Urgence de Fortierville: un cri du coeur à l’Assemblée nationale
FORTIERVILLE. On prend les grands moyens à Fortierville pour sauver l’urgence de la fermeture. Le matin du 19 février, Mario Lyonnais, préfet de la MRC de Bécancour, et Julie Pressé, mairesse de Fortierville, se sont présentés à l’Assemblée nationale afin d’y rencontrer le ministre de la Santé, Christian Dubé.
Cette visite à l’Assemblée nationale fait suite à une demande de rencontre laissée sans réponse auprès du ministre Dubé. “Il y a quelques semaines, on a déposé une demande officielle au ministre afin de le rencontrer, mais la seule que l’on a reçue, c’est un accusé réception”, déplore M. Lyonnais.
M. Lyonnais et Mme Pressé ont finalement pu adresser leurs demandes et leurs inquiétudes à l’Assemblée nationale par l’entremise de Vincent Marissal, député pour Québec Solidaire, à la suite d’une lettre que les deux élus municipaux ont fait parvenir à toutes les oppositions. Ils ont également reçu le soutien d’André Fortin, député du Parti libéral du Québec, et de Joël Arseneau, député du Parti québécois. “Les trois députés d’opposition en matière de santé sont proactifs avec nous”, confirme Mme Pressé.
“On a accepté l’invitation de M. Marissal à assister à l’Assemblée nationale. Toutes les invitations sont bonnes, parce qu’il y a beaucoup de stress dans la population”, indique M. Lyonnais. Si la situation actuelle continue, l’urgence est menacée de fermer en juin prochain, dû à un manque de médecins. Selon les deux élus, il s’agit d’un autre exemple du système de santé à deux vitesses; si l’urgence ferme, la population est condamnée à conduire plus d’une heure pour se rendre à l’urgence la plus proche.
Malgré les efforts du terrain pour trouver des solutions, les deux élus estiment que la situation est criante et qu’elle exige maintenant une intervention du ministre. Malheureusement, Christian Dubé était absent ce matin-là, mais M. Lyonnais et Mme Pressé sont contents que leur message soit enfin passé à l’Assemblée nationale.
“On espère de tout cœur qu’on nous contacte ainsi que notre CIUSSS pour nous annoncer que des solutions et des médecins ont été trouvés, lance le préfet. On n’est pas dans le domaine de la santé. Nous, on fait du pavage, des fossés, des égouts, des aqueducs, du déneigement. Pour la santé, on ne peut que passer le message d’inquiétude de notre population.”
“On espère se faire entendre et se faire considérer, renchérit Mme Pressé. On a parfois l’impression d’être des citoyens de seconde zone parce qu’on est en milieu rural, mais on a le droit aux mêmes services de santé que tout le monde. Fortierville répond à un besoin énorme; à l’urgence, on soigne plus de 14 000 personnes par année”, ajoute-t-elle.
“On demande au ministre de faire en sorte que ça bouge le plus vite possible”, conclut la mairesse de Fortierville.
Une situation qui perdure
Rappelons qu’en mai 2024, le CLSC de Fortierville a appris le départ imminent de deux de ses médecins, y forçant ainsi la réduction des heures d’ouverture. Ces départs ont entrainé des défis importants de disponibilité médicale et ont obligé une réorganisation de l’horaire afin d’assurer un équilibre pour les équipes en place. C’est d’ici le mois de mars que les horaires de juin seront produits, alors qu’il ne reste que deux médecins à l’urgence.
Ce n’est pas d’hier que Fortierville se bat pour ses soins de santé. En 2020, l’urgence de la municipalité a été contrainte de couper des heures d’ouverture. Un nouvel horaire, soit de 8 h à minuit, avait été mis en place, mettant fin à l’accessibilité 24/7 du service. En 2022, cinq médecins ont quitté et, en parallèle, un fonctionnaire a réalisé que l’établissement ne pouvait plus avoir accès à la banque de médecins dépanneurs pour combler les plages horaires laissées vacantes. En réduisant ses heures d’ouverture, l’urgence ne cadrait plus dans les critères d’admissibilité du ministère de la Santé et des Services sociaux.
