L’art de la courtepointe à l’honneur

NICOLET. La Guilde Les doigts de fée présentera sa cinquième biennale de courtepointes du 5 au 7 juin au Centre des arts populaires de Nicolet. Près de 200 œuvres textiles réalisées par les 22 membres de la Guilde y seront exposées, dans une volonté de faire découvrir un art textile en pleine évolution, entre tradition et modernité.

PAR FATOUMATA DAPA/ fdapa@icimedias.ca

L’exposition réunira de grandes courtepointes, des murales, des napperons, des coussins décoratifs, des sacs et plusieurs créations modernes confectionnées au cours des deux dernières années. Pour la présidente de la Guilde, Diane Desrosiers, l’événement représente avant tout une occasion de partager un savoir-faire artistique encore méconnu du public, bien au-delà des couvertures traditionnelles associées aux générations passées.

“Cette exposition est importante parce qu’on veut montrer ce qu’on fait, partager notre art, faire connaître également la courtepointe, parce que c’est un art textile, ce n’est pas nécessairement seulement des œuvres utilitaires”, explique-t-elle.

Tous les deux ans, les membres de la Guilde profitent de cette biennale pour exposer leurs réalisations et présenter différentes techniques de couture, de piquage et de broderie textile. Certaines œuvres nécessitent plusieurs centaines d’heures de travail.

“J’en ai une que j’expose entre autres qui m’a pris au moins 200 heures, c’est sûr”, souligne Mme Desrosiers. “La courtepointe, c’est aussi réfléchir à ce qu’on veut faire, trouver l’idée, choisir les tissus, les assembler et faire le piquage. Il y a énormément d’étapes donc ça prend du temps”, mentionne Mme Desrosiers. 

Les membres de la Guilde se réunissent un jeudi sur deux au Centre des arts populaires de Nicolet pour apprendre de nouvelles techniques et échanger entre passionnées. (Photo courtoisie)

Fondée il y a plus de 15 ans à Nicolet, la Guilde souhaite aussi démontrer que la courtepointe moderne dépasse largement l’image traditionnelle associée aux couvertures d’autrefois.

“Ce n’est plus les courtepointes que les dames faisaient au début du siècle avec des vieilles chemises pour réchauffer les lits. Aujourd’hui, c’est vraiment rendu artistique, c’est vraiment ailleurs”, affirme la présidente.

Les visiteurs pourront notamment découvrir des créations inspirées de thèmes variés comme Noël, les hippocampes ou encore les “Crazy Cats”, un projet collectif revisité différemment par chaque membre. Une œuvre représentant une tête de chevreuil ainsi que des créations réalisées en “thread painting”, une technique de peinture au fil effectuée à la machine à coudre, feront aussi partie de l’exposition.

La Guilde profitera également de l’événement pour faire tirer une grande courtepointe confectionnée collectivement par ses membres afin de contribuer au financement de ses activités.

L’exposition permettra aussi de mettre en lumière l’aspect communautaire du groupe, qui se réunit un jeudi sur deux au Centre des arts populaires de Nicolet pour apprendre de nouvelles techniques et échanger les connaissances entre passionnées. 

“On est fières de ce qu’on fait et on est fières de partager avec d’autres femmes ce qu’on réalise”, indique-t-elle.

Contrairement à l’idée voulant que cet art serait en déclin, Diane Desrosiers estime que la pratique connaît plutôt un regain d’intérêt au Québec.

“C’est vraiment un art qui se propage, qui se multiplie de plus en plus. Vous allez voir des courtepointes très modernes. C’est juste qu’on en entend moins parler”, affirme-t-elle, ajoutant que plusieurs femmes plus jeunes s’intéressent maintenant à cette pratique artistique.

Le vernissage se déroulera le 5 juin dès 19 h. L’exposition sera ensuite ouverte les 6 et 7 juin, de 11 h à 16 h, avec entrée gratuite. Plusieurs membres de la Guilde seront sur place pour accueillir les visiteurs et expliquer les techniques utilisées dans les œuvres présentées.

“Venez nous voir, on va vous surprendre. Laissez-vous surprendre par notre exposition”, conclut Diane Desrosiers.