Du théâtre pour parler de la conciliation études-travail
ÉDUCATION. Désireux de sensibiliser les adolescents aux enjeux reliés à la conciliation études-travail, la Table régionale de l’éducation de la Mauricie (TREM), la Table régionale de l’éducation Centre-du-Québec (TRECQ) et le Carrefour d’aide aux non-syndiqués (CANOS) se sont unis pour produire une pièce de théâtre qui sera présentée dans toutes les écoles secondaires de la Mauricie et du Centre-du-Québec au cours des prochains mois.
Cent mille heures a été présentée en grande première le 1er avril devant quelque 300 étudiants à l’école secondaire des Chutes à Shawinigan. “Avec nos partenaires, on regardait ce que pouvait faire pour parler de la conciliation études-travail et en discutant avec le CANOS, on a appris qu’il était en démarche avec le Théâtre Parminou pour préparer une pièce de théâtre sur la loi 19, la nouvelle loi au Québec qui encadre le travail des jeunes”, explique Mélanie Chandonnet, directrice générale de la TREM.
Spécialisé dans les créations théâtrales destinées aux jeunes, la troupe du Théâtre Parminou s’est attelée à la tâche en créant la pièce Cent mille heures qui met en vedette Léonie et Étienne, 16 ans, qui travaillent tous deux à la Crémerie des Cèdres.
“En plus des nombreux défis du quotidien des ados, s’ajoute celui plus complexe de concilier les études avec le travail et la vie. Ils se retrouvent à jongler avec plusieurs questions épineuses : l’argent amassé au travail est-il plus profitable que les heures consacrées aux études? Comment est-ce possible de s’affirmer avec son employeur? Jusqu’où doit-on aller pour faire respecter ses droits en tant que travailleur?”, lit-on en parcourant le synopsis de la pièce.
“En faisant des focus groupes avec eux, on a réalisé que les jeunes ne sont pas au courant de leurs droits mais de leur responsabilité aussi. On veut être sûr que les jeunes sachent ce dont leur employeur a le droit de faire et de ne pas faire. De comment être capable de s’exprimer et de s’affirmer aussi auprès de leur employeur. C’est la responsabilité de l’employeur, par exemple, de faire attention aux périodes d’examen, au nombre d’heures de travail, de tout ce qui concerne la CNSST. Donc, la pièce traite globalement de différents aspects”, poursuit Mélanie Chandonnet.
La directrice générale de la TREM souligne que la pièce est aussi une occasion pour les jeunes de travailler sur leurs compétences personnelles. “On voit beaucoup des jeunes qui n’avisent pas leur employeur et qui décident de ne pas se présenter sur le lieu de travail. Ça aussi, on veut leur expliquer que c’est dans leur responsabilité d’aviser d’avance.”
Au cours de la représentation, les comédiens interpellent le public, composé d’étudiants des secondaires 3, 4 et 5, pour savoir combien travaillent en parallèle avec leurs études. Dans le cas de l’école secondaire des Chutes, c’est près de la moitié qui était dans cette situation. D’ici la fin du mois de décembre, toutes les écoles secondaires de la Mauricie seront visitées puis au retour des classes en janvier 2026, ce sera le tour de celles du Centre-du-Québec.
Il n’est pas exclu non plus que Cent mille heures prenne la route ailleurs au Québec souligne Mélanie Chandonnet. “Avec ma collègue du Centre-du-Québec, on va avoir des rencontres avec les autres tables régionales de l’éducation au mois de juin et on veut leur montrer la pièce afin qu’ils puissent savoir de quoi il s’agit. Quand nos représentations dans la région seront terminées, ils pourraient réembaucher le Théâtre Parminou pour aller dans leur région”, conclut-elle.
