Algues bleues : des solutions méconnues

Par Serge Fortier
Algues bleues : des solutions méconnues

Le sujet des algues bleues n’est plus d’actualité et est tombé dans l’oubli. Il est pourtant latent et les meilleures solutions sont applicables à ce moment-ci, là où personne n’en parle. Elles demeurent donc méconnues.

Certes, certaines ont été maintes fois mentionnées, comme l’utilisation de savons sans phosphate, l’installation de fosses septiques et de champs d’épuration conformes et la végétalisation des berges. C’est vrai, mais même si ces actions étaient appliquées à 100% (ce qui est concrètement impensable), le phénomène d’eutrophisation accéléré de nos cours d’eau peu profond est en place et poursuivra son processus, puisqu’il s’agit d’un phénomène normal dans la nature, mais accéléré par nos habitudes de consommation et de gestion des déchets.

En effet, les cours d’eau contiennent déjà des éléments nutritifs en quantité anormalement élevée. Les nappes phréatiques continuent d’en apporter vers les cours d’eau. Les eaux de ruissellement des champs labourés, des routes et des autres surfaces non végétalisées en apportent jusque dans les cours d’eau. Les arbres et arbustes en bordure des cours d’eau laissent tomber, à l’automne, leurs feuillages dans ceux-ci. Le feuillage des plantes aquatiques meurt chaque année dans l’eau, redonnant des éléments nutritifs au cours d’eau. Enfin, des concentrations de matières organiques de tout genre laissent libérer des éléments nutritifs en trop grande quantité pour que les plantes terrestres avoisinantes puissent les capter. Le résultat est que le phénomène d’eutrophisation continue. Vous a-t-on déjà parlé du phénomène du convoyeur? L’impact d’un geste ne se fait pas sentir immédiatement dans la nature. Vous a-t-on déjà parlé du PCC (Processus de Consommation Circulaire)? Processus omniprésent sur la planète faisant que rien ne se perd et rien ne se crée, mais tout se transforme indéfiniment et de façon cyclique.

Ce processus oblige la nature à recycler tous les éléments nutritifs par la voie du monde végétal. Si les éléments sont dans le sol, ce seront des plantes terrestres qui le feront. Si ce ne sont pas les plantes terrestres, ce sera les plantes aquatiques, car le surplus d’éléments nutritifs n’a pas d’autre choix que de suivre le cycle de l’eau et de se retrouver, par ruissellement ou par infiltration dans les nappes souterraines, dans les cours d’eau. Le feuillage d’une plante aquatique, qui jaunit à l’automne et reste dans l’eau, pourrira dans l’eau et relibèrera les éléments nutritifs qu’elle avait soustrait de l’eau, afin de s’en nourrir de plus belle l’été suivant. C’est le PCC!

Une des meilleures solutions pour soustraire des éléments nutritifs d’un cours d’eau est donc d’enlever les vieux feuillages de ces plantes, afin qu’ils ne pourrissent pas dans l’eau.

Les lacs, rivières, étangs, ruisseaux et même fossés sont des zones où nous aurions avantage à faucher le feuillage des plantes qui s’y trouvent. Cette façon de faire est utilisée dans le concept d’îles flottantes!

L’île flottante est plantée de végétaux aquatiques qui poussent tout le long de l’été, en puisant des éléments nutritifs dans l’eau et, à l’automne, l’île est tirée au bord pour être fauchée et remise dans le lacs le printemps suivant. Ce concept permet d’épurer les eaux.

Si ça marche, pourquoi ça ne marcherait pas avec les plantes aquatiques qui sont déjà présentes dans nos plans d’eau?

Je pense sincèrement que cela devrait être connu du public.

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