«C’est la première fois que j’ai peur»

«C’est la première fois que j’ai peur»

Ginette Rheault a été évacué de sa maison par les pompiers.

Crédit photo : gracieuseté - Stéphane Cormier

TÉMOIGNAGE. La crue des eaux soudaine survenue le samedi 13 janvier en début d’après-midi a surpris bien des gens dans le secteur de la Belle-Vallée, à Sainte-Gertrude, qui ont dû quitter leur demeure de toute urgence.

C’est le cas de Ginette Rheault, qui admet avoir craint pour sa sécurité lorsque l’eau s’est mise à monter de façon aussi spectaculaire, elle qui en a pourtant vu d’autres. «J’ai demeuré pendant 20 ans sur le boulevard du Danube et ça fait 14 ans que je suis ici. J’en ai vécu des inondations, mais c’est la première fois que j’ai peur, raconte-t-elle. Je n’avais jamais vu autant d’eau.»

Même si tous les éléments étaient réunis pour occasionner un tel débordement, avec un haut niveau d’eau, une glace particulièrement épaisse, un redoux et une pluie, à un endroit où la rivière tourne, le coup d’eau a été soudain dans le secteur.

Or, Mme Rheault ne pouvait pas sortir de sa maison aussi facilement en raison de son état de santé. Comme elle doit composer avec une spondylite ankylosante, une maladie rhumatismale qui atteint surtout la colonne vertébrale, il fallait la manipuler avec soin pour ne pas lui faire mal au dos. De plus, comme elle fait des plaies aux pieds en raison de son état, elle ne pouvait pas les mettre à l’eau… encore moins dans l’eau glaciale du mois de janvier.

«Les secouristes sont venus me chercher en pick-up. Ils ont reculé le plus près possible de la galerie. Je n’ai pas eu le choix de mettre un pied dans la slush et ils m’ont embarquée. J’ai ensuite été dans l’ambulance. Comme je fais du diabète de type 1, ma pression était haute», témoigne-t-elle.

Elle a d’ailleurs souligné l’excellent travail du Service de sécurité incendie qui a procédé aux opérations de sauvetage dans le secteur. Elle a d’ailleurs remercié son amie Carolle Poudrier et les pompiers Jonathan Poudrier et Réjean Deshaies qui l’ont prise en charge. «Ce sont les seuls qui pouvaient me convaincre de sortir de ma maison, souligne-t-elle. Jonathan connaissait mon état et il savait qu’il fallait faire attention.»

L’eau a monté à la hauteur des branches.

Ginette Rheault estime que la situation aurait pu être bien pire, alors que certains de ses voisins ont vu littéralement des chutes d’eau dans leur sous-sol. Chez elle, les arbres le long de la rivière ont permis de retenir un peu d’eau qui a monté jusqu’à la hauteur des branches avant qu’un mur de glace arrive sur la berge.

Elle est finalement revenue le soir même après s’être réfugiée chez son voisin d’en face qui n’avait pas été évacué, avant d’entreprendre le ménage de la maison en sortant la slush et la glace à la pelle.

De l’aide pour les sinistrés

Les sinistrés de Bécancour et de Nicolet, tout comme ceux de 35 autres municipalités sont admissibles au Programme d’aide financière lors de sinistre pour les inondations qui se sont produites du 11 au 15 janvier dans différentes régions du Québec causées par un redoux, des pluies et des embâcles.

Ce programme constitue une aide de dernier recours, notamment pour réparer certains dommages aux résidences principales et aux infrastructures municipales essentielles qui ne peuvent être couverts par une assurance. Le programme peut également servir à indemniser les municipalités pour les dépenses additionnelles aux dépenses courantes occasionnées par le déploiement de mesures préventives temporaires, de mesures d’intervention ou de mesures de rétablissement.

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