Le Musée de la Biodiversité mise sur une symbiose vivante avec la nature

BÉCANCOUR. Le Musée de la Biodiversité du Québec, à Bécancour, amorce un important chantier de transformation avec le projet Symbiose: Faire partie de la nature, une exposition extérieure vivante et permanente qui sera déployée progressivement au cours des prochaines années. Inspirée des principes des forêts nourricières et de la permaculture, l’initiative vise à créer un lieu gratuit d’éducation, de découverte et de participation citoyenne autour de la biodiversité.

PAR FATOUMATA DAPA/ fdapa@icimedias.ca

La première pelletée de terre, effectuée ce mercredi matin, marquait le lancement officiel d’un projet qui s’inscrit dans une vision à long terme pour le Musée. Développé en plusieurs étapes, Symbiose transformera graduellement le site en laboratoire vivant où cohabiteront arbres fruitiers, plantes indigènes et mellifères, ruches, habitats pour la faune et espaces d’apprentissage.

Le directeur général du Musée, Dominic Lamy, explique que cette nouvelle orientation découle d’une réflexion plus large sur l’évolution de l’institution et son rôle dans la communauté.

“On voulait réussir à faire le lien avec notre communauté, redonner aux gens et poursuivre notre mission d’éducation autrement”, indique-t-il.

Le projet se déploiera en trois grandes phases. Une première étape, déjà amorcée, concerne la revitalisation du verger historique du site, implanté il y a près de 70 ans par les Frères des écoles chrétiennes. L’objectif est de renouveler progressivement les plantations avec des essences mieux adaptées au territoire afin de réduire l’utilisation de produits synthétiques.

La deuxième phase correspond au développement du parcours Symbiose à l’avant du bâtiment. Les plantations y seront organisées sous forme d’îlots représentant différents écosystèmes et serviront de support à une exposition scientifique extérieure.

Enfin, une troisième phase prévoit l’extension du projet vers l’arrière du site ainsi que le développement et l’intégration des sentiers du musée.

Selon Dominic Lamy, le projet doit être vu dans un horizon de plusieurs années.

“On se donne trois ans pour la réalisation des infrastructures, mais l’évolution naturelle du site va se faire sur cinq ans et plus. Avant d’avoir un pré fleuri ou des récoltes intéressantes, ça prend du temps.”

Le parcours extérieur sera offert gratuitement et abordera plusieurs thèmes comme la pollinisation, les plantes indigènes, les relations entre les espèces, la permaculture et les effets de la nature sur la santé.

L’organisation prévoit aussi une programmation d’ateliers, d’activités éducatives et de journées de récolte destinées au public.

“L’objectif n’est pas de commercialiser les récoltes. On veut que les citoyens se réapproprient le terrain, puissent venir faire de l’autocueillette et profiter des activités”, précise M. Lamy.

La réalisation du projet repose sur plusieurs contributions financières et partenariats régionaux.

Le président de la Caisse Godefroy (Desjardins), Martin Rancourt, a confirmé une contribution globale de 300 000 $ du Fonds du Grand Mouvement Desjardins pour soutenir trois projets du musée.

“Symbiose incarne parfaitement notre vision en rapprochant les citoyens de la nature et en contribuant à bâtir un milieu de vie plus vert, éducatif et inclusif.”

Le projet bénéficie également d’un soutien du Fonds Aluminerie de Bécancour pour les collectivités durables ainsi que d’autres partenaires régionaux.

“À l’approche du 40e anniversaire d’ABI, nous sommes fiers de soutenir des initiatives qui renforcent notre communauté et créent une valeur durable pour les générations futures. À travers le Fonds pour les collectivités durables, ABI appuie des projets qui ont un impact dans notre milieu, qui inspirent et qui rassemblent. Symbiose reflète parfaitement cette vision: un lieu où la nature, l’apprentissage et la communauté se rencontrent pour créer quelque chose de durable et porteur de sens. La réalisation de ce projet incarne également l’élan de la démarche Valeur Collective Bécancour, qui, depuis 14 ans, déploie la contribution du Fonds en agissant comme levier des forces du milieu autour d’initiatives concrètes et positives pour la collectivité”, souligne Irina Gato, responsable de la performance sociale chez ABI et membre du Conseil d’administration du Fonds Aluminerie Bécancour pour les collectivités durables. 

Pour le maire de Bécancour, Pascal Blondin, cette initiative s’inscrit directement dans le développement du territoire.

“Il ne s’agit plus seulement de protéger la nature, mais bien d’en faire pleinement partie. Symbiose incarne une vision moderne du développement durable et du mieux-être collectif.”

Rappelons que, le financement de ce projet repose sur plusieurs autres contributions majeures, notamment, un soutien de 150 000 $ du programme Valeurs collectives Bécancour, obtenu dès 2023 pour la phase de conception. Une contribution de 71 000 $ du ministère de l’Économie, de l’Innovation et de l’Énergie, accordée dans une perspective de sensibilisation aux liens entre nature et santé. Des partenaires privés, dont l’entreprise Moëve, installée dans le parc industriel de Bécancour, qui contribue à hauteur de 10 000 $.