Militante sociale et femme engagée

Photo de Marie-Ève Veillette
Par Marie-Ève Veillette
Militante sociale et femme engagée
Lise Gervais-Laplante a lancé cet automne son autobiographie intitulée «Une femme parmi les autres». (Photo : (Photo Marie-Eve Veillette))

NICOLET. Femme de convictions, la Nicolétaine Lise Gervais-Laplante a consacré sa vie à l’avancement des femmes. « Féministe est le mot qui me décrit le mieux. Mais c’est perçu négativement, parfois. C’est un mot qui dérange », lance la principale intéressée, assumant pleinement ce qualificatif.

« Certaines ne sont pas à l’aise de s’identifier ainsi parce que c’est perçu comme extrémiste. Pourtant, être féministe, c’est simplement promouvoir les droits des femmes. Ce n’est pas contre quelqu’un, mais pour quelqu’un », ajoute-t-elle.

Quand on prend le temps de discuter avec elle, on découvre pourquoi ce qualificatif définit si bien cette jeune octogénaire. Par exemple, elle a été l’une des pionnières dans la région en matière de planning familial. « Le vicaire n’était pas d’accord avec ce que je disais ! Aujourd’hui, on en parle plus ouvertement. »

Il y a eu une évolution des mentalités grâce à son travail et à celui d’un petit groupe de gens, dont faisait partie son mari. « J’ai travaillé avec lui auprès de couples. On en recevait à la maison quelques fois par semaine. On allait aussi parfois chez les gens. On faisait le tour des organismes pour parler de planning familial et de la méthode du thermomètre… au scandale de certaines bonnes âmes ! -On était cinq couples à en faire la promotion. On diffusait en même temps les autres moyens de contraception. On faisait ça bénévolement. On l’a fait pendant dix ans, jusqu’en 1974, de mémoire. »

Ce faisant, elle a contribué à la mise sur pied, à Nicolet, d’une équipe de Seréna Québec, un organisme fondé en 1955 dont le mandat est de « permettre une gestion naturelle de la fertilité tout au long de la vie reproductive ».

Ses convictions l’ont également menée à cofonder la Collective des femmes de Nicolet et région en compagnie de six autres femmes. « J’étais coordonnatrice. On était toutes à l’âge d’avoir des enfants, alors le planning familial était le grand thème abordé ! -On n’avait pas le langage du pape… On était vues comme des entraîneuses (au sens péjoratif) », sourit-elle.

« Lise est plutôt une grande bâtisseuse », affirme Colombe Lemay, une amie qu’elle a connue au sein de la Société Saint-Jean-Baptiste du Centre-du-Québec, il y a près de 25 ans. « Elle dit en quoi elle croit et elle le concrétise en agissant réellement. »

Ses mémoires

Lise Gervais-Laplante fait découvrir son riche parcours de vie dans son autobiographie lancée cet automne. « Ce sont mes petites-filles qui m’ont incitée à faire ce livre parce que je leur racontais plein de choses que j’avais faites », confie-t-elle.

Elle a alors commencé à écrire dans un cahier d’école des bribes de son passé lorsqu’elles se présentaient à son esprit. « J’ai fait ça pendant quatre ans. Un jour, je me suis décidée à les retaper. »

« Je trouvais ça touchant quand elle m’en lisait des bouts », commente Colombe Lemay, qui l’a encouragée à poursuivre son projet.

Pour mener à terme ses mémoires, Lise Gervais-Laplante a pu compter sur le support de sa professeure d’écriture (Christiane Asselin) et d’amies, notamment -Jacqueline Simoneau-Yergeau, qui a collaboré étroitement à la rédaction et à la finalisation du livre. « On suivait nos cours d’écriture en même temps. On est les deux seules du groupe à avoir publié nos mémoires, jusqu’à présent », précise Mme Gervais-Laplante, qui tient aussi à remercier le fils de Jacqueline (Patrice) pour son coup de pouce dans l’aboutissement du projet.

Son livre s’intitule « Une femme parmi les autres ». Il met en lumière ses principales implications sociales tout en faisant découvrir des éléments de sa vie personnelle. « J’ai su à 60 ans qui était ma vraie mère. C’est la sœur de mon père futur qui m’a eue à 32 ans. Son chum voulait la marier et elle ne le voulait pas. Elle l’a laissé et elle est rentrée chez les sœurs. »

Lise -Gervais était fille unique et a eu une enfance heureuse. Ses parents sont décédés alors qu’elle était adolescente et pensionnaire à Nicolet. Le frère de son père et son épouse ont en quelque sorte pris le relais, tout comme la famille élargie et ses nombreuses amies : « J’ai été adoptée par plusieurs familles », philosophe celle qui a ensuite fondé la sienne après avoir rencontré Benoît -Laplante…

Son livre est publié en autoédition et disponible en 150 exemplaires.

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