Une voix familière fermera son micro après 40 ans de radio

COMMUNICATIONS. Une voix familière qui a accompagné le réveil de milliers de Mauriciens depuis 36 ans résonnera pour une toute dernière fois le 19 décembre prochain.

Ce jour-là, le journaliste Serge Alarie prononcera son dernier bulletin sportif sur les ondes du 106,9 FM, mettant fin à une carrière de 41 ans à la radio, dont la presque totalité s’est déroulée en Mauricie. Une longévité que seul Louis Cloutier (TVA et Radio-Canada) peut se targuer de devancer dans la confrérie journalistique régionale.

“J’ai commencé à CHLN en septembre 1989, le mardi qui suivait la Classique de canots”, se rappelle Serge Alarie qui s’était fait les dents quelques années plus tôt dans des stations de radio à Baie-Comeau et Drummondville.

Diplômé du programme ATM à Jonquière, ce Lavallois d’origine aspirait au départ à la presse écrite, mais la découverte de la radio durant ses études le convainc immédiatement de troquer le crayon pour le micro. “J’aimais la spontanéité de la radio. Le contact direct qu’on a avec le monde même si on ne voit pas ceux et celles qui nous écoutent. Aujourd’hui, c’est le texto, mais dans ces années-là, le contact direct, c’était le téléphone et les gens nous appelaient”, souligne le vétéran journaliste.

Son arrivée en Mauricie à la fin des années 1980 coïncide avec l’âge d’or de la radio AM. “Dans le temps, nous étions quatre journalistes dans la salle de nouvelles le matin. Tu avais moi aux sports, Michel Lorrain au pupitre, Jacques Dupont sur les faits divers et Frédéric Tremblay qui suivait les conférences de presse.”

Fait exceptionnel, Serge Alarie a travaillé la totalité de sa carrière dans les émissions matinales nécessitant de se lever à 3h30 dans la nuit pour arriver en onde deux heures plus tard. “C’est sûr que ça demande des sacrifices et de la discipline. C’est arrivé souvent que j’aille coucher mes deux enfants et que je m’endorme avec eux”, sourit Serge Alarie qui se décrit cependant comme quelqu’un avec une facilité à être de bonne humeur dès la sonnerie du cadran. “Je fatigue ma conjointe les fins de semaine parce que je suis déjà prêt à parler au réveil alors que ça lui prend son premier café pour le faire.”

De la radio… et de la TV

Durant une dizaine d’années au début des années 2000, ce bourreau de travail a conjugué son travail à la radio avec celui de journaliste à TVA, CHEM TV 8 à l’époque. “C’était à temps partiel, mais j’ai aimé cette expérience. À la radio, tu es souvent en studio tandis que là, pour la télévision, j’étais sur le terrain. On allait couvrir l’entraînement des Cataractes, c’était le temps de Denis Francoeur, des Marc-André Bergeron et Pascal Dupuis. Ça a été une période très enrichissante d’un point de vue professionnel”, relate Serge Alarie.

Il conserve des souvenirs vifs de ses entrevues avec Guy Lafleur, une idole de jeunesse, et Jean Béliveau. “Ce qui m’a toujours impressionné avec Guy Lafleur, c’est qu’il te regardait droit dans les yeux quand tu l’interviewais. Il ne faisait pas de différence entre un journaliste de Montréal ou un de Trois-Rivières.”

Serge Alarie a aussi été le témoin de la persévérance démontrée par de grands sportifs régionaux comme Éric Bédard, David Frost ou Laurence Vincent Lapointe. “Même un gars comme Jacques Villeneuve. Il semble froid au premier abord, mais quand l’entrevue débute, il ne joue pas avec toi et il te répond franchement.”

Quand il prendra sa retraite dans quelques jours, le nom d’Alarie continuera toutefois à circuler dans l’univers journalistique mauricien puisque sa fille Marie-Ève a suivi les traces de son paternel en tant que cheffe des nouvelles pour les hebdos d’IciMédias Mauricie.

“Moi, mes parents viennent du monde de l’éducation et j’ai longtemps pensé qu’elle irait dans cette direction. Mais aujourd’hui je suis fier d’elle et content de ce qu’elle fait. Au début, on disait que c’était la fille de Serge Alarie et aujourd’hui, on dit de moi que je suis le père de Marie-Ève”, conclut le sympathique futur retraité qui fêtait récemment son 65e anniversaire.