Une grande chaîne humaine pour sauver l’urgence de Fortierville

FORTIERVILLE. C’est une grosse vague d’amour et de solidarité qui a déferlé sur l’urgence du CLSC de Fortierville, vendredi (30 mai), alors que plus de 500 personnes venues des quatre coins du Centre-du-Québec et de Lotbinière sont venues marcher pour défendre ce service vital, actuellement menacé de fermeture.

À l’initiative de la municipalité de Fortierville et de la MRC de Bécancour, cette mobilisation a rassemblé citoyens, élus, travailleurs de la santé et autres sympathisants dans une marche forte en émotions, qui s’est conclue dans une grande étreinte symbolique: une chaîne humaine autour de l’établissement, comme un gigantesque câlin à leur précieuse urgence.

Un message fort pour un service essentiel

“C’est incroyable. On voit vraiment le besoin. Des gens ont manqué l’école ou le travail pour venir. Ça vient de partout: des cinq MRC du Centre-du-Québec, de Lotbinière… C’est vraiment wow “, a exprimé Mario Lyonnais, préfet de la MRC de Bécancour, les yeux embués d’émotion.

Pour lui, cette démonstration de solidarité envoie un signal clair au gouvernement et à ceux qui doutent de la pertinence de maintenir cette urgence ouverte. “On veut garder nos jeunes, nos familles ici. Ce n’est pas logique de vouloir développer des usines et fermer l’urgence en même temps.”

De son côté, la mairesse de Fortierville, Julie Pressé, a livré un message empreint de gratitude et lancé un appel à la solidarité. Devant la foule, elle a souligné l’importance cruciale de l’urgence pour la communauté et a salué la présence massive des citoyens, preuve tangible, à ses yeux, que le service est non seulement nécessaire, mais aussi profondément enraciné dans le cœur de la population.

Elle a rappelé que cette mobilisation n’était pas seulement un geste de soutien envers les médecins, infirmières et membres du personnel, mais aussi un cri du cœur contre l’injustice d’un système de santé à deux vitesses. “Nous ne sommes pas des citoyens de seconde zone”, a-t-elle déclaré, dénonçant l’abandon des régions par le gouvernement. Elle a réitéré que l’urgence de Fortierville n’est pas un luxe, mais une nécessité vitale pour assurer la sécurité de tous, et a lancé un appel à l’unité: “Ensemble, marchons pour la survie de notre urgence, et protégeons l’avenir de notre région.”

Elle en a profité pour remercier chaleureusement l’ensemble des équipes du CLSC (médecins, infirmières, techniciens, ambulanciers et personnel administratif) pour leur engagement indéfectible, ainsi que les porte-parole de l’opposition en santé, qui appuient les démarches:  André Fortin, Vincent Marissal et Joël Arsenault.

Un soutien indéfectible pour le personnel

La mairesse Pressé a ouvert la marche aux côtés du préfet Lyonnais. Une fois le convoi rendu devant le CLSC, des bouquets de fleurs ont été remis aux responsables des trois services offerts par l’établissement (GMF, services à domicile et urgence), sous une horde d’applaudissements.

“Il fallait leur dire qu’on est derrière eux”, a souligné la mairesse, souhaitant mettre en lumière le travail exceptionnel accompli chaque jour.

Une mobilisation régionale sans précédent

Si une mobilisation avait déjà eu lieu en 2022, celle-ci a doublé d’ampleur. “Je pense que les gens ont compris que l’urgence de Fortierville, ce n’est pas juste pour Fortierville. C’est pour toute la région. Elle désengorge les hôpitaux de Québec, de Trois-Rivières, de Victoriaville, de Drummondville”, a souligné Julie Pressé, après la marche.

Mathieu Allard, maire de Daveluyville, a appuyé cette vision: “Tous les maires des petites municipalités devraient soutenir des événements comme ça. Si on veut garder nos services, il faut se tenir ensemble.”

Une lueur d’espoir

Seule médecin en poste à Fortierville, Dre Catherine Allan-Demers ne baisse pas les bras: “Cet été, je ne prendrai pas de vacances. On est toute une équipe à se retrousser les manches pour que ça reste un service disponible.”

C’est elle qui a pris l’initiative de recruter deux médecins récemment venus visiter les lieux. Bien qu’aucune entente n’ait encore été signée, l’espoir demeure de, peut-être, les accueillir dès l’automne.