Nicole Pinard expose ses “gens de cœur” au Centre d’hébergement Christ-Roi

NICOLET.  Nicole Pinard a commencé à peindre il y a une douzaine d’années, une activité qui lui procurait beaucoup de bonheur. Malheureusement, en 2024, elle subit un AVC qui paralysera son côté gauche, rendant son passe-temps plus difficile et l’amenant à se débarrasser de tout son attirail d’artiste. Pourtant, deux ans plus tard, elle a pu inviter sa famille, ses amis, ainsi que les résidents et employés du Centre d’hébergement Christ-Roi à un vernissage, témoignant d’une belle histoire de résilience et de gratitude.

Le vernissage de l’exposition “Aux couleurs des gens de cœur” s’est tenu le 12 mars dernier. “Les gens de cœur, ce sont des gens qui ne travaillent pas juste pour la paie. Ils travaillent parce qu’ils aiment les personnes âgées et ce sont des personnes qui prennent soin de nous autres. Ils comprennent qu’ici, c’est un milieu de vie”, témoigne Mme Pinard, qui a elle-même été une personne “de cœur” par le passé, ayant œuvré comme infirmière auxiliaire pendant 26 ans où elle demeure maintenant, au Centre d’hébergement Christ-Roi, à l’époque où l’endroit était nommé le foyer de Nicolet. Après son AVC, elle a spécifiquement demandé à vivre dans ce lieu qu’elle a toujours considéré comme étant chez elle.

Ce sont d’ailleurs grâce à des gens de cœur du Centre d’hébergement qu’elle a recommencé la peinture. Ce sont eux qui lui ont rapporté des pinceaux, de la peinture et des toiles, et qui ont trouvé des installations ingénieuses lui permettant de peindre à une seule main. Heureusement, Mme Pinard est droitière! Peu à peu, elle recommence à dessiner, d’abord timidement, avant de retrouver le plaisir de créer.

Ses œuvres, très colorées, représentent tout d’abord des fleurs, des oiseaux, puis les gens qui partagent son quotidien au Centre d’hébergement. Résidents et employés deviennent ainsi les sujets de ses tableaux, souvent réalisés à partir de souvenirs ou d’observations du quotidien. “Je ne suis pas une portraitiste. Je les fais à ma façon, mais c’est pour le plaisir”, explique-t-elle.

(Photo Stéphanie Paradis)

Rapidement, l’idée d’un vernissage prend forme. Mme Pinard souhaite alors rendre hommage à ceux qui l’entourent. Son premier tableau de la série réunit d’ailleurs résidents et membres du personnel, entrelacés dans la même œuvre. “Quand on m’a parlé de faire un vernissage, j’ai dit: là, il faut présenter les gens d’ici“, raconte-t-elle.

Les réactions des résidents ajoutent aussi au plaisir de l’artiste. Certains se reconnaissent dans les tableaux exposés, ce qui provoque souvent des éclats de rire et des commentaires amusés. Pour Mme Pinard, l’important n’est pas la ressemblance parfaite, mais le plaisir partagé.

Au fil des mois, elle s’est même surprise par la quantité d’œuvres produites. “Quand on a commencé à compter, j’ai dit: mon Dieu, j’en ai bien peint!“, lance-t-elle en riant, preuve que la peinture est redevenue une part importante de son quotidien.

Aujourd’hui, malgré l’espace limité de sa chambre, où elle peint sur une petite table entourée de matériel, Mme Pinard souhaite continuer à créer. L’inspiration, dit-elle, vient souvent au jour le jour. “Des fois, il peut venir une idée comme ça… pourquoi pas des cow-boys?” lance-t-elle avec humour en pensant à la passion d’un des résidents.

Pour elle, la peinture représente bien plus qu’un simple passe-temps. Elle lui permet de s’exprimer, de garder l’esprit actif et de mettre de la couleur dans le quotidien du Centre d’hébergement. “Tout le monde y a cru. Ils m’ont donné la chance de pouvoir m’exprimer”, souligne-t-elle avec reconnaissance.

Et même si le corps vieillit, son esprit, lui, est resté jeune. “Dans ma tête, j’ai toujours 20 ans”, conclut-elle en souriant.