À la découverte de l’histoire de son nom 

Alors qu’il ne pensait jamais publier de livre, Alexis Wawanoloath, membre de la nation abénakise, vient de vivre deux lancements pour sa première œuvre littéraire « Identités et L’histoire de mon nom ». À travers les pages, l’auteur cherche à comprendre pourquoi il porte ce nom de famille. 

Par NAYELI CHAVEZ
nchavez@icimedias.ca

« Je suis plein de gratitude envers mon éditeur pour cette opportunité. Il est bon, reconnaît-il. J’ai été publié et j’ai eu deux événements ; c’est émouvant et touchant. » Une soixantaine de personnes étaient présentes à son lancement à Odanak, le 18 septembre.

« J’étais curieux de savoir pourquoi je porte ce nom, alors que d’un point de vue légal, j’étais censé m’appeler Larouche, soit le nom de mon père, ou Sioui, celui de ma mère. » M. Wawanoloath affirme ne pas avoir eu de réponse claire. « J’imagine que la réponse est que je suis passé entre les mailles du filet  », confie-t-il. 

Toutefois, il se dit satisfait des réponses qu’il a obtenues lors de son entrevue avec sa mère, Chrisitine Sioui-Wawanoloath. D’ailleurs, ses recherches ont été effectuées lors de sa dernière année de baccalauréat, en 2019.  

« Ce qui m’a le plus étonné, c’est la manière dont ça s’est passé pour obtenir mon certificat de naissance. » Il raconte qu’à l’époque, les inscriptions à l’état civil étaient surtout faites à la suite du baptême. « Mes parents sont plutôt allés chercher le certificat de naissance à la municipalité. Ma mère a fait valoir que la loi venait juste de changer et que les parents pouvaient choisir quel nom ils voulaient mettre. » Avec l’accord du greffier, elle donne alors le nom de sa mère, Wawanoloath, à son fils. 

Faire perdurer son nom 

« C’est un legs qu’elle m’a fait. En le mettant sur papier, je peux partager cette histoire-là, de résilience et de courage que ma mère a eu, raconte Alexis Wawanoloath. En même temps, je peux le transmettre à mes filles qui portent mon nom. »

Justement, l’auteur a aujourd’hui trois filles, âgées de 19 ans, 15 ans et 5 ans. Elles ont été les premières à recevoir un exemplaire du livre. Le père de famille espère qu’elles comprennent le geste que leur grand-mère a fait et son importance, sans oublier celui de leur propre mère, qui a accepté que le nom leur soit transmis. 

« Aujourd’hui, les gens sont plus sensibilisés et j’ose croire que mes filles n’ont pas vécu autant de racisme que moi, comme je n’en ai pas vécu autant que ma mère », mentionne-t-il. 

L’identité constitutionnelle

Dans la deuxième partie du livre Identités et L’histoire de mon nom, Alexis Wawanoloath partage son travail sur l’identité constitutionnelle. « Il est temps qu’il y ait une réforme. Ce serait intéressant que les principes philosophiques des Premières Nations fassent partie de la fabrique de textes d’une nouvelle Constitution, partage-t-il. Pas simplement pour les peuples autochtones, mais pour tout le monde. »

À moins d’une semaine des élections, M. Wawanoloath déplore un manque de discussions et de déclarations concernant la relation entre la nation québécoise et les Premières Nations. « On a beaucoup parlé d’économie, d’immigration et d’un référendum, mais la relation de nation à nation n’est pas un élément qui a été mis de l’avant. Ça montre quelque part le peu d’importance que ces relations peuvent avoir pour les personnes qui veulent diriger le Québec. »

L’aventure se poursuit

Les prochains mois de M. Wawanoloath s’annoncent occupés. En effet, il sera présent au Salon du livre de l’Estrie les 17 et 18 octobre, celui des Premières Nations, à Québec, le 22 novembre, puis à Montréal le 27 novembre. De plus, il attend une confirmation quant à sa participation à celui de Rimouski, les 6 et 7 novembre.

Pour lui, c’est l’occasion de rencontrer de nouvelles personnes. « C’est aussi avoir la possibilité que le message d’affirmation des peuples autochtones et l’histoire de mon nom soient entendus par plus d’individus. » L’auteur est enthousiaste à l’idée d’échanger avec ceux qui seront présents.