Incursion dans la réserve du Musée des cultures du monde
NICOLET. Les lundis et mardis du mois de juillet, le Musée des cultures du monde ouvre les portes de ses réserves aux visiteurs pour leur faire visiter l’envers du décor.
En compagnie d’un guide-animateur, les visiteurs pourront découvrir l’espace des réserves et certains artefacts qui s’y retrouvent au cours d’une visite d’environ 30 minutes. C’est aussi l’occasion d’en apprendre davantage sur le rôle d’un conservateur, sur la conservation préventive, ainsi que l’histoire du Musée des cultures du monde.
” On a quatre salles dédiées à l’entreposage de nos collections, dont deux dans un bâtiment extérieur. Il y a eu un cas de travaux d’urgence majeurs dans l’autre bâtiment, de sorte qu’il fallait vider l’espace. Le déménagement d’objets d’une collection muséale n’est pas un déménagement normal. Il y a des conditions de conservation, de manipulation et de reprise de documentation également. Ç’a été un branle-bas de combat ! Il y avait plus de 4600 objets à rapatrier ici. La visite de la réserve, ça nous permet d’expliquer ce grand mouvement qu’on a fait “, explique Dominic Massicotte, responsable de l’éducation et de l’action culturelle.
La réserve du Musée des cultures du monde comporte près de 84 000 objets, dont certains datent de l’Antiquité et du Moyen-Âge. On y recense des artefacts des cinq grandes religions, de même que d’autres religions, provenant de 62 pays répartis sur tous les continents. Le plus vieux, un masque funéraire égyptien, date de 3000 ans !
La plus grande partie de la collection est composée d’objets catholiques. ” On a également la plus grande collection d’images pieuses. Souvent, des gens souhaitent nous en donner, mais on les a déjà “, souligne Marthe Taillon, gestionnaire des collections au Musée des cultures du monde.
Après la visite du pape Jean-Paul II, le Musée a reçu le mobilier de son wagon papal. ” On a des tables et des chaises de ce wagon également, mais on a une chaise à roulettes, qui est un fauteuil de travail, qui est la seule chaise sur laquelle on est certain qu’il s’est assis “, note Marthe Taillon.
Le Musée a également acquis la collection des Sœurs de l’Assomption de la Sainte-Vierge. La collection compte notamment une chaise roulante de l’infirmerie et un confessionnal portatif du 17e siècle.
” Le confessionnal portatif est une pièce très rare. On a parfois des donateurs et des collectionneurs qui viennent nous visiter et qui nous disent qu’ils le prendraient n’importe quand dans leur collection. On a également les vêtements civils de quatre religieuses. Ce sont quatre filles qui ont fondé les Sœurs de l’Assomption. Quand elles nous ont confié la garde des objets de leur musée, elles nous ont confié la garde de leur histoire et de leur patrimoine historique. On a donc les vêtements de jeunes filles de ces quatre filles avant qu’elles prennent l’habit “, raconte Marthe Taillon.
La visite emmène ensuite les visiteurs vers une salle de stockage temporaire. C’est qu’en prévision des travaux de réfection de la toiture, du revêtement extérieur, des portes et fenêtres, ainsi que la mise à jour des systèmes de chauffage, de climatisation et de ventilation qui seront réalisés au Musée des cultures du monde, une partie des objets de la réserve ont été entreposés dans une salle d’exposition. Ceux-ci sont prêts à être déplacés lorsque ce sera requis durant les travaux.
” Certaines pièces sont emballées et on a laissé les pièces les plus lourdes sur des roulettes pour qu’elles soient déplaçables facilement. On n’avait pas d’autre place, mais l’avantage que ce soit dans une salle d’exposition, c’est qu’il y a des éléments de conservation comme la température et l’humidité qui sont déjà contrôlés, bien que ça ne soit pas aussi optimal qu’une salle de réserve “, mentionne Mme Taillon.
La visite des réserves se ferait en petits groupes pour des raisons de sécurité. Soulignons que certaines salles sont plus difficilement accessibles aux personnes à mobilité réduite. L’achat d’une admission régulière est nécessaire pour faire la visite des réserves. On peut réserver en ligne au www.museedescultures.com/boutique/produit/visitedesreserves.
Notons qu’une autre visite de la réserve du Musée des cultures du monde sera organisée dans le cadre des Journées du patrimoine religieux, qui auront lieu du 11 au 13 septembre.
Coup d’œil sur quelques artefacts de la réserve

La statue de la Sainte Vierge datant du 15e siècle. (Photo Marie-Eve Alarie)
Statue de la Sainte Vierge datant du 15e siècle : ” Après 600 ans, on remarque encore des traces de peinture. C’est assez sensationnel ! Il s’agit d’un don d’un collectionneur privé “, indique Dominic Massicotte.
Tabernacle du Jeudi saint : ” Dans le culte, le Vendredi saint est la mort de Jésus. Le Jeudi saint, on va sanctifier les hosties avant le vendredi, avant que Jésus ne meure “, précise M. Massicotte.

Le tabernacle du Jeudi Saint et la statue de Garuda. (Photo Marie-Eve Alarie
Garuda sculpté dans le bois : Le garuda est un homme-oiseau fabuleux de la mythologie hindouiste. On remarquera qu’il manque les ailes et une partie de la queue de la statue. Celles-ci sont entreposées à part.
Au musée cet été
En plus de l’exposition permanente, deux autres expositions sont à l’affiche cet été au Musée des cultures du monde. Pour les amateurs d’art contemporain, ” JENISCH WIRD NOVUS MEHR TIBERT – On ne parle plus yéniche ” de l’artiste Frank Calard explore l’univers des peuples voyageurs d’Europe et des préjugés les visant. Le Musée accueille également ” L’arche de Noé ” selon Claude Lafortune, qui explore le mythe du déluge avec les sculptures de papier de l’artiste.

(Photo Marie-Eve Alarie)
Il s’agira d’ailleurs de la dernière exposition temporaire présentée avant la fermeture de l’institution à la fin de l’année 2026 pour la réalisation de travaux de rénovation.
