Bécancour: employeurs cherchent employés

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Par Marie-Ève Veillette
Bécancour: employeurs cherchent employés
Jean-Guy Dubois, maire de Bécancour, Maucie Richard, président directeur général de la Société du parc industriel et portuaire de Bécancour, et Daniel Béliveau, directeur général de la MRC de Bécancour. (Photo : Marie-Eve Veillette)

BÉCANCOUR. La situation de l’emploi dans la Ville et la MRC de Bécancour préoccupe les représentants du milieu économique. Le maire de Bécancour, Jean-Guy Dubois, le directeur général de la MRC de Bécancour, Daniel Béliveau, et le président directeur général de la Société du parc industriel et portuaire de Bécancour, Maurice Richard, se sont exprimés publiquement sur le sujet jeudi, déplorant le taux de chômage oscillant actuellement entre 11 et 13% sur le territoire.

Pourtant, de nombreux employeurs du territoire sont à la recherche active de travailleurs par les temps qui courent. «C’est le grand paradoxe de la pandémie, juge Jean-Guy Dubois. Comment peut-on avoir ce taux de chômage au même moment où on reçoit des appels d’employeurs qui sont incapables de trouver des employés? C’est questionnable. Il y a fort probablement des gens, parmi [les chômeurs], qui sont aptes à occuper ces emplois-là.»

Les trois intervenants ont la perception que la prestation canadienne d’urgence (PCU) n’est pas étrangère à la situation. «Elle a toute sa raison d’être pour stimuler la vie économique des [gens] qui habitent sur le territoire, mais [on soupçonne] qu’elle pourrait avoir un effet sur la motivation de certains à se mettre en action pour retourner sur le marché du travail», note Daniel Béliveau.

«Si on était en novembre, la [situation] serait probablement différente. Là, on est en plein été. Ce n’est pas nécessairement une période où ça te tente de retourner au travail», soulève aussi Maurice Richard.

Les trois intervenants admettent d’emblée que l’arrimage entre chercheurs d’emplois et employeurs est généralement d’ordre administratif, et non politique. Mais comme il est ici question de santé économique, le maire de Bécancour juge que le milieu politique a aussi un rôle à jouer:  intervenir comme «éveilleur de conscience» et être des facilitateurs pour faire cet arrimage.

«Comment être facilitateurs? En ajoutant une mécanique pour simplifier les choses et être en ajout à la démarche gouvernementale», indique M. Richard.

La solution trouvée se résume à cette adresse courriel: cv@egaleplus.com. «Les gens vont pouvoir y envoyer leur curriculum vitae et on s’occupera de l’acheminer à tout employeur qui pourrait être intéressé par leur candidature. On sera en lien avec Services Québec, qui a déjà en main la liste des emplois disponibles sur le territoire», mentionne Daniel Béliveau.

Il rappelle qu’une panoplie d’emplois est disponible, et ce, dans divers domaines: manœuvres, restauration, chauffeurs de camion, soudeurs, emplois spécialisés, etc. «C’est très varié.»

Des employeurs s’expriment

Ce sont deux entreprises du Parc industriel et portuaire de Bécancour qui ont sonné l’alarme: PureSphera et Greentone. Les deux peinent à recruter, alors qu’elles ont le vent dans les voiles.

PureSphera doit embaucher rapidement une quinzaine de personnes si elle veut maintenir la cadence. «On reçoit déjà trop de matériel pour notre capacité, et ça va en augmentant, indique Vincent Marcotte, directeur des opérations de l’usine, qui récupère le fréon des congélateurs et réfrigérateurs du Québec. Les embauches n’arrivent pas à suivre.»

Chez Greentone, qui a commencé ses opérations le 7 février dernier, il y a aussi une dizaine, voire une quinzaine de postes à pourvoir. «On a actuellement 85 employés et il nous manque des gens tant au niveau de la production que de l’assurance qualité ou de l’informatique», mentionne Justine Boulanger, directrice des ressources humaines de cette entreprise qui produit du cannabis médical et récréatif.

Croit-elle que la mise en place de la PCU nuit au recrutement? «C’est un frein, surtout pour les postes au niveau de la production, qui sont peut-être moins rémunérés (environ 15$/heure). Les gens jugent qu’ils ont avantage à profiter du programme», estime Mme Boulanger.

«Un jour, les moyens d’aide vont se terminer, rappelle quant à lui le maire de Bécancour, Jean-Guy Dubois.  Les gens vont alors arriver dans un embouteillage [quand viendra le temps de postuler]. Les systèmes ne réussiront plus à faciliter l’embauche. Pensez-y donc tout de suite, n’attendez pas la fin [de la PCU pour agir].»

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