIXe siècle, l’hôtel Abénakis Springs attirait une clientèle aisée provenant notamment de Montréal et des États-Unis. Les visiteurs s’y rendaient pour profiter des bains d’eau salée, alors réputés pour leurs vertus thérapeutiques, mais aussi pour les activités de plein air, comme la chasse, le tennis et les loisirs offerts sur place. Une navette reliait même la gare de Saint-François-du-Lac à l’établissement afin de transporter les voyageurs arrivant par train.

Selon l’autrice, la présence de cet hôtel a aussi contribué au développement économique du secteur. Des commerces se sont installés à proximité pour répondre aux besoins des visiteurs et certains producteurs locaux approvisionnaient directement l’établissement.

Johane Filiatrault (Photo courtoisie – Mikaël Beauchemin)

L’art pour raconter l’histoire

Plutôt que de miser uniquement sur une conférence historique, Johane Filiatrault a choisi une formule qui combine plusieurs disciplines artistiques.

Un court métrage de quelques minutes sera réalisé cet été avec le cinéaste Mikaël Beauchemin afin de replonger les spectateurs dans l’ambiance des années 1920. ” Ce ne sera pas un traité d’histoire. Ce sera une mise en scène ludique qui permettra de voir ce qui se passait à l’époque et l’impact qu’avait l’hôtel sur les gens du village “, précise-t-elle.

L’activité principale aura lieu le 17 septembre au Centre communautaire de Saint-François-du-Lac. Après la projection du film et une courte conférence sur l’histoire de l’hôtel, les participants seront invités à créer un dessin ou un court texte inspiré de ce qu’ils auront découvert. Les ateliers seront animés par Johane Filiatrault et l’artiste visuelle Rachel Filiatrault. Le matériel sera fourni gratuitement.

L’autrice souhaite également offrir l’activité dans d’autres milieux, notamment au foyer Lucien-Shooner de Pierreville, avec la possibilité d’y intégrer une formule intergénérationnelle.

Salle à manger de l’hôtel Abénaki Springs. (Illustration Max Brion)

Faire durer l’héritage

Certaines des créations réalisées lors des ateliers serviront d’inspiration pour concevoir un panneau d’interprétation permanent qui sera installé près de l’emplacement de l’ancien hôtel. Un code QR permettra d’accéder au court métrage afin que les visiteurs puissent découvrir l’histoire du site.

Le projet prévoit aussi la diffusion des textes et dessins sélectionnés sur les réseaux sociaux. Selon Johane Filiatrault, cette démarche vise autant à mettre en valeur la créativité des participants qu’à transmettre la mémoire d’un lieu qui a marqué l’histoire du Bas-Saint-François.

L’idée s’inscrit aussi dans un projet littéraire plus vaste. L’autrice travaille actuellement à une bande dessinée inspirée de l’hôtel Abénakis, en collaboration avec l’illustrateur français Max Brion, rencontré plus tôt cette année. Après avoir publié des romans, un conte et un scénario de film, il s’agira de sa première incursion dans l’art de la bande dessinée.

” J’aime explorer différents médiums. Quand j’ai vu son travail (à Max Brion), je me suis dit que ce serait une belle façon de raconter cette histoire autrement “, conclut-elle.