L’entrepreneuriat n’a pas d’âge

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Par Stéphanie Paradis
L’entrepreneuriat n’a pas d’âge
André Provencher. (Photo : Stéphanie Paradis)

BAIE-DU-FEBVRE.  La vie d’André Provencher aura été tout sauf un long fleuve tranquille. Salarié à 12 ans, drop-out à 17 ans, directeur général à 28 ans, étudiant à 33 ans, haut dirigeant à 45 ans, père à 47 ans, intrapreneur à 51 ans, marathonien à 65 ans, jeune-vieux à 72 ans, sa ligne du temps est particulière. De fait, l’âge a peu d’emprise sur lui, et à 72 ans, il fait le choix de devenir entrepreneur en reprenant les rênes de la maison d’édition Art Global.

C’est par cette même occasion que l’homme originaire de Baie-du-Febvre signe son premier livre J’ai 72 ans maman. Cet ouvrage relate son propre vécu et des passages de sa vie professionnelle, dont la décision de devenir entrepreneur à 72 ans à la suite de réflexions sur les rapports de cause à effet entre l’âge et la valorisation sociale et humaine. Son objectif : susciter une prise de conscience plus large des dangers sociaux associés à l’âgisme dans tous les aspects du vivre ensemble. « Je veux qu’on cesse de croire que les personnes ainées sont des poids sociaux », insiste André Provencher.

« Je voulais montrer que je suis encore un actif pour la société et que je n’ai pas besoin d’être isolé, que je n’ai pas besoin d’être infantilisé », ajoute-t-il. Cette réflexion, elle s’est faite chez André Provencher durant cette pandémie qui a laissé des traces dans sa famille. Sa mère, atteinte de la maladie d’Alzheimer, a vu sa santé dégringoler dès qu’elle n’a plus eu droit de recevoir de visites à sa résidence, alors que son frère, à la même période, a reçu un diagnostic de cancer quelques mois avant de faire un AVC et a vécu toute la désorganisation du système de santé.

« Je me suis alors demandé quelle était la place des personnes ainées. On voyait sur les réseaux sociaux toute la haine qui se propageait à l’endroit des personnes ainées. Certaines sont mortes de maladie, mais beaucoup sont mortes de chagrin, de tristesse et d’isolement. Ça m’a donné un choc », observe l’auteur et entrepreneur.

« Ce sont des préjugés. On parle beaucoup dans notre société d’aujourd’hui de diversité et d’inclusion, mais ça touche les personnes ainées, aussi! On ne peut pas isoler et exclure socialement les personnes ainées, alors qu’on recherche l’inclusion! », déplore-t-il.

Le parcours initiatique d’André Provencher

André Provencher a entre autres occupé des postes de haute direction dans le domaine des médias, notamment au Réseau TVA, où il a assumé la charge de l’ensemble de la programmation, et chez Gesca (alors propriétaire de La Presse). C’est toutefois au Courrier Sud que le Baievillois d’origine a commencé sa carrière vers l’âge de 18 ans, en travaillant aux côtés de son frère et de sa sœur, au début des années 70.

« On faisait tout, dans le journal! Ça cultivait beaucoup la débrouillardise. On devenait multitâche et multi-talent. Le montage du journal, à l’époque, ne se faisait pas à l’ordinateur, mais à la colle! Ensuite, on partait avec des boites en direction de l’imprimerie, située à l’époque à Arthabaska », raconte André Provencher.

« J’ai toujours été un passionné d’information locale. C’est un rôle indispensable que les journaux locaux ont dans un univers médiatique qui se mondialise beaucoup, car ils sont proches de leur communauté », estime M. Provencher.

Art Global

Après une période d’incertitude suivant le décès de son fondateur, Art Global reprend la route de l’édition sous la direction cette fois d’André Provencher. Nouveau propriétaire, il entend poursuivre le travail amorcé il y a 50 ans par son fidèle ami, le regretté Ara Kermoyan, et faire écho à la créativité d’un milieu artistique et culturel québécois foisonnant et ouvert sur le monde.

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