Des fresques inspirées de la culture W8banaki à l’école Maurault
PIERREVILLE. Plusieurs fresques inspirées de la culture W8banaki ont récemment été réalisées à l’école Maurault de Pierreville, à proximité d’Odanak. Fruit d’une collaboration artistique entre Jessica Somers et Maxime Charland, ces projets mettent en lumière les traditions, les valeurs et l’histoire W8banaki, tout en venant bonifier le milieu de vie des étudiants.
Pensées comme des outils de transmission et de dialogue, ces oeuvres visent à favoriser la fierté culturelle, à stimuler la compréhension interculturelle et à créer des ponts entre les générations. En intégrant l’art autochtone au coeur d’un établissement scolaire, la démarche contribue à rendre visibles des récits, des symboles et des savoirs autochtones.
Une démarche ancrée dans la réappropriation des espaces
La réalisation de ces fresques s’inscrit dans un mouvement plus large de réappropriation des espaces publics et institutionnels par les communautés autochtones, notamment dans les écoles, afin qu’ils reflètent davantage leurs identités, leurs histoires et leurs visions du monde. Faire des écoles des lieux porteurs de sens à l’image des Premières Nations constitue un geste concret de reconnaissance, de respect et de transmission.
Deux visions artistiques complémentaires
L’artiste abénakise Jessica Somers, originaire de la région du Grand Sudbury et membre de la famille O’Bomsawin d’Odanak, propose une démarche profondément enracinée dans la relation au territoire, aux ancêtres et à la communauté. À travers ses oeuvres In Unison et When Sky Meets Earth, elle explore des thèmes centraux des savoirs autochtones, à savoir l’unité, l’équilibre, l’interdépendance entre les êtres vivants et la responsabilité collective envers la terre.
De son côté, Maxime Charland a conçu une approche narrative et illustrative spécialement conçue pour un public scolaire. En s’appuyant sur une esthétique fantastique, des couleurs évocatrices, des animaux spirituels et des symboles importants de la culture abénakise, il a souhaité créer un véritable conte visuel qui stimule l’imaginaire des enfants. Sa démarche, nourrie notamment par ses visites au Musée des Abénakis d’Odanak, vise à transmettre des connaissances de manière sensible, accessible et éducative.
” Chaque génération a la responsabilité de transmettre ce qu’elle a reçu. Cette fresque contribue à faire vivre notre culture, notre langue et nos enseignements auprès des jeunes, qu’ils soient autochtones ou non. Nous espérons qu’elle inspirera la curiosité, le dialogue et le respect, tout en rappelant que notre histoire fait partie intégrante de l’histoire de cette région depuis des temps immémoriaux “, a déclaré Jacques T. Watso, conseiller au Conseil des Abénakis d’Odanak.
” Voir la culture W8banaki s’inscrire sur les murs de notre école, c’est offrir aux élèves un lieu d’apprentissage vivant et porteur de sens. Cette fresque nourrit la fierté, le respect et la compréhension, tout en rappelant l’importance de reconnaître et de valoriser les cultures autochtones dès le plus jeune âge “, a ajouté Emmanuel Robin, directeur de l’école Maurault.
En intégrant cette fresque à l’école Maurault, le projet contribue à faire de l’environnement scolaire un lieu d’apprentissage vivant, où l’art devient un vecteur de dialogue, de respect et de reconnaissance des cultures autochtones. Il rappelle l’importance de rendre ces histoires visibles dès le plus jeune âge et de soutenir des initiatives qui contribuent à une meilleure compréhension mutuelle.
